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La PPI, un tremplin vers la qualification

Par Centre Inffo

La PPI, prestation préparatoire à l’insertion, propose aux jeunes éloignés de l’emploi de se remobiliser. Elle s’organise autour d’actions concrètes telles que des stages en entreprise, des mises en situation, ou encore la réalisation d’un projet collectif. Focus sur la PPI de Loudéac, en Centre Bretagne.

Ils apparaissent plutôt détendus. Chacun tient son dossier de validation méticuleusement relié et plastifié dans les mains. Lequel présente le parcours du jeune : sa situation à l’entrée en PPI (prestation préparatoire à l’insertion), son objectif, les stages effectués, une fiche métier, des enquêtes... Sandra, Alan, Monique, Nadjima et Bacoansoirdine apparaissent prêts à passer devant le jury, composé d’un conseiller de Mission locale et d’une formatrice. Ils vont devoir valider leur projet professionnel.

Des projets qui vont du tertiaire au social en passant par la mécanique

Décidé, Alan, 17 ans, s’exprime avec fermeté et précision. Il s’interroge. Se décide-t-il à réaliser un apprentissage en carrosserie-mécanique automobile, contrat déjà décroché dans un garage local ? Ou à prendre l’option contrat de professionnalisation ? “Plus exigeant”, selon Kristell Caouren, la formatrice référente et salariée de l’association Adalea. “Il risque de s’ennuyer en alternance pendant deux ans.” Kristell Caouren, bonne connaisseuse de la PPI, gère actuellement deux groupes qui cohabitent dans le centre de formation. L’un termine ses six mois de PPI et l’autre commence son parcours.


Encadrés par Kristell Caouren, Monique, Nadjima, Sandra, Bacoansoirdine et Alan ont validé leur projet professionnel. Sur un groupe de dix, un jeune ne s’est pas présenté le jour de la validation et les quatre autres ont abandonné.

Après un stage dans une école en tant qu’auxiliaire de vie scolaire auprès d’un enfant hyperactif et un autre stage en Ehpad [1], Monique souhaite se remettre à niveau et entrer en formation qualifiante pour passer le DEAES, le diplôme d’état d’accompagnant éducatif et social. Pour Nadjima, mère de deux enfants, la priorité, c’est de travailler, de faire des ménages pour acheter une voiture. Son projet à long terme ? Devenir aide à domicile.
“Carrossier, c’est un rêve d’enfance”, annonce, souriant, Bacoansoirdine, qui a, lui aussi, obtenu un contrat d’apprentissage dans un garage destiné à la réparation des poids lourds. Satisfait d’avoir touché à tout au cours de ses stages, Bacoansoirdine énumère les tâches accomplies : “J’ai entièrement poncé une voiture, posé des mastics, débosselé des voitures, tiré les clous et j’ai pu constater les inconvénients du métier aussi : le bruit, le froid, la poussière.”
Quant à Sandra, elle se tourne vers le tertiaire après avoir réalisé quatre stages dans la vente de prêt-à-porter et cherche une entreprise pour effectuer un apprentissage.

La nouveauté : les mises en situation professionnelle

“Nous n’avons pas vu le temps passer”, résume Sandra. La sortie d’intégration au Laser Game, le témoignage cru et sincère de Camel Guelloul, ancien toxicomane, les visites d’entreprises, la journée Olympiades des métiers à Saint-Brieuc sont autant de temps forts qui les ont tous séduits.

Le dispositif a récemment été remodelé. Depuis 2016, la Région impose aux centres de formation d’initier les jeunes à la découverte de métiers par le biais de mises en situation professionnelle. Au programme : atelier cuisine, soudure, expérimentation de machines comme une auto-laveuse. “Une ancienne stagiaire a trouvé sa voie grâce à ces mises en situation professionnelle, elle a intégré une formation dans la soudure après s’être initiée au métier sur un plateau technique de la Maison familiale rurale de Loudéac (MFR)”, raconte Kristell Caouren. “Ils testent et se découvrent des habiletés”, c’est le point fort de la restructuration du dispositif.

Les inconvénients

“C’est difficile de chercher des stages”, explique Sandra. En effet, les entreprises prennent en priorité les élèves scolarisés, ce qui ne laisse pas beaucoup de choix aux jeunes des PPI sur un territoire semi-rural de Centre Bretagne. De ce fait, les projets se ressemblent d’un groupe à l’autre.
Et puis, le public rajeunit et les contraintes de mobilité augmentent. “Lorsque le transport scolaire s’interrompt pendant les vacances, les jeunes de la PPI qui vivent au cœur des campagnes, ne peuvent plus se déplacer, l’absentéisme s’accroît et cela provoque de nombreux abandons”, explique Mélanie Hémon, formatrice et membre du jury de validation.

Le projet collectif

“Qu’est-ce que la santé ?” Voici la thématique sur laquelle travaille le groupe, qui achèvera sa PPI en juillet prochain. “Nous souhaiterions créer un jeu sur la santé autour de différentes thématiques : l’addiction, l’accès au droit, la vie quotidienne”, décrit Kristell Caouren. Afin de concrétiser le projet, le groupe va devoir dans un premier temps chercher des informations et aller interroger des professionnels. Le moyen de développer savoir, savoir-être et savoir-faire. En 2012, des stagiaires de l’association Adalea avaient déjà créé un jeu socio-éducatif sur l’égalité, intitulé Equité toi. 

par Véronique Le Saux, Centre Inffo, 2018

1 600 jeunes dont 31 % de projets validés en Bretagne

En Bretagne, 37 lieux de formation proposent la prestation préparatoire à l’insertion, qui intervient dans le cadre du Drip (dispositif régional d’insertion professionnelle). Les conseillers des Missions locales, de Pôle emploi, les éducateurs, l’aide sociale à l’enfance constituent le réseau avec lequel travaillent les formateurs qui encadrent ces stagiaires.
1 600 jeunes ont bénéficié d’une PPI en 2016-2017 en Bretagne. 31 % ont validé un projet professionnel et 23 % sont entrés en formation qualifiante. Le public de la PPI est un public peu ou pas qualifié (niveau V, voire VI), majoritairement masculin
et de plus en plus jeune : 32 % de mineurs.

[1Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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