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Les métiers d’art, "des métiers d’intelligence, plus la main"

Par Centre Inffo

Du 1er au 3 avril ont eu lieu les Journées des métiers d’art (JMA), l’occasion de visiter 3 000 ateliers, partout en France, pour découvrir ces professions un peu particulières que Jean-Michel Delisle, président de l’Institut national des métiers d’art, se plaît à décrire comme des “métiers d’intelligence, plus la main”.

Et d’évoquer une filière dont le profil des candidats a fortement évolué : “La question des formations représente un enjeu essentiel : 50 % des jeunes qui viennent dans notre centre de ressources sont désormais des jeunes de niveau universitaire, qui viennent par passion. C’est évident que l’on ne peut pas enseigner à ces jeunes qui ont un passé intellectuel de la même manière qu’à ceux arrivés par dépit.”

De dépit, il n’en est effectivement plus question, confirme Catherine Dumas, sénatrice de Paris et auteure d’un rapport sur les métiers d’art remis au Premier ministre en octobre 2009 : “Il y a eu une véritable prise de conscience des pouvoirs publics sur l’importance de cette filière et la nécessité de valoriser ces métiers, au nombre de 217, qui sont incontestablement un fleuron du patrimoine économique et culturel de notre pays.” Elle a demandé qu’“une fois pour toutes, ces métiers n’aient plus un visage passéiste”, alors qu’ils constituent une “source trop négligée de réussite pour de jeunes passionnés et représentent une filière d’excellence, porteuse de valeurs exemplaires : rigueur, dépassement de soi, amour du beau geste, etc.”

Des propos qui résonnent avec l’intervention d’André Malicot, directeur formation des Compagnons du Devoir du tour de France, l’une des trois associations de compagnons qui forme à 25 métiers de l’artisanat dont 9 métiers d’art. “La caractéristique de nos formations, c’est l’alternance, le voyage et la durée”, explique-t-il. D’abord, l’alternance : “Tous nos jeunes sont sous contrat de travail, c’est important parce qu’apprendre un métier, ce n’est pas seulement acquérir des techniques, mais aussi maîtriser un environnement économique et social. Si on ne maîtrise pas cela, on ne sera qu’un bricoleur, parce que l’on ne saura pas en vivre.” Ensuite, le voyage : “Tous les apprentis doivent vivre une expérience d’au moins trois semaines hors des frontières. Le voyage est au cœur de la formation, c’est la démarche de la connaissance et de la remise en cause : j’accepte d’aller voir ailleurs parce qu’il y a encore à apprendre, à aller vers des gens de métier qui ont une expérience.” Enfin, la durée : “Un tour de France – et aujourd’hui d’Europe, voire du monde – peut durer de trois à cinq ans”, ce qui mériterait bien “la création d’une licence”, commente-t-il.

Si les métiers d’art font rêver, ils sont aussi extrêmement sélectifs : “Nous avons plus de 3 000 demandes pour 45 places dans nos filières métiers d’art”, explique ainsi Marie-José Mascioni, directrice de l’Ensaama Olivier de Serres [1]. De même, les prétendants au DMA [2] de luthier doivent affronter “200 candidatures pour 10 places par promotion”, indique Lydia Anikinow, directrice de l’École nationale de lutherie de Mirecourt. Quelle place pour la formation continue ? “Le recrutement par les entreprises passe essentiellement par l’apprentissage”, ne cache pas Hélène Triboulet, directrice du Cerfav de Pantin [3], en invitant les “candidats à la formation professionnalisante continue à raisonner leur stratégie de formation vers la création d’activité”.

DES VOIES D’ACCÈS VARIÉES

La formation continue dépend de multiples organismes dont les trois quarts sont privés. Perfectionnement ou diplômes d’État du CAP au BTS sont dispensés par le réseau des Gréta, dont certains sont spécialisés dans un secteur, comme le Gréta des arts appliqués, celui des arts et industries graphiques, ou le Gréta de la mode. L’Afpa accueille salariés et demandeurs d’emploi qui souhaitent se former dans les domaines de l’ébénisterie, la restauration et la finition de mobilier, la ferronnerie, la peinture décorative, le staff (matériau malléable à base de plâtre) et la taille de pierre, la couture, la tapisserie d’ameublement, la sellerie et l’infographie. Cinq filières structurent la formation initiale : l’Éducation nationale du CAP à bac + 4 (CFA, lycées d’art appliqués, lycées professionnels ou écoles supérieures d’art appliqués et universités) ; le compagnonnage (six à huit ans en alternance du CAP au BTS) ; les 58 écoles supérieures d’art ou écoles spécialisées (Arts déco, Beaux-arts, etc.) placées sous la tutelle ou le contrôle pédagogique du ministère de la Culture ; les cursus des chambres de métiers et de l’artisanat (CAP à bac + 2) et, enfin, les écoles privées telles que le Cerfav pour le verre, qui délivrent leurs propres diplômes.

Par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2011

Sur le portail Orientation & Formation
Peut-on perpétuer l’héritage français et être à la mode ? Oui, indique l’Onisep : “L’époque actuelle revisite volontiers les arts plastiques anciens, les techniques d’antan. Et ce n’est pas sans incidence sur le monde du vitrail. Si le marché des églises perdure, avec 90 000 m2 de vitraux, celui des particuliers tend à se développer. Et les artisans vitraillistes profitent de cette conquête du marché profane.” Attention toutefois, les entreprises sont peu nombreuses – environ 450 – et le vitrailliste peut être amené à développer des activités annexes pour compléter ses revenus. Par exemple, “organiser des cours pour les particuliers, séduisant ainsi une nouvelle clientèle”.
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