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Logistique : entre reprise et incertitude

Par Centre Inffo

Pour la dix-septième année consécutive, l’AFT-Iftim a présenté les résultats de son enquête sur les besoins en emplois et en formations dans les fonctions de la logistique. Relative sortie de crise et valorisation de l’expérience au détriment des qualifications sont les principaux enseignements.

Réalisée du 10 au 30 janvier 2011 auprès de 460 entreprises d’au moins 100 salariés et 90 entreprises d’au moins 50 salariés, l’enquête portait sur les sept secteurs les plus concernés par la logistique [1]. Gestion du niveau des effectifs, gestion des recrutements, mobilité interne et gestion des parcours professionnels, intérim et GPEC ont été les cinq champs d’investigation complémentaires étudiés par Jean-André Lasserre, directeur des relations institutionnelles et des études de l’AFT-Iftim, et Valérie Castay, chef de projet Études.

« En 2010, la crise s’est poursuivie comme en 2009, mais les signes de reprise se sont également multipliés », indique Jean-André Lasserre, directeur des relations institutionnelles et des études de l’AFT-Iftim. Ainsi et tous secteurs confondus, si « 33 % d’établissements déclarent être en difficulté aujourd’hui, 40 % disent avoir retrouvé leur niveau d’activité d’avant la crise ». Entre les deux ? « Tout un marais d’incertitude... »

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Jean-André Lasserre (DR)

Signe que la crise a laissé des traces en matière de stratégie, « les bouleversements organisationnels n’ont jamais été aussi nombreux », commente Jean-André Lasserre, « un établissement sur deux, contre un sur quatre en 2009, a ainsi procédé à une réorganisation dans une perspective d’optimisation, à la recherche de gains de productivité et de réduction des coûts ». Exemple avec la « progression substantielle du taux d’équipement en progiciels de gestion intégrée », un outillage vendu sur « promesse de retour sur investissement à dix-huit mois », rappelle-t-il. Témoin d’une recomposition en profondeur, l’enquête indique également que « le mouvement (...) devrait se poursuivre en 2011 avec la même intensité qu’en 2010 ». Idem pour la sous-traitance et l’intérim, tous deux à la fois révélateurs d’une certaine amélioration conjoncturelle et d’un souci d’optimisation

En matière d’effectifs, c’est « une évolution en demi-teinte » qui est constatée : « les prévisions établies par les établissements début 2010 pour l’année en cours étaient globalement justes pour les établissements de 100 salariés et plus, (…) plus nombreux à anticiper une baisse plutôt qu’une hausse », avec même « des ajustements à la baisse plus fréquents que prévus pour les opérateurs, en particulier dans l’industrie automobile et le commerce. Au contraire, les effectifs ont connu une évolution plus favorable que prévue dans les établissements de moins de 100 salariés, particulièrement pessimistes l’an dernier », relève l’étude. À noter que la reprise ne se traduit pas toujours en embauches, mais on note une augmentation des heures supplémentaires (+ 10 points en 2010) et le non-remplacement des départs en retraite dans près d’un établissement sur quatre étant également constatés. La situation devrait toutefois s’améliorer en 2011, les secteurs de l’automobile et de la chimie étant les seuls à envisager de poursuivre la contraction de leurs effectifs logistiques.

Paradoxalement au regard du taux de chômage, le pourcentage des établissements éprouvant des difficultés de recrutement est en forte hausse, aussi bien pour les établissements de plus de 100 salariés (33 % contre 12 % en 2009) que pour ceux de moins de 100 (22 % contre 9 %). Si la pénurie de candidats, la faible mobilité géographique et le problème d’attractivité du secteur sont évoqués, Jean-André Lasserre souligne la très faible implication des RH dans des dispositifs de GPEC (26 % pour les établissements de 100 salariés, 10 % pour ceux de moins de 100).

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Bernard Prolongeau (DR)

Conséquence d’un important vivier de demandeurs d’emploi, la formation n’apparaît pas déterminante dans les recrutements. « On s’intéresse moins aux qualifications qu’à l’expérience », relève le directeur des études. « Et lorsque les formations sont prises en compte, c’est le bac pro logistique qui tire son épingle du jeu », au détriment des titres professionnels. « Une évolution à mettre en relation », selon Bernard Prolongeau, président délégué général de l’AFT-Iftim, « avec la progression de l’apprentissage [2], filière qui valorise les diplômes. » Comprendre que l’apprentissage sert des « logiques de moyen/long terme », alors que la professionnalisation, filière courte, répond à des « besoins plus immédiats », déjà servis par l’existence d’une offre de personnes expérimentées sur le marché du travail. « Il y a clairement un effet file d’attente qui privilégie l’expérience, la prise en compte des qualifications reviendra si le marché se tend », explique-t-il. À noter que la question de la formation n’apparaît plus prioritaire aux yeux des responsables en matière de formation continue (- 12% de formation continue en 2010 dans les établissements de plus de 100 salariés) : « Les niveaux de qualification du personnel en place leur apparaissant à ce jour tout à fait suffisants et conformes aux besoins de l’entreprise. »

S’agissant des emplois très qualifiés et même si de nombreux diplômes de niveau I existent, les emplois de cadre sont avant tout captés par les diplômes à bac + 2, qui progressent de 12 % par rapport à l’an dernier. Pour l’ensemble, « ce sont les comportements et les savoirs-être qui comptent de plus en plus », souligne Jean-André Lasserre.

« Comme nous l’avions annoncé, la sortie de crise a été laborieuse », conclut Jean-André Lasserre, mais un « optimisme modéré » domine désormais.

www.aft-iftim.com

Par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2011

Sur le portail Orientation & Formation
Plébiscité par les employeurs selon l’enquête de l’AFT-Iftim, le bac pro Logistique se prépare en deux ou trois ans selon le niveau d’entrée. La durée du stage de formation professionnelle est fixée à vingt-deux semaines à répartir sur les trois années de formation. Le titulaire du diplôme peut occuper différentes fonctions de type “réceptionnaire”, “contrôleur-pointeur”, agent de quai, préparateur de commandes, cariste, gestionnaire des stocks, etc. Les perspectives d’évolution sont réelles et l’agent logisticien pourra prétendre à des postes à plus grande responsabilité (chef d’équipe, responsable de dépôt, etc.).
www.orientation-formation.fr

[1Industries agricoles et alimentaires ; pharmacie, parfumerie et entretien ; industrie automobile ; industrie des équipements mécaniques ; chimie, caoutchouc, plastiques ; commerce ; prestataires, transport/logistique.

[226 % des personnels logistiques sont en contrat d’apprentissage en 2010 contre 18 % en 2009, 30 % prévus en 2011.

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