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L’orientation, une nouvelle compétence pour la Région (congrès des Régions de France)

1 650 inscrits. Des participants venus de l’ensemble des collectivités, au premier rang desquelles les Régions mais également des départements et des communes. Placées sous le signe de l’Europe, les rencontres ont aussi été l’occasion de revenir sur la nouvelle donne issue de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Parmi les sujets abordés en présence du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, l’orientation.

Le congrès des Régions de France (Marseille, 26 et 27 septembre 2018) a fait salle comble en doublant le nombre habituels de participants pour atteindre les quelques 1 650 inscrits. Des participants venus de l’ensemble des collectivités, au premier rang desquelles les Régions mais également des départements et des communes. Placées sous le signe de l’Europe, les rencontres ont aussi été l’occasion de revenir sur la nouvelle donne issue de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Parmi les sujets abordés en présence du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, l’orientation.

Feuille de route

Régions de France a profité de son congrès pour délivrer sa feuille de route relative à l’orientation. Le document le rappelle en introduction, l’article 18 de la loi du 5 septembre 2018 charge les Régions « d’organiser des actions d’information sur les métiers et les formations, d’élaborer et de diffuser la documentation correspondante, en direction des élèves et de leurs familles, ainsi que des étudiants et des apprentis, notamment dans les établissements scolaires et universitaires ». Pour Régions de France, il s’agit là d’une « nouvelle ambition politique » au service d’un enjeu jugé crucial : « délivrer une information pertinente pour connaître la réalité et la complexité du monde économique ».

Les clés du succès

Pour réussir, Régions de France appelle, premièrement, à « fédérer », dans le cadre d’une « nouvelle gouvernance permettant de regrouper tous les acteurs du SPRO (service public régional de l’orientation), les branches professionnelles, les Carif-Oref (Centres animation ressources d’information sur la formation- Observatoire régional emploi formation) et d’accueillir tout organisme ou entité susceptible de contribuer à l’accomplissement de la mission ». Deuxièmement, il s’agit d’ « accueillir » les personnels transférés (agents des Dronisep) et de s’ouvrir aux agents des CIO (centres d’information et d’orientation) qui souhaiteront travailler avec elles  ». Cet accueil pourrait être optimisé par la création d’un « nouveau cadre d’emploi de la fonction publique territoriale, de type "ingénieur de l’orientation" ». Le succès suppose également d’ « ouvrir », troisième facteur, et, enfin, d’ « innover ». À cet égard, Jean Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, estime que le renouvellement de l’orientation suppose de s’appuyer sur les systèmes d’information et l’intelligence artificielle. Il y a là selon lui une source de valeur ajoutée, à condition de « réussir le couple Homme/Machine ».

Processus

Si les Régions assumaient déjà une mission d’orientation dans le cadre du service public régional créé par la loi de 2014, elle était jusqu’ici « amputée de sa dimension essentielle de l’orientation scolaire ». Or et pour Georgette Bréard, vice présidente de la Région Bretagne en charge de la formation, de l’apprentissage et de l’orientation, « l’orientation est un processus ». Celui-ci repose pour partie sur la mise à disposition de ressources informatives. Dans le nouveau cadre fixé par la loi du 5 septembre 2018, cet objectif va pouvoir bénéficier de l’expertise des directeurs de CIO, à même selon elle de construire une « ingénierie pédagogique de l’information sur les métiers ». Si les directeurs de CIO représentent à ses yeux une « interface » intéressante entre les lycées et les régions, elle souligne que d’autres acteurs peuvent intervenir. Elle insiste : « il ne faut pas s’exonérer de l’innovation ». À l’instar de ses collègues des autres régions, la vice-présidente Bretagne se dit outillée, notamment avec la présence d’une direction déléguée à l’orientation, mais s’inquiète de l’absence d’un « cadre de référence national ». À cet égard, Jean-Louis Nembrini, vice-président en charge de l’Éducation et des lycées en région Nouvelle-Aquitaine, se méfie d’un « cadre qui serait trop strict » et enfermerait l’avenir dans des « pratiques anciennes ». Il faut selon lui expérimenter, partager et, seulement a posteriori, formaliser le cadre.

Moyens

Pour le président de la Région Centre-Val-de-Loire, et président délégué de Régions de France, François Bonneau, c’est la question des « finalités » qui se pose, au-delà de celle des moyens. Pour lui, l’orientation est un « processus profondément éducatif », qui se doit de s’incarner dans un « service public ». Accord de Jean-Michel Blanquer, qui invite à se doter d’une « vision globale et systémique des enjeux, dans le temps et dans l’espace » : l’orientation est un « processus continu », qui doit commencer dès le collège et se construit avec une pluralité d’intervenants.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2018

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