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Questions à... Christophe Coulon, vice-président de la Région des Hauts-de-France en charge de l’apprentissage et de l’artisanat

"La Région des Hauts-de-France poursuit son plan Apprentissage, lancé en avril 2016. Il porte sur la modernisation des outils pédagogiques, lève des freins financiers et de statut. Christophe Coulon, vice-président en charge de l’apprentissage et de l’artisanat, y voit une source d’inspiration pour la réforme actuelle."

Comment concevez-vous le rôle de la Région dans le cadre de la réforme sur l’apprentissage ? 

La Région joue un rôle d’aménageur : nous veillons à maintenir une bonne carte des implantations territoriales des centres de formation. La proximité géographique est très importante pour des familles qui ont déjà comme frein la mauvaise image de l’apprentissage. Nous sommes aussi des régulateurs, les garants d’une bonne répartition des moyens, pour que chaque métier puisse disposer de financement. Certains centres de formation ont besoin d’être accompagnés pour leur investissement, la rénovation des locaux, la modernisation des outils pédagogiques, l’ouverture de nouvelles sections.

Pour vous, quels sont les tenants et les aboutissants de la réforme ?

Ce qui compte, c’est de savoir comment améliorer la réforme. Le Medef a émis des critiques sur la destination de l’argent de l’apprentissage. Dire “On est collectés, mais on n’en voit pas la couleur”, c’est un élément de discours et de campagne électorale. Mais cela n’a pas une réalité dans toutes les Régions de France. En Hauts-de-France, le budget annuel pour l’apprentissage s’élève à 200 millions d’euros. Le financement de la Région, sur ses fonds propres, s’élève à 27 millions d’euros.
Le Gouvernement a procédé à une forme de rééquilibrage qui consiste à faire en sorte que les branches, les organisations professionnelles et la Région conventionnent sur un certain nombre d’objectifs clairs. Le cadre sera beaucoup plus normé, avec des objectifs communs à atteindre sur le nombre d’apprentis, et d’équipements des centres de formation. On devrait donc avoir une collaboration nationalement affirmée.

Comment se traduit ce dialogue avec les branches aujourd’hui dans la région ?  

Ici, il existe depuis longtemps. Lorsqu’un CFA me demande l’ouverture d’une section, pour donner mon accord de financement, je mets systématiquement en face de cette demande le nombre d’entreprises qui se sont manifestées pour accueillir des jeunes. Je ne vais pas ouvrir des sections qui finiront en impasse pour ces jeunes, car nous n’avons pas de maître d’apprentissage en face. Donc, ce nouveau cadre d’objectifs ne changera pas grand-chose pour nous.

Qu’en est-il du droit de veto ?

Le mode opératoire n’est pas encore défini. Je n’imagine pas que nous soyons sur un mode où les branches font les propositions et où nous prenons la facture pour dire oui ou non. Cela n’a pas de sens. Nous ne pouvons pas être une banque ou un syndicat d’hébergement des apprentis. Ce n’est pas dans une logique de guichet que le dialogue doit avoir lieu. Ce sera forcément plus complexe.

Qu’est-ce qui démarque les Hauts-de-France ?

En avril 2016, nous avons lancé notre plan Apprentissage en Hauts-de-France. On retrouve certains points dans la proposition de réforme aujourd’hui. Ce plan porte à la fois sur la modernisation des outils pédagogiques, avec l’enjeu du numérique, mais aussi sur la levée de tous les freins au développement de l’apprentissage. Par exemple, le frein financier : la prime d’apprentissage a été triplée. Elle est passée à 3 000 euros l’année de l’embauche.
L’autre point, c’est la sécurisation du parcours de l’apprenti et du maître d’apprentissage. L’apprenti peut basculer vers le statut de bénéficiaire de la formation professionnelle : s’il souhaite partir, il peut reprendre un parcours sans attendre septembre. Nous sécurisons aussi l’entreprise : si elle perd son apprenti, elle est accompagnée par la Région pour détecter un remplaçant. Nous aidons également l’apprenti dans son équipement : en première année, il reçoit 200 euros pour acheter sa tenue, ses fournitures, son outillage, ses ressources pédagogiques. Nous apportons une aide forfaitaire à l’hébergement de 4 euros par jour, à la restauration (2 euros par repas), et au transport (100-200 euros).

Votre objectif ?  

Je souhaite que notre région compte 50 000 apprentis. À la rentrée 2017, nous sommes à 36 000 apprentis, en hausse de 5 % par rapport à la rentrée 2016. Je tiens aussi à ce que la construction des référentiels métiers reviennent davantage entre les mains des entreprises. Elles ont connaissance de l’évolution des standards et des modes de production, elles ont leur mot à dire.

propos recueillis par Madeleine Vatel, Centre Inffo, 2018

Les projets soutenus par la Région Hauts-de-France

> Eurartisanat
Le siège de la Chambre de métiers et de l’artisanat et plusieurs CFA seront rassemblés dans un même campus à Lille-Sud, à la rentrée 2018. La Région investit 3 millions d’euros pour le matériel.

> Centre de formation des apprentis de Saint-Saulve
Ce nouveau centre s’implantera dans un site à haute performance énergétique. C’est un bâtiment-école des techniques et des enjeux de la “troisième révolution industrielle” (thématique portée par l’essayiste américain Jérémy Rifkin).

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