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« Il faut sortir des logiques formelles, voire strictement informatives » (André Chauvet)

Consultant, spécialiste des questions d’orientation et d’accompagnement des trajectoires professionnelles, et fondateur du collectif de professionnels de l’orientation Kelvoa, André Chauvet est intervenu lors de la 4ème Journée régionale des acteurs du service public régional de l’orientation (SPRO) des Pays de la Loire. Nous l’avons rencontré.

Le Quotidien de la formation - La dernière Journée régionale des acteurs du SPRO des Pays de la Loire avait pour thème « Rencontrer l’entreprise ». Quels enjeux cela recouvre-t-il ?

André Chauvet - Il existe aujourd’hui une tension entre besoins en compétences et besoins du territoire. Or l’enjeu est de sortir d’une logique adéquationniste qui voudrait rapprocher mécaniquement ces besoins, et qui ne fonctionne pas, tout comme il faut sortir d’une logique d’opposition. La question est plutôt de faire bouger les représentations des acteurs, usagers comme entreprises. Il y a un processus de rencontre et d’intermédiation à construire pour développer la curiosité des personnes et les ouvrir à des perspectives moins connues. Cela implique aussi l’entreprise dans son souhait et sa capacité à intégrer des personnes qui pourraient paraître éloignées des emplois proposés.

QDF - Quel est le rôle des acteurs de l’orientation dans ce processus d’intermédiation ?

A. C. - Sur les zones où ils interviennent, les professionnels de l’orientation sont des interlocuteurs précieux. Le public ne connaît pas le monde économique de son territoire. Or on s’oriente vers ce que l’on connaît. Il faut qu’il ait accès à des informations sur les entreprises, l’emploi et le territoire pour pouvoir faire des choix éclairés : c’est une question d’équité sociale. Ce travail d’information ne doit pas se faire uniquement en face à face. Il faut sortir des logiques formelles, voire strictement informatives. Les acteurs de l’orientation doivent animer une action de territoire, qui permette à tous les acteurs de travailler et de réfléchir ensemble et où l’usager soit aussi partie prenante.

QDF - Concrètement, comment les acteurs du SPRO sont-ils susceptibles d’animer leur territoire ?

A. C. - Ils peuvent se fonder sur des dispositifs déjà existants, mais aussi adopter une logique plus ouverte. Par exemple, plutôt que de faire une grande journée d’information sur les secteurs professionnels où l’usager ne repartira qu’avec des brochures, organiser un forum d’orientation participatif où il pourra tester des métiers en situation. Il est possible aussi de s’appuyer sur des réseaux de professionnels citoyens qui sont des ambassadeurs du monde professionnel. On peut citer encore le parrainage. Attention, ce sont des choses qui existent déjà et les initiatives de ce type sont très nombreuses. En revanche, en faire un projet de travail dans le champ de l’orientation à l’occasion de cette journée des acteurs du SPRO des Pays de la Loire était quelque chose de plutôt inédit.

propos recueillis par Raphaëlle Pienne, Centre Inffo, 2018

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