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Le service public de l’orientation au "top départ"

Alors que les premiers bénéficiaires du label « Orientation pour tous – Pôle Information et orientation sur les formations et les métiers » seront bientôt connus, le périmètre final du service public de l’orientation demeure incertain. En privilégiant la notion de « lieu unique », la loi du 24 novembre 2009 soulignait l’intention de réforme. En lui préférant l’expression « un même site géographique », le décret du 4 mai 2011 se veut, selon le mot du délégué à l’information et à l’orientation, plus « réaliste ». Réactions d’acteurs, possibles candidats au label.

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Jean-Robert Pitte - © O. Jacquet

« Les retours sont dans l’ensemble très positifs » , se félicite le délégué à l’information et à l’orientation Jean-Robert Pitte : « les premiers labels "Orientation pour tous" devraient être accordés avant les vacances d’été et j’espère qu’à la fin de l’année, la moitié de la France sera couverte ». Précisant les termes « même site géographique », le DIO explique : « la formule “même site géographique” qui a été adoptée est celle qui était souhaitée par le gouvernement et qui a été confirmée par le Conseil d’État. Si l’on avait décidé qu’un lieu unique désignait uniquement des organismes regroupés sous le même toit pour assurer ensemble le premier conseil en orientation, il aurait fallu un siècle pour que la France soit couverte. En acceptant une application plus réaliste, nous allons favoriser les “mariages d’amour” qui déboucheront à terme, je l’espère, sur des regroupements immobiliers lorsque l’occasion s’en présentera. »

« Plutôt qu’un lieu unique “contenant” », analyse pour sa part Zbyslaw Adamus, vice-président de l’Association nationale des directeurs de CIO (AND-CIO), « ce qui se profile est un réseau local où les collaborations seraient mieux affichées. Cela nous paraît plus réaliste : les usagers sont bien mieux accueillis chez nous, avec notre environnement personnel et professionnel, que si nous devons juste prendre notre ordinateur portable sous le bras pour aller assurer des permanences avec d’autres. L’idée d’un lieu unique où vous avez tout est séduisante, mais nécessite des crédits ».

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Catherine de Labarre - CIDJ (DR)

« Il va falloir construire des partenariats sans se contenter de déclarations d’intention » , commente Catherine de Labarre, directrice générale adjointe du Centre d’information et documentation jeunesse (CIDJ). Comment ? « En passant des conventions, de telle sorte que chacun soit au clair sur les métiers des autres. Que fait un conseiller CIO, un conseiller CIDJ, un conseiller travaillant dans une Mission locale, un agent de Pôle emploi ? Dans quelles circonstances va-t-on demander à la personne de se rendre dans telle ou telle structure ? Les conventions de principe doivent être déclinables de façon opérationnelle. Il faut que les métiers et les professionnels se rencontrent », insiste la dirigeante du CIDJ. Qui sera labellisé ? CIDJ, Centres régionaux d’information jeunesse (Crij), Points d’information jeunesse (Pij), toutes les structures du réseau « ont vocation à être labellisées, soit directement soit indirectement », assure Catherine de Labarre. Les Pij n’ayant pas d’identité juridique propre, « la demande émanera de la structure porteuse, par exemple la Mission locale ».

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Vincent Delpey (DR)

Des Missions locales dont Vincent Delpey, secrétaire général du Conseil national des Missions locales (Cnml), estime qu’« aucune n’a vocation à être exclue du processus de labellisation. (…) Nous ne sommes pas face à un dispositif qui serait un appel à projets, mais dans la mise en place d’un service public avec un objectif de couverture territoriale. » Rappelant que les Missions locales ont une vocation ancienne et traditionnelle d’orientation des jeunes de moins de 25 ans, Vincent Delpey fait valoir que « c’est en s’associant à d’autres partenaires qu’elles répondront à l’objectif d’orientation tout au long de la vie ». Il conviendra donc que « les Missions locales, qui sont centrées sur les jeunes, demandent le label avec d’autres partenaires (…), en fonction des situations territoriales », poursuit-il.

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Philippe Meirieu (DR)

Même souci du territorial pour Philippe Meirieu, vice-président de la Région Rhône Alpes délégué à la formation tout au long de la vie et président du Pôle Rhône-Alpes de l’Orientation (Prao), qui rappelle avoir voté contre les projets de textes du décret et de l’arrêté quand ils avaient été présentés au Conseil national de la formation tout au long de la vie (Cnfptlv), le 9 décembre 2010 : « j’avais exprimé mon inquiétude sur le dispositif de labellisation des lieux uniques, à mon sens trop vertical et qui ne prenait pas assez en compte les logiques territoriales. Ce que je craignais, c’est que les différents réseaux sollicitent une labellisation, s’estimant aptes à l’obtenir, au lieu de créer une nouvelle dynamique et de mettre leurs ressources en synergie. » Et puis, heureusement, la version définitive du décret du 4 mai 2011 comprend “un codicille” qui introduit la consultation pour avis du Comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP). « Je souhaite effectivement que le système ne mette pas les réseaux en concurrence, qu’il n’y ait pas une juxtaposition de labellisations accordées par le préfet, mais une entrée par territoire », insiste-t-il.

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Olivier Las Vergnas (DR)

« L’idéal serait maintenant de mettre en chantier un deuxième niveau de label, correspondant à cet objectif de convergence des acteurs vers des projets territoriaux ambitieux », commente pour sa part Olivier Las Vergnas, secrétaire général du réseau Cité des métiers et délégué à l’insertion, la formation et l’activité professionnelles d’Universcience. « Cela revient à dire qu’à terme, le label ne devrait pas se limiter à un système "tout ou rien", mais que la loi devrait être aussi utilisée comme un moyen d’incitation à aller plus loin, à construire des convergences entre les acteurs. Aujourd’hui, la qualité du service va être labellisée grâce à ce décret, mais il faudrait un second niveau qui incite davantage les mises en réseaux d’acteurs prêts à travailler en profondeur la question de la gestion commune d’implantations et d’offres de service mutualisées. »

L’enjeu ? « Il faut bien se rappeler que l’objectif de la loi est l’augmentation du niveau de qualification de l’ensemble de la population nationale. Et donc, l’une des priorités est la mobilisation des personnes qui sont les moins informées. » Et de conclure, « j’aurais préféré que l’arrêté donne une vision plus dynamique de la convergence, mais ce label premier niveau est déjà incontestablement très important pour la qualité et la lisibilité du paysage ».

par Centre Inffo, 2011, extraits du dossier « Le service public de l’orientation au “top départ” », in L’Inffo n° 791, 1er au 15 juin 2011.

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