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Quelles stratégies face aux évolutions des métiers ?

Par Centre Inffo

Professeur au Cnam [1] et, depuis le 14 juin, nouveau président d’Aquitaine Cap Métiers [2], Vincent Merle regrette que « l’orientation s’effectue, aux yeux de beaucoup, obligatoirement avant l’âge de 25 ans ». Principal accusé, le « culte du diplôme initial ».

Quelle stratégie pour l’orientation face aux évolutions des métiers et à l’acquisition nécessaire de nouvelles compétences ? La réponse à cette question, a rappelé Vincent Merle lors des premières rencontres des acteurs de l’orientation [3], exige "une vision croisée entre les grands enjeux de l’éducation et ceux de l’emploi".

"La révolution technologique que nous observons - via, entre autres, le développement d’internet - chahute complètement l’usage des techniques d’orientation", a indiqué ce spécialiste de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) avant, toutefois, de rappeler que "ce n’est pas tant l’outil technologique qui est essentiel dans une démarche d’orientation que l’usage que l’on en fait".

Car, aux yeux de Vincent Merle, l’orientation en fonction des besoins économiques du moment ne constitue pas une solution viable à long terme. "Nous savons que, dans les temps à venir, nous ferons face à des besoins grandissants en matière de conducteurs de bus, de camions ou d’engins. Le public se rue-t-il pour autant vers les formations idoines ? Clairement non, puisqu’aujourd’hui, des pays comme la Suède ont recours à des chauffeurs venus de Roumanie pour occuper les postes que l’offre locale ne parvient pas à combler".

L’envie et l’engagement, éléments déterminants de l’orientation

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Vincent Merle (DR)

L’envie et l’engagement dans un parcours professionnel, tels sont, pour l’enseignant du Cnam, les éléments déterminants d’une orientation. "Comment susciter l’envie si le public ne parvient pas à avoir confiance dans ses propres capacités d’évolution et de progrès ?" Une problématique qu’il pense inhérente au système français, qui base toute la vie professionnelle sur le parcours scolaire initial. "Toujours ce culte du diplôme initial !" a-t-il déploré. "Aux yeux de beaucoup, l’orientation s’effectue obligatoirement avant l’âge de 25 ans. C’est malheureusement ce que beaucoup d’enseignants, encore aujourd’hui, professent, et certains ne prennent pas en considération l’hypothèse d’un accident de la vie ou d’un changement de parcours amenant un individu à quitter sa formation initiale pour se lancer dans une autre carrière".

Pourtant, selon Vincent Merle, cette situation, qui était peut-être pertinente il y a une quarantaine d’années, ne l’est plus du fait des changements structurels du marché de l’emploi. "La validation des acquis de l’expérience joue désormais un rôle central au cœur d’un parcours de formation. Elle permet de disposer d’un espace de progression professionnel". (...) "Sortir du schéma mental dans lequel un individu est prisonnier à vie dans une boîte hermétique est indispensable à l’orientation d’aujourd’hui et de demain. Il faut apprendre à construire des parcours complexes !" a-t-il conclu.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2011

[1Titulaire de la chaire Travail, emploi et acquisitions professionnelles au Cnam, Conservatoire national des arts et métiers.

[2Aquitaine Cap Métiers est le Carif-Oref de la Région Aquitaine.

[3Organisées à Paris par l’Onisep et Centre Inffo les 14 et 15 juin 2011.

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