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Prothésiste dentaire : de belles perspectives malgré la concurrence internationale

Par Centre Inffo

Accessible en termes de diplôme, le métier de prothésiste dentaire promet aussi de belles progressions de carrière aux plus motivés. Bonne nouvelle, les besoins de recrutement existent, soutenus par le vieillissement de la population et le marché de l’esthétique. Explications.

Entre l’avis du ministère de la Santé, qui évoque des “possibilités de carrière très limitées”, et celui de l’Onisep, qui penche pour une “situation favorable” et des “débouchés intéressants”, Laura Dutel, directrice stratégie et développement d’Ipso, groupe de formation de prothésistes dentaires et d’assistants dentaires, tranche sans hésitation : “Nous sommes clairement dans une situation de pénurie de main-d’œuvre !”

Un marché concurrentiel et dynamique

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Laura Dutel (DR)

Une pénurie, même dans le contexte de concurrence asiatique, des pays de l’Est et du Maghreb ? “Le problème de l’import-export est abordé à l’envers, argumente Laura Dutel. C’est parce que nous manquons de main-d’œuvre que certains recourent à la sous-traitance étrangère. D’autant que beaucoup craignent de sous-traiter en local par peur de devoir ensuite partager leur clientèle.” Et de citer en complément les chiffres du syndicat professionnel [1], selon lesquels “les prévisions 2015 annoncent le départ à la retraite de 50 % des salariés et 50 % des chefs d’entreprise”.

De quoi justifier l’ouverture fin septembre d’une troisième école à Aix-en-Provence, après Bordeaux et Paris. Affichant un taux de réussite de 97 %, la responsable d’Ipso Paris assure que “90 % des étudiants que nous formons trouvent un emploi dans les mois qui suivent l’obtention de leur diplôme, une bonne partie étant même recrutée sur leur lieu de stage avant la fin de leur cursus”. La preuve selon elle que “le marché connaît une forte demande, impulsée par la quête d’esthétisme et le vieillissement de la population en demande de soins”.

Organisation des études

Jusqu’en 2010 accessible par le CAP de prothésiste dentaire, la profession est directement concernée par la réforme du bac professionnel. Trois diplômes sont désormais proposés depuis la rentrée de septembre : le BEP d’auxiliaire prothésiste dentaire, “un peu plus facile que l’ancien CAP, mais qui correspond à un vrai besoin des laboratoires et qui est surtout choisi par des adultes sans diplôme en reconversion professionnelle”  ; ensuite, le bac pro Technicien qualifié en prothèse dentaire, qui peut se réaliser en deux ou trois ans, selon le niveau d’entrée, et qui est également accessible par la voie de la VAE ; enfin, le BTS, qui permet de diriger un laboratoire, d’enseigner, de créer ou reprendre une entreprise. Directement accessible aux titulaires du bac pro, le BTS est également accessible aux titulaires du bac général via une prépa-BTS de deux ans.

Des possibilités de spécialisation par les CQP

Trois certificats de qualification professionnelle (CQP), accessibles par la voie de la formation continue ou la VAE, permettent de se spécialiser. Les deux premiers, CQP de spécialisation en céramique et occlusion et CQP de spécialisation en prothèse amovible complète, s’adressent prioritairement aux prothésistes dentaires qualifiés, mais aussi aux techniciens en prothèse dentaire justifiant de deux années d’expérience professionnelle dans l’activité, sous réserve d’avoir satisfait à l’examen de sélection. Ceux-ci peuvent également prétendre au CQP Orthodontie.

Objectif qualité

Au-delà du public classique, Laura Dutel affirme également recevoir 10 à 15 % d’étudiants étrangers dans son centre parisien. Qui sont-ils ? “Notamment des prothésistes en cours de formation, principalement issus du Maghreb, qui viennent finir leur cursus en France, mais aussi des dentistes étrangers, qui n’ont pas le droit d’exercer en France et qui choisissent de se reconvertir dans la prothèse pour rester dans le secteur”, précise-t-elle. Inversement, les prothésistes français peuvent aussi faire valoir leur formation à l’international, notamment au Canada et aux États-Unis.

Évoquant les qualités nécessaires au métier, Laura Dutel souligne avant tout le perfectionnisme : “Reconstituer une dent avec des matériaux industriels relève quasiment d’une magie quotidienne, sourit-elle, imiter la nature requiert un véritable sens artistique et de l’observation, avec l’envie de toujours pousser plus loin le vraisemblable.”

Une exigence d’excellence que la fondatrice du groupe Ipso, Isabelle Dutel, s’emploie à faire reconnaître depuis qu’elle est devenue, en 1997, la seule femme à ce jour Meilleur ouvrier de France dans le domaine de la prothèse dentaire. C’est également sous son impulsion qu’a été créé en 2005 le concours des Meilleurs apprentis de France Prothésistes dentaires, et que le métier a été introduit en 2008 dans le cadre du concours des Olympiades des métiers.

À noter que l’Académie dentaire Ipso compte quelques 90 adultes en reconversion professionnelle dans ses rangs (40 à Bordeaux, 40 à Paris et 10 pour la première année d’ouverture à Aix-en-Provence). Comptant environ 22 000 professionnels, le secteur en emploie 85 % dans des laboratoires, le reste exerçant dans des cabinets dentaires ou s’installant en libéral.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2011

Orientation pour tous

Pôle emploi précise que les métiers de la prothèse dentaire sont également accessibles avec une expérience professionnelle dans le secteur, sans diplôme particulier pour les postes d’opérateurs en production (plâtriers, polisseurs, etc.). Des formations complémentaires (céramique, occlusion, etc.) peuvent être requises. L’Union professionnelle artisanale évoque la forte évolution technique du secteur, d’où la nécessité pour les professionnels d’adapter régulièrement leurs connaissances. La robotique et les techniques informatiques assistées par ordinateur modifient progressivement l’exercice quotidien de la profession.

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