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Reconversion des sportifs de haut niveau : quelle offre d’accompagnement et de formation ?

Par Centre Inffo

L’Opca de la branche du sport, les syndicats professionnels de joueurs et quelques entreprises proposent des solutions d’orientation, de formation et des financements pour faciliter la reconversion des sportifs, professionnels ou non.


Soisick Retailleau, responsable branche sport chez Uniformation, rencontre la Fédération française des clubs omnisports. © FFCO

La carrière de sportif de haut niveau est courte et oblige à prévoir sa reconversion. Accompagner cette transition est une des missions d’Uniformation, l’Opca de la branche du sport. Sur quelque 5 000 joueurs et athlètes salariés par les huit ligues professionnelles que compte la branche, 1 000 environ sont dans une réflexion sur leur après-carrière. Le conseiller en évolution professionnelle de l’Opca est à leur disposition pour les aider à trouver une orientation adaptée, à définir un projet professionnel et à valoriser leurs compétences transverses. “Nous accompagnons au cas par cas les projets de reconversion, explique Yann Van Acker, directeur du département Ressources de l’Opca. Nous avons mis en place un Cif [1] spécifique, avec une enveloppe majorée par la branche. Le compte personnel de formation et la période de professionnalisation sont également utilisés. Avec de l’ingénierie de parcours, nous adaptons les dispositifs à chaque situation.”

De son côté, le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) s’investit auprès des pouvoirs publics et des instances de concertation de la formation et des certifications. Il a ainsi pu contribuer à la création, au renouvellement ou au suivi de 38 CQP. Par le biais de l’Institut de formation du mouvement sportif (IFoMoS), il propose une offre de formations (2 750 heures-stagiaires) et de services “en adéquation avec les besoins transversaux des acteurs du secteur ou répondant à une demande spécifique”.

Tous ne sont pas salariés
La grande majorité des sportifs de haut niveau, notamment dans les sports individuels – gymnastique, natation, etc. – ne sont pas salariés d’un club et n’ont donc pas d’accès aux formations cofinancées par Uniformation. Dans les sports peu médiatisés et sans retombées économiques significatives, les fédérations ne disposent pas de financements suffisants pour les accompagner.
“Pour pallier ce manque et pouvoir financer la reconversion de ces athlètes non salariés, nous avons monté un dispositif dédié, en faisant appel au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels”, explique Soisick Retailleau, conseillère sport d’Uniformation. Ce dispositif créé en janvier, en lien avec 59 fédérations sportives, permet une aide au montage du dossier et au financement de tout ou partie d’une action de formation, qualifiante ou non. “Par ailleurs, avec les syndicats de joueurs, nous avons construit une offre de formations collectives pour sécuriser les parcours des sportifs en situation d’inter-contrats, ajoute la conseillère : sur le réseau professionnel, la communication, la gestion de son image, le management et la reconversion professionnelle.”

Réemployer son goût pour la performance
En Occitanie, l’Opca a mis en place une POEC (préparation opérationnelle à l’emploi collective) pour les athlètes de haut niveau souhaitant devenir coach. “Ils ont validé le BPJEPS [2] option Activité gymnique de la forme et de la force (AG2F). Nous les avons mis en relation avec des salles de fitness qui cherchaient ces profils, et 82 % d’entre eux ont trouvé un emploi à l’issue des 400 heures de formation.”
Si la reconversion “naturelle” et la plus fréquente consiste à devenir entraîneur ou éducateur sportif en passant le BPJEPS ou le DEJEPS [3], beaucoup s’orientent aussi vers le paramédical, les médias, la restauration, le marketing, voire l’immobilier. “On les retrouve dans des métiers à forte dimension relationnelle, de performance, et de compétition”, constate Yann Van Acker.

Ne pas attendre sa retraite sportive
Provale, le syndicat professionnel des rugbymen, très investi dans la formation-reconversion des joueurs, a conçu avec l’école de commerce de Toulouse, une formation en management de 250 heures (marketing, droit, gestion, RH, etc.) : “L’innovation est la certification à bac + 3 et le fonctionnement en classes virtuelles, compatibles avec le rythme et l’éloignement des joueurs en activité”, explique Laure Vitou, qui a conçu le cursus.
Les étudiants se connectent deux fois par semaine à heure fixe, peuvent interagir avec les formateurs et ont quatre heures de travail personnel. Quatre regroupements sont prévus dans l’année. Le prérequis est un niveau bac + 2 avec trois ans d’expérience sportive, ou un bac et cinq ans d’expérience. “Dix-neuf étudiants sont déjà diplômés et la deuxième session comprend aussi une promotion en anglais, pour les joueurs étrangers dans des clubs français”, précise la responsable. Provale propose aussi des bilans de compétences et vient de renouveler sa convention de partenariat avec Pôle emploi, pour favoriser l’accès à l’emploi des anciens joueurs.

Partenariats avec des grandes entreprises
Les profils d’anciens sportifs sont très prisés par les entreprises et certaines leur offrent des opportunités intéressantes. L’assureur Allianz, par exemple, avec son programme Athlètes et carrières, les recrute pendant et après leur carrière sportive. Il leur propose un parcours d’intégration sur un an, des formations pour les profils commerciaux, ainsi qu’un suivi spécifique. La RATP, elle, rémunère en temps plein des mi-temps, avec une souplesse d’organisation des horaires, un coaching et un accompagnement RH en début de reconversion. La Caisse d’Épargne, partenaire des fédérations françaises de basket et de handball, a conçu depuis septembre 2017 un dispositif d’accompagnement à la reconversion : “Il comprend un coaching par un expert RH pour définir un projet professionnel, trouver la bonne formation ou se préparer aux tests de recrutement” , explique Guillaume Cade, responsable du programme Caisse d’Épargne au sein de la direction sponsoring. Leur engagement, l’esprit d’équipe, l’aptitude au management ou à la gestion de projet sont des qualités précieuses pour les entreprises — dont les anciens sportifs n’ont pas toujours conscience. 

par Mariette Kammerer, Centre Inffo, 2018

[1Congé individuel de formation.

[2Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport, de niveau IV (équivalent baccalauréat).

[3Diplôme d’État jeunesse, éducation populaire et sport, de niveau III (équivalent bac + 2).

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