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L’Institut français du cheval vous fait entrer dans la carrière

Par Centre Inffo

Basé à Saumur, en Anjou, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) est l’héritier d’une tradition équestre française qui remonte à l’Ancien Régime. Cette filière placée sous la double tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sport et du ministère de l’Agriculture forme les cadres supérieurs du monde équin.


L’Institut français du cheval et de l’équitation est le fruit de la fusion des Haras nationaux et de l’école nationale d’équitation, plus connue sous le nom de Cadre noir de Saumur. ©IFCE

Les deux pattes arrière prennent un dernier appui décisif soulevant une petite nuée sableuse qui retombe pendant que l’animal, porté par son élan, abroge le temps d’un instant, les lois de la gravité. La puissance du cheval coulisse le long de sa musculature et tête rentrée, l’imposante masse plonge au-dessus de la barre. La crinière noire, parfaitement lustrée, attrape quelques gerbes de soleil tamisées par le feuillage des arbres retenus en bordure de la carrière [1]. Les jambes arquées, le dos plat, le regard caché par la visière de la bombe, le destin de la cavalière est suspendu à celui de sa monture. Sous les sabots, la palanque [2] habillée d’un fourreau blanc et rouge se met à vaciller, avant de retrouver l’équilibre. L’instructeur qui a suivi la scène avec attention, hoche la tête.
Ils sont une demi-douzaine ce matin-là, à s’entraîner au saut d’obstacle dans l’une des 18 carrières de dimension olympique qu’abrite le site. Venus de la France entière, ces professionnels sont en quête d’un perfectionnement technique.


Les sessions n’accueillent qu’un nombre limité de participants.
Quinze au maximum, pour garantir un enseignement personnalisé. ©IFCE

Une tradition ancienne

Fondé en 2010, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) est le fruit de la fusion des Haras nationaux et de l’école nationale d’équitation, plus connue sous le nom de Cadre noir de Saumur. “L’État a voulu qu’il n’y ait plus qu’un seul opérateur pour la filière”, explique Aurore Emo, responsable marketing et communication du pôle formation professionnelle et sportive.
Derrière cette simplification, une volonté des pouvoirs publics de se désengager. La formation s’impose d’autant plus comme “un des piliers de notre institution, poursuit la jeune femme. C’est une source de revenus, mais cette mission a toujours fait partie de notre ADN”.

Retour en arrière. Colbert crée le statut d’étalon royal en 1665. En 1825, une école de cavalerie est installée à Saumur. Son objectif est également militaire : il vise à renforcer la tactique des troupes à cheval. De décennie en décennie, le Cadre noir s’est imposé comme “l’école dépositaire de la tradition équestre française”.
Le tintement des sabots de la jument qu’Olivier Puls ramène au box éveille la curiosité de ses congénères. Plusieurs bêtes passent une tête au-dehors des boxes pour voir arriver leur camarade. Voici quelques années, l’entraîneur serait venu du monde militaire. “L’armée a passé la main en 1972. Nous sommes depuis une structure civile, même si certains écuyers viennent encore de l’armée. Nous avons maintenu cette tradition de la formation. Seulement, les instructeurs ne sont plus des officiers qui préparent à la guerre. Ils forment les futurs moniteurs des centres équestres.”


L’Institut est une structure civile, même si certains écuyers viennent toujours de l’armée. ©IFCE

Un public venu du monde entier

Les étrangers sont un public très sensible à cette image de la France, terre équestre. “Nous recevons des cavaliers du monde entier. Il y a quelques semaines, nous avons accueilli un Russe et des Coréens. Dans ces cas-là, nous proposons un programme sur mesure”, détaille Aurore Emo, alors que non loin d’elle, le martèlement des maréchaux-ferrants en plein travail sur des enclumes, glisse parmi le hennissement des chevaux.

Avec quatre grandes écuries, sept manèges [3], 360 chevaux, le site de Saumur rappelle qu’il est le lieu de l’élite équine dans l’Hexagone. C’est ici que l’équipe de France d’équitation s’entraîne.

Profitant d’une pause, Cécilia raconte son histoire. À 24 ans, la Bordelaise a décidé d’arrêter ses études pour entreprendre un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS). “J’étais en master 1 de psychologie, raconte-t-elle. J’ai été désenchantée après avoir effectué un stage à l’hôpital. Ce n’était plus possible pour moi. Je me suis réorientée dans le monde équestre car j’ai toujours voulu travailler avec les chevaux.” Aurore Emo confirme : “C’est un monde qui fait rêver.”

Se former auprès de la fine fleur équestre se mérite. Outre un dossier de candidature, l’aspirant doit passer plusieurs épreuves de dressage, saut d’obstacles et un test pédagogique. L’IFCE propose au total 19 formations diplômantes ou certifiantes, dont une licence professionnelle en management des établissements équestres. Les sessions n’accueillent qu’un nombre limité de participants. “Quinze au maximum. Notre volonté est d’offrir un enseignement personnalisé.”
Sur son antenne du Haras du Pin, dans l’Orne, les propositions concernent “l’attelage, la sellerie et l’élevage. Ce sont davantage des gens en reconversion”. Chaque année, sur l’ensemble de ses sites en France, 200 personnes sont formées, soit lors de courts stages de perfectionnement, soit pour un projet professionnel plus long. “Notre but est de répondre aux besoins spécifiques de la filière, tient à souligner Aurore Emo. Pas d’être en concurrence avec les centres équestres.” 

par Guilherme Ringuenet, Centre Inffo, 2018

Un monde en profonde mutation

Créé en 2010, l’Institut français du cheval et de l’équitation connaît actuellement une réorganisation de ses différentes structures et une forte réduction de la masse salariale, environ 180 emplois sur 960. “Notre mission de formation demeure essentielle, car notre mission reste la professionnalisation de la filière”, affirme Aurore Emo, responsable communication.
Les formations proposées par l’IFCE étant relativement coûteuses, elles peuvent être prises en charge par des organismes paritaires. “Nous travaillons étroitement avec les Missions locales, les Régions ou encore Vivea (fonds d’assurance formation des actifs non salariés agricoles) et le Fafsea (Opca des salariés des exploitations et entreprises agricoles).”

[1Lieu clos en plein air où se pratique l’équitation.

[2Obstacle. .

[3Lieu clos couvert.

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