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Conseil en évolution professionnelle : dernier rapport avant réforme (Cnefop)

Produire un rapport annuel sur le conseil en évolution professionnelle (CEP), le Cnefop [1] y est tenu par la loi. Pour le dernier exercice du genre avant la mise en place du CEP version loi du 5 septembre 2018, l’instance de consultation a choisi de produire le bilan de 4 ans de mise en œuvre. Objectif ? Nourrir les perspectives pour la déclinaison opérationnelle des dispositions de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Créé par la loi du 5 mars 2014, le conseil en évolution professionnelle (CEP) a connu un déploiement progressif au sein de chacun des opérateurs nationaux désignés par le législateur : Pôle emploi, Apec, Cap emploi, Missions locales et Fongecif/Opacif. De l’avis des rapporteurs, tous ont déployé des efforts réels de professionnalisation, ainsi que d’adaptation de leurs outils métiers, systèmes d’information et de communication (voir notre article). L’attention s’est davantage portée sur les interventions de niveau 2 (conseil personnalisé) et 3 (accompagnement à la mise en œuvre), avec de fréquents questionnements du séquençage. Il apparaît également nécessaire de mieux harmoniser les approches de niveau 1 (accueil individualisé), en lien avec le service public régional de l’orientation (SPRO).

Professionnalisation

Si les efforts de professionnalisation ont bien eu lieu, le rapport souligne toutefois que les actions inter-opérateurs ou croisées, « souhaitables au regard de l’ambition d’universalité du CEP », n’ont pas été au rendez-vous. À la suite d’une initiative du Cnefop prise en 2016, une première étape de structuration d’un référentiel activités/compétences a été engagée, en vue du « ciblage ou de l’aménagement d’une certification accessible en formation continue ». Il est également précisé que les logiques de professionnalisation ne devraient pas être limitées aux conseillers mais aussi s’étendre au management. Enfin, le rapport appelle à valoriser la « dimension apprenante » du CEP au profit des bénéficiaires, qui acquièrent « des compétences à partir de l’expérience d’accompagnement ».

Articulations

Parce que la pertinence du Cep se révèle dans les interactions, le Cnefop insiste sur la nécessité de préciser les articulations entre le CEP et son environnement. Il faut mieux structurer les coopérations et les complémentarités avec l’ensemble des acteurs, y compris les entreprises. Ceci concerne également l’articulation avec le reste de l’offre de services d’accompagnement, que n’épuise pas le CEP, à commencer par le bilan de compétences. Le rapport insiste, « le CEP ensemblier sur un territoire au service de la sécurisation du parcours devient le défi majeur ». Ceci implique une « coordination des pilotages et des animations nationales, régionales, territoriales, sectorielles et intersectorielles ».

Universalité

L’analyse du recours au CEP témoigne d’un déséquilibre au profit des demandeurs d’emploi, qui représentent plus de 90 % des bénéficiaires à ce jour. Ceci contrevient au principe d’universalité du CEP, qui a jusqu’ici peu concerné les actifs occupés, salariés et non-salariés. Selon le rapport, l’animation nationale du CEP a globalement fonctionné et contribué à la continuité et à la qualité du déploiement du dispositif. En revanche, le rapport émet des réserves sur, d’une part, les liens entre national et régional et, d’autre part, l’engagement des régions – « parfois réel mais hétérogène » - en matière de coordination et de mise en œuvre du CEP dans le cadre du SPRO. Enfin, le Cnefop appelle à consolider le pilotage stratégique du CEP, en améliorant l’étayage et la coordination de la production de données et de travaux d’analyse. Aujourd’hui centrées sur l’activité des opérateurs, les études devraient davantage s’intéresser aux effets du CEP sur les bénéficiaires. Ceci, en veillant à « ne pas réduire la performance du CEP à des indicateurs quantitatifs d’insertion ou d’évolution professionnelle ».

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2018

À consulter :

[1Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

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