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Des formations à plein régime dans le transport

Par Centre Inffo

En plein essor, le secteur du transport peine à recruter, notamment des conducteurs, de poids lourds comme d’autocars. Pour attirer de nouvelles recrues partout en France, certains centres de formation se délocalisent loin des grandes villes, comme l’Aftral, à Courlaoux, à la frontière entre le Jura et la Saône-et-Loire.

Dans le hall d’un grand entrepôt, Thierry Frenot installe des poteaux pour délimiter les parcours que devront suivre ses stagiaires caristes cet après-midi. “Ils doivent savoir conduire les chariots élévateurs en ligne droite, en courbe, en marche avant ou arrière”, décrit le formateur. Aujourd’hui, il a en charge cinq conducteurs routiers qui renouvellent leur certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces).
Ouvert voici cinq ans, le site de l’Aftral [1] de Courlaoux (Jura) propose une large panoplie de formations, initiales et continues. C’est ainsi que ce matin, une cinquantaine de stagiaires sont éparpillés dans les différents espaces du centre. D’un côté notamment, les jeunes du CAP conducteur routier passent leur permis, sur la piste ; et d’un autre, dans une petite salle, une dizaine de personnes déjà en poste suivent la formation sauveteur et secouriste du travail (SST). Pendant que les uns s’appliquent à reculer entre une série de plots orange sous une pluie battante, les autres apprennent à mettre une personne en position latérale de sécurité, ou à faire un massage cardiaque. Autant de techniques indispensables à un conducteur routier.

Le transport de voyageurs : entre théorie et pratique

Dans la cour, des autocars estampillés “véhicule école” sont garés. Pas de sortie prévue pour eux aujourd’hui : les dix stagiaires qui se forment à la conduite de voyageurs passent la semaine à suivre des cours théoriques. “On étudie par exemple des cas de transport : on doit savoir préparer notre itinéraire, estimer le kilométrage, la consommation, gérer les imprévus, etc.”, décrit Annie. À 55 ans, elle a décidé de préparer un titre professionnel pour devenir conductrice de cars scolaires : “Les horaires en temps partiel me conviennent parfaitement, car j’ai un autre travail à côté. Mais ce n’est pas facile de se remettre dans le Code 36 ans après avoir passé son permis !”, sourit-elle.

“Nous sortons de deux semaines de pratique, poursuit Jonathan, où nous avons pu appréhender notamment la conduite de nuit.” Ce matin, ces apprentis conducteurs de bus scolaires ont rencontré leurs futurs employeurs. “Nous sommes venus leur redire que nous comptions sur eux”, explique Frank Maraval de l’entreprise CTP Prêt à partir, qui reconnaît avoir beaucoup de difficultés à recruter. “Nous faisons donc régulièrement appel à des centres de formation ou à des organismes comme Pôle emploi”, développe-t-il.
C’est la deuxième fois que sa compagnie travaille avec le centre de Courlaoux, dont l’emplacement apparaît, selon Frank Maraval, comme un atout : “Nos conducteurs doivent être proches des lignes que nous exploitons”, lignes majoritairement situées en zones rurales. “Ce qui bloque certaines personnes, c’est le temps partiel”, note Carole Mutez, de Mobilités Bourgogne-Franche-Comté. Il faut en effet faire ses preuves dans le transport scolaire avant d’envisager d’autres trajets, plus longs.

Des examens et un contrat à la clé

Pendant que Thierry Frenot prépare les parcours, ses stagiaires sont en “autoformation” sur les ordinateurs : ils lisent les règles de base à appliquer sur le terrain. Puis ils rejoignent leur formateur sur l’aire d’évolution. Après avoir présenté les différentes commandes du chariot élévateur, Thierry montre trois parcours à réaliser : charger et décharger une semi-remorque latéralement, soulever une poutre et deux palettes et passer par une porte, matérialisée par deux plots ; charger une caisse puis monter sur une rampe en marche arrière. “Quand vous franchissez la porte du hall, vous marquez un stop et klaxonnez”, prévient le formateur. Prudemment, les stagiaires reproduisent tour à tour les manœuvres demandées. Demain, ils passeront un test pour valider leur Caces, qui sera renouvelé pour cinq ans.

Quant aux étudiants en transport de voyageurs, une fois leur titre professionnel en poche, ils seront embauchés en CDD de douze mois, voire en CDI pour emmener des enfants à l’école. “Mais plus tard, j’aimerais pouvoir faire de longues excursions”, confie Amin, 21 ans, et benjamin du groupe. En attendant de pouvoir conduire leur bus pour les uns, leur camion ou chariot de manutention pour les autres, chacun se débrouille pour être à l’heure à la formation, pour suivre ses cours, et ce, malgré l’absence de... transports en commun près du site. “Ils se débrouillent toujours : ils font du covoiturage, et bénéficient d’aides à la mobilité”, explique Isabelle Loison, directrice du site. 

Les Journées du transport routier en Bourgogne-Franche-Comté
Les 23, 24 et 25 octobre derniers, Pôle emploi, en partenariat avec les entreprises et les organismes de formation du secteur, organisait les Journées du transport routier en Bourgogne-Franche-Comté.L’occasion pour les demandeurs d’emploi de la région de découvrir des métiers qui souffrent d’une mauvaise réputation. Ainsi, près de 300 personnes ont pu assister aux portes ouvertes d’une quarantaine d’entreprises et de quatre organismes de formation, répartis sur tout le territoire. Plus de la moitié souhaiteraient a priori intégrer le secteur du transport, et plus particulièrement celui de la conduite. Pour qu’ils puissent mener à bien leur projet, ces quelque 170 demandeurs d’emploi seront accompagnés dans leur formation par Pôle emploi.

par Camille Jourdan, Centre Inffo, 2019

[1Depuis 2015, les activités de formation initiale et continue de l’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle dans les transports) et de l’AFT-Iftim Formation continue sont regroupées au sein de l’Afral (Apprendre et se former en transport et logistique).

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