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Le CEP a aidé les opérateurs à sortir des logiques prescriptives (Céreq)

Une étude-bilan du Céreq sur la mise en œuvre de la version 1 du conseil en évolution professionnelle (CEP), de 2014 à 2018, interroge l’impact de ce service sur les opérateurs nationaux.

En créant un service de conseil en évolution professionnelle destiné à promouvoir des « « sujets actifs » dans la construction de leur « employabilité » », la réforme de 2013/2014 a conduit les professionnels de l’accompagnement à en asseoir la mise en œuvre au travers d’une « posture de co-construction ». Parce que les opérateurs en charge du CEP (Pôle emploi, Cap emploi, Apec, Missions locales et Fongecif/Opacif) possédaient des cultures et pratiques professionnelles différentes, tous n’ont pas eu le « même chemin à parcourir ». Si le consensus est vite arrivé sur l’abandon des logiques prescriptives, l’étude du Céreq n’en fait pas moins apparaître deux conceptions du CEP.

Opportunité ou contrainte ?

Perçu comme « l’un des maillons d’un changement plus global des logiques de l’action publique » par les Fongecif/Opacif, l’Apec et Pôle emploi, le CEP aurait été vécu comme « un accélérateur de cette évolution, un vecteur d’enrichissement professionnel ou de montée en compétences ». Mais pour les Cap emploi et les Missions locales, le CEP serait plutôt apparu comme une « injonction supplémentaire » de nature administrative, sans réelle incidence sur la « philosophie d’action ou la posture ». Pour autant et quelques soient les structures, une majorité de conseillers évoque un « indéniable développement des échanges au sein des structures locales ».

L’étude du déploiement des trois niveaux d’intervention du CEP version 1 renseigne sur les difficultés rencontrées. Pour les chercheurs du Céreq, il apparaît que « l’accueil individualisé » (niveau 1) n’a pas été « à la hauteur des objectifs fixés par le cahier des charges », en étant souvent réduit à un « simple pré-diagnostic de la demande, sur le mode d’une gare de triage ». Le « conseil personnalisé » (niveau 2), aurait lui permis de généraliser des « pratiques d’écoute et d’accompagnement respectueuses du cheminement de la personne », en cohérence avec la posture de « tenir conseil » évoquée dans le cahier des charges. Enfin, « l’accompagnement personnalisé » (niveau 3) s’est avéré l’étape « la plus délicate ». D’abord, parce qu’elle amène les conseillers à « interroger le « réalisme du projet, ou du moins sa faisabilité » ». Ensuite, parce que « le projet suppose souvent une formation », que seuls Pôle emploi et les Opacif ont la capacité de financer.

Professionnalisation

Pouvant apparaître à certains égards et à des degrés divers comme un « nouveau métier », le déploiement du CEP a entraîné chez tous les opérateurs des actions de professionnalisation. Il s’est le plus souvent agi de « temps collectifs d’échanges », qui ont permis de disposer d’un « temps dédié pour chercher ensemble des solutions ». Le Céreq souligne le déploiement en 2017 d’une action de cinq semaines, allant du diagnostic à la création d’ateliers de professionnalisation, dans chaque agence de Pôle emploi. Le recours à des « personnes ressources » est également évoqué (référent formation à l’Apec, psychologue du travail à Pôle emploi).

Et demain ?

Alors que la loi du 5 septembre 2018 institue une version 2 du conseil en évolution professionnelle, désormais financé et pour partie ouvert à la concurrence, le Céreq rapporte les principales interrogations des opérateurs : quid des reconversions longues avec la disparition du Cif (congé individuel de formation) et la monétisation du CPF (compte personnel de formation) ? Les moyens seront-il à la hauteur des ambitions portées par la réforme en termes d’accessibilité, d’équité et de qualité ? Sans oublier la question des Fongecif, « déstabilisés [par] l’ouverture à la concurrence du champ des actifs occupés hors agents publics ».

Le conseil en évolution professionnelle, un nouveau métier ?, Alexandra d’Agostino, Liza Baghioni, Laure Gayraud, Agnès Legay, Aline Valette-Wursthen, Céreq Bref n°377, 4 p., mai 2019 : format PDF – 438 ko

Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2019

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