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Québec, une méthode pour piloter son orientation

Par Centre Inffo

Au Québec, l’approche pédagogique ADVP (Activation du développement vocationnel et personnel) a permis la création du cours “Éducation aux choix de carrière”. Ce modèle comprend quatre étapes chronologiques : l’exploration, la cristallisation, la spécification et la réalisation.

“ L’homme est un projet qui décide de lui-même.” Cette citation de Jean-Paul Sartre résume bien la démarche éducative expérientielle que constitue l’ADVP (Activation du développement vocationnel et personnel). Née au Québec de la volonté de rompre avec le caractère normatif de l’éducation, cette méthode s’appuie sur l’expérience de l’individu qui devient acteur de son orientation : l’apprentissage s’exerce par la personne elle-même. “Avant cela, nous étions dans l’autoritarisme des connaissances, des programmes, des examens, des concours. Nous classions les jeunes selon certains résultats, tout fonctionnait par rapport à une autorité. Il y avait le vrai et le faux”, explique Denis Pelletier, co-créateur de cette méthodologie née dans les années 70.

L’ADVP en quatre étapes

Exploration, cristallisation, spécification et réalisation : ce sont les différentes étapes inhérentes au principe de l’ADVP. “L’exploration correspond à une pensée divergente, métaphorique, analogique, voire créative, alors que la cristallisation correspond à une pensée catégorielle”, énonce Denis Pelletier. Il évoque la typologie de Holland, qui correspond à six types de personnalités. Puis à la “spécification” où il faut devenir plus critique, “changer de mode de penser en pondérant, hiérarchisant, discriminant” afin de parvenir à effectuer un choix. Enfin, l’étape de “réalisation” anime “l’intelligence qui va chercher des conséquences, qui va chercher la planification”, qui va chercher ce qui permet d’installer un projet.

L’âge d’or de l’ADVP

L’ADVP a connu son époque glorieuse. De 1982 à 2005, le ministère de l’Éducation québécois a déployé dans tous les établissements scolaires un programme d’orientation intitulé “Éducation aux choix de carrière” (ECC), fondé sur les quatre phases de la démarche.

Cet enseignement permettait aux élèves d’apprendre à effectuer leurs choix d’orientation. Puis le cours d’éducation aux choix de carrière a disparu des programmes pour être remplacé par “ce que l’on appelait les petites matières, indique Denis Pelletier : l’économie familiale, la formation personnelle et sociale, la sexualité, la sensibilisation aux drogues”. Progressivement, l’ADVP a donc perdu de son ampleur au Québec, même si elle est aujourd’hui encore enseignée à l’Université Laval [1] dans les cours d’Alain Dubois, professeur agrégé au département des fondements et pratiques en éducation.

L’ADVP s’exporte

Très rapidement, l’Éducation nationale en France a traduit le programme québécois d’éducation choix de carrière au sein de ses établissements scolaires. Mais la pratique de l’ADVP en France ne s’est pas arrêtée aux frontières de l’école, elle s’est introduite au cœur de l’orientation professionnelle, au sein même de l’ANPE dans les années 1990. Et c’est une rencontre entre Denis Pelletier et Marie-Claude Mouillet, alors chargée de communication au service communication de l’ANPE, qui a pu le favoriser. “Au moment où l’ANPE se posait la question de l’accompagnement à la reconversion, suite à une vague de licenciements, Denis Pelletier est venu former des conseillers aux méthodes de l’ADVP”, se souvient Marie-Claude Mouillet, coauteur des ouvrages Chemin faisant. Lesquels compilent une multitude d’exercices pratiques à utiliser en groupe ou individuellement, face à n’importe quel type de public. “Tout ce que l’on trouve dans Chemin faisant ce sont des expériences”, souligne Marie-Claude Mouillet. Elle a été l’une des instigatrices de l’ADVP en France notamment à travers l’organisme Le Patio Formation. 

Au Québec

La formation professionnelle mène à un diplôme d’études professionnelles (DEP).

Il est possible de se spécialiser en réalisant une attestation de spécialisation de formation professionnelle (ASP). 

La totalité de la formation est consacrée à l’apprentissage du métier. Les compétences nécessaires sont définies par les acteurs du marché du travail.

par Véronique Le Saux, Centre Inffo, 2018

+ d’infos

  • www.septembre.com : le site internet de Septembre éditeur, la maison d’édition créée par Denis Pelletier.
  • www.monemploi.com : site qui propose une variété de ressources et de conseils sur la formation et la carrière.

[1Du nom du fondateur du premier site d’enseignement à Québec, François de Montmorency-Laval, en 1623.

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