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Muriel Pénicaud confirme l’augmentation des demandes d’orientation en apprentissage

« Cette année, les demandes d’orientation vers l’apprentissage en sortie de 3ème ont grimpé de 45 % », a affirmé Muriel Pénicaud, ministre du Travail, venue rencontrer des jeunes lors d’une table ronde "20 ans… et vogue la galère ?" de l’Université d’été du Medef.

Cette « nouvelle énergie » autour de l’apprentissage est un bon signe pour le ministère : la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » récemment adoptée au Parlement (lire notre article) « ouvre les vannes pour l’apprentissage d’un point de vue règlementaire et financier », a indiqué Muriel Pénicaud. Elle a rappelé que la loi prévoyait 54 heures consacrées à l’orientation dans le secondaire chaque année, invitant les Régions et les entreprises à y participer pour informer les jeunes de ce qui reste « la voie royale » pour l’insertion.

Le droit à la passion

Le parcours de Corentin Poirier-Martinet, meilleur apprenti pâtissier de France 2016, le confirme. Entré à quinze ans en apprentissage, il a dû affronter les moqueries de ses congénères, mais répète que « l’apprentissage est la voie royale quand on sait ce qu’on veut faire. Les métiers d’artisanat, stimulants, sont choisis par envie, pas par dépit ».

Pour que « les jeunes s’accordent le droit à leur passion », la loi prévoit également plus de modularité et de sur-mesure, a précisé la ministre : durée des contrats de six mois à trois ans, en fonction des parcours précédents et des besoins, « prépa apprentissage » notamment pour les personnes en situation de handicap (lire notre article), développement d’Erasmus pour les apprentis. « Nous allons mettre le paquet, a insisté la ministre. Dans quelques années, l’apprentissage sera plus souple, des passerelles seront créées entre diplômes ».

Des espoirs pour tous

Alors que le Medef questionnait l’héritage de Paul Nizan et la sinistrose des statistiques [1] – 54 % des jeunes Français estiment que 20 ans n’est pas le plus bel âge selon l’enquête Génération What –, les jeunes invités du panel rassurent.

Même si Farah Youssef, réfugiée syrienne arrivée en France en 2016, qui a dû lutter pour s’intégrer, a rappelé qu’avoir vingt ans n’est pas la panacée pour tous. Diplômée en sciences politiques à l’université d’Alep, elle s’est sentie « déclassée », en dépit de ses diplômes, sans compréhension de la langue ni de la culture française.

Grâce à l’accompagnement du programme Wintegreat, qui permet aux réfugiés de rebondir et de s’adapter à la culture du pays d’accueil, la jeune femme prépare désormais un mémoire à l’EHESS [2] et souhaite mettre son énergie à destination des autres réfugiés.

Muriel Pénicaud a rappelé aux employeurs l’existence du programme Hope (Hébergement, orientation parcours vers l’emploi, lire notre article) qui permet à 1 000 réfugiés de se former sur des métiers en tension, en lien avec l’Afpa : « Vous cherchez 300 000 personnes pour des emplois non pourvus. Les réfugiés ont de l’expérience, je compte sur vous », a-t-elle précisé.

par Christelle Destombes, Centre Inffo, 2018

[1J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie , Paul Nizan, Aden Arabie.

[2École des hautes études en sciences sociales

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