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Reconnaissance des compétences des travailleurs handicapés : des initiatives à connaître

Par Centre Inffo

Le secteur du travail protégé et adapté mobilise des dispositifs spécifiques de valorisation et de reconnaissance des compétences.

Malgré l’ouverture en 2009 de la validation des acquis de l’expérience (VAE) aux travailleurs d’établissements et services d’aide par le travail (Ésat), le dispositif reste encore peu mobilisé par ce public. “Il ne représente que 5 % des départs en formation”, indique Eugénie Andrieu, chef de projet sur l’offre de services aux Ésat d’Unifaf (Opca de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale). Des initiatives
d’accompagnement renforcé à la VAE, ou de reconnaissance des savoir-faire et compétences professionnels sont néanmoins menées un peu partout sur le territoire.

Cap VAE et Access’VAE
Donner les moyens aux travailleurs d’Ésat et d’entreprises adaptées d’effectuer une véritable VAE, en adaptant la démarche dans une logique de compensation du handicap : c’est le pari des dispositifs régionaux Access’VAE, piloté par le Creai [1] en Bourgogne-Franche-Comté, et Cap VAE, mis en œuvre par le centre de la Gabrielle, en Ile-de-France.

"L’idée est vraiment de favoriser la réussite"

Les deux structures, qui accompagnent respectivement une quinzaine et une centaine de candidats par an vers des diplômes et des titres professionnels de niveau V, coordonnent les différents acteurs (formateurs, financeurs, valideurs, etc.) intervenant dans la VAE. “C’est vraiment un dispositif clé en main, explique Özlem Saylam, chef de projet de Cap VAE. Des directeurs d’établissement nous disent que sans cela, ils ne se seraient pas engagés dans une démarche trop compliquée.”
L’accompagnement renforcé des deux dispositifs comprend des modalités similaires, et commence par une observation préalable du candidat sur son poste de travail, afin d’évaluer l’adéquation de ses compétences avec le référentiel du diplôme envisagé. “Cette phase diagnostic n’existe pas dans le droit commun”, souligne Murielle Bossu, conseillère technique en charge d’Access’VAE. Elle permettra de valider la pertinence de la démarche “et de compléter d’éventuelles compétences manquantes par des stages ou un aménagement des tâches en atelier”, explique-t-elle.

Le candidat est ensuite accompagné par son moniteur d’atelier, formé au préalable, et par des prestataires externes tout au long de la démarche (aide à la rédaction du dossier VAE, organisation de jurys blancs, etc.). “Le soutien apporté variera, nous nous adaptons vraiment aux besoins de la personne”, expose Özlem Saylam.
Une organisation qui s’avère pertinente, puisque Cap VAE et Access’VAE affichent d’excellents résultats, avec des taux de réussite dépassant les 80 %.

La reconnaissance des acquis de l’expérience (RAE)
La RAE, portée par l’association Différent et compétent réseau, est un dispositif pionnier de reconnaissance des compétences destiné aux travailleurs en situation de handicap et aux jeunes en Institut médico-éducatif (IME). Tout comme la VAE, elle s’appuie sur les référentiels de compétences de diplômes existants qui sont rendus accessibles pour une meilleure appréhension par le travailleur et son moniteur d’atelier. “L’originalité est qu’il n’y a pas d’échec possible, car on ne reconnaît que ce que la personne réussit”, explique Magdeleine Grison, directrice de Différent et compétent réseau.

La démarche débute par un co-positionnement effectué par le travailleur lui-même et son moniteur d’atelier (formé à la démarche), pour ne retenir que les compétences estimées bien maîtrisées. Elles seront validées soit par une mise en situation, dans l’atelier, soit par un entretien de valorisation avec des valideurs de l’Éducation nationale ou de l’Agriculture.

"Les établissements découvrent des potentiels et deviennent de véritables organisations apprenantes"

Au cours d’une cérémonie annuelle, “une attestation est remise, à la fois la même pour tous et unique car elle comporte la liste exacte des compétences reconnues”, décrit Magdeleine Grison, qui complète : “L’obtention de la RAE amène les personnes à continuer à apprendre. Les établissements découvrent des potentiels et deviennent de véritables organisations apprenantes.” Aujourd’hui le dispositif s’étend aussi aux structures de l’insertion par l’activité économique (IAE).

La reconnaissance des savoir-faire professionnels
La RSFP, développée depuis les années 2000 dans certaines régions par l’Afpa, est un autre outil à disposition du secteur adapté et protégé pour valoriser les savoir-faire de ses travailleurs. Le dispositif repose cette fois-ci sur des référentiels métiers qui lui sont propres (environ 25 aujourd’hui). Il permet à la personne, accompagnée par son référent, de se positionner sur une ou plusieurs compétences bien maîtrisées. “L’idée est vraiment de favoriser la réussite”, explique Isabelle Letourneau, ingénieure de formation à l’Afpa. Les compétences sont validées par un jury comprenant des professionnels, “avec une évaluation de la démonstration concrète de la tâche, sur la base d’un référentiel d’épreuves pratiques”, et donnent lieu à la remise d’une attestation et d’un portefeuille de compétences au cours d’une cérémonie.

par Raphaëlle Pienne, Centre Inffo, 2018

13 500 reconnaissances des acquis de l’expérience remises depuis 2002 par Différent et compétent réseau.

[1Centre régional d’études, d’actions et d’informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité.

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