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"Les CIO doivent devenir des établissements publics" (Robert Poisson, président de l’ANDCIO)

Le vendredi 2 décembre 2011, l’Association nationale des directeurs de Centres d’information et d’orientation (ANDCIO) tenait son assemblée générale statutaire à Paris. L’occasion d’échanger autour de leur métier et des évolutions que connaît celui-ci, notamment en matière d’accueil, d’accompagnement et de conseil sur l’orientation.

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Robert Poisson (DR)

Un rôle reconnu par les pouvoirs publics puisqu’un certain nombre de CPRDFP (contrats de plan régionaux de développement des formations professionnelles) signés entre État et Régions intègrent les CIO dans les dispositifs d’orientation territoriaux. Une intégration cependant inégalitaire puisque ces lieux d’information et d’orientation ne constituent pas des entités autonomes, mais des structures dépendantes de l’Éducation nationale.

Robert Poisson, président de l’ANDCIO, s’en explique : « en tant que directeur, je reste un fonctionnaire relevant de l’autorité du recteur de l’académie à laquelle j’appartiens. Je ne suis donc pas en mesure de traiter directement avec un élu municipal, départemental ou régional, ni même avec Pôle emploi ou les missions locales. Le problème, c’est qu’avec la montée de l’implication des Régions dans la gouvernance de l’orientation et de la formation, nous sommes amenés à nous impliquer dans des partenariats sans cesse croissants. Malheureusement, la notion de partenaires induit également celle de pairs, d’égaux... et actuellement, ce n’est pas le cas ». Aussi, face aux nouveaux enjeux rencontrés au sein des territoires, le président de l’ANDCIO est formel : « à terme, les CIO doivent devenir des établissements publics ».

Informer sur les métiers ne suffit plus

À ses yeux, cette évolution de la structure des centres d’information et d’orientation dépend du rôle que les acteurs publics entendent leur faire jouer dans les questions de formation tout au long de la vie : « si l’on considère que l’accueil, le conseil et l’accompagnement en matière d’orientation constituent une question sociale majeure, alors il faut aller vers cette évolution statutaire. Si on préfère considérer l’orientation comme un agrément de vie sociale, alors de telles structures publiques n’ont pas lieu d’être. Enseignants, formateurs et acteurs publics de l’emploi peuvent demeurer les références en termes d’orientation ».

Pour Bernard Poisson, la mission des CIO telle que définie par les textes, a pu fonctionner de manière correcte des années 1970 à 90. « Les choses se sont délitées par la suite » estime-t-il, « les élèves (et leurs familles) étaient alors plus dociles, respectaient – bon gré, mal gré - les choix d’orientation des enseignants et les parcours professionnel étaient construits en fonction des recommandations des conseils de classes. Aujourd’hui, une telle linéarité n’est plus possible. Nos publics sont devenus à la fois plus exigeants et plus fragiles, d’où la nécessité de structures accompagnatrices tout au long de la vie » La simple information sur les métiers ne suffit donc plus aux besoins de ces nouvelles générations, aussi, les CIO demandent, désormais, à pouvoir se placer en pilotes des dispositifs locaux relevant de l’orientation. « L’information sur les métiers constitue l’une de nos missions, bien entendu. Mais s’il suffisait d’informer les jeunes sur l’existence de telle ou telle profession, alors la France ne manquerait pas de chaudronniers comme c’est le cas aujourd’hui... Nous sommes confrontés à des situations épineuses en termes de représentation des métiers et de construction des parcours. Certaines professions jugées attirantes au gré des effets de la mode, comme le commerce ou l’architecture d’intérieure, paraissent attractives pour des jeunes qui, une fois mis en situation réelle, se rendent compte que ces métiers se révèlent très éloignés de leurs espérances... »

Une plus-value pour les politiques régionales d’orientation

L’évolution de la nature des CIO vers des établissements publics aurait aussi pour conséquence de leur permettre de traiter sur un quasi pied d’égalité avec les élus, notamment régionaux. « j’ai connu des élus régionaux vindicatifs et très attachés à leur pouvoir décisionnaire, d’autres beaucoup plus souples en matière de coordination des acteurs de l’orientation, d’autres encore qui tiennent des discours virulents en public et sous-traitent ensuite au rectorat les questions techniques... Face à cette multiplicité des situations, l’expertise des CIO en matière d’orientation peut constituer une véritable plus-value pour les politiques territoriales d’orientation. » À ce titre, l’ANDCIO a été amenée à rencontrer les représentants de l’ARF [1] ou de l’ADF [2] pour sensibiliser ceux-ci à la valeur ajoutée que représente l’implication du réseau des CIO en matière d’accueil, de conseil et d’accompagnement du public.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2011

[1Association des régions de France.

[2Association des départements de France.

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