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Davantage de nouvelles compétences que de nouveaux métiers

Par Centre Inffo

L’évolution technologique entraîne parfois des discours abusifs sur l’émergence de nouveaux métiers. Consultants et chefs d’entreprise témoignent, il s’agit surtout de rester à l’écoute des besoins du marché afin de maintenir ou développer les bonnes compétences.

Proposant de s’intéresser aux nouveaux métiers en cours de développement, le salon « Nouvelles voies » [1] a permis de rappeler la relativité de l’innovation en matière d’emploi et de formation : « il s’agit plus de nouvelles compétences que de nouveaux métiers » , résume Patrick Errard, directeur général d’Astellas Pharma France.

Opinion partagée par Florence Beaurepaire, consultante secteur énergie du cabinet Hudson France, pour qui « ce sont plus les problématiques sociétales et environnementales qui transforment les métiers », par l’ajout de « connaissances plus pointues, par exemple en termes de matériaux ou de normes ». Conséquence en termes de recrutement, les entreprises continuent de rechercher « des vrais professionnels, détenteurs d’un métier de base et spécialistes d’un domaine ». Corollaire de cette analyse, beaucoup de « déçus » parmi les candidats aux métiers de l’environnement, qui confondent parfois contexte d’exercice et « métier initial ».

Complémentaires, les nouvelles compétences ne sont pour autant ni optionnelles ni suffisantes dans les environnements innovants, ainsi que l’explique Christophe Aulnette, directeur général de Netgem : « nous avons du mal à trouver des ingénieurs de haut niveau spécialistes des systèmes embarqués, mais au-delà des compétences, ce que l’on cherche, ce sont des personnalités aptes à travailler dans des environnements en constante évolution : les frontières entre les différentes fonctions tombent, il faut un savoir être pour travailler au sein d’équipes projets ».

S’agissant de l’industrie du médicament, Patrick Errard explique que si les métiers demeurent concentrés sur les trois grands domaines que sont la R&D, la production et le commerce, des problèmes de recrutement se posent en raison de formations partiellement inadaptées à la spécificité du secteur : « l’industrie du médicament manque de médecins car ceux-ci ne se forment pas dans la perspective de nous rejoindre. Les formations médicales destinées à l’industrie, telles qu’il en existe aux États-Unis, restent à inventer en Europe », plaide-t-il. Autres profils recherchés par l’industrie du médicament, les professionnels du marketing de formation scientifique, « idéalement pharmacie », ayant complété leur cursus par une spécialisation en grande école de commerce. Tendance négative, en revanche, du côté des visiteurs médicaux, obligatoirement diplômés à bac +2 mais n’appartenant « malheureusement pas au secteur le plus porteur », ces salariés étant au nombre de « 15 000 aujourd’hui contre 25 000 il y a une dizaine d’années ».

Peut-être plus que dans les métiers, l’innovation proviendra de l’offre de services. Ainsi, des opportunités fortes de développement économique existent dans le secteur des services à la personne, avec la nécessité de mettre en place des offres intégrées sur « l’ensemble de la chaîne d’assistance au patient », du portage de médicaments à l’hospitalisation à domicile. « Les services à la personne représentent des opportunités de masse sur des emplois peu qualifiés, mais le secteur va aussi évoluer sous l’apport des TIC », renchérit Christophe Aulnette.

Conclusion de Jean-Michel Pasquier, directeur général du groupe Humaneo : « quelles que soient les compétences et les fonctions, l’important est d’être en veille sur l’évolution de son métier, d’être en dynamique pour soi-même avant de la retranscrire éventuellement dans son entreprise. Au-delà de la recherche pure et dure d’un travail, il est très important d’être dans cette substance de recherche permanente ». L’enjeu ? Rester au contact, voire anticiper l’évolution des besoins du marché.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2011

La compétence, clé des métiers

« J’ai fait 1000 métiers pour gagner ma vie ». Citant Albert Camus, Michel Godet, membre du Conseil d’analyse économique, se fait volontiers iconoclaste : « les métiers changent, les compétences demeurent, un excellent électricien fera un excellent plombier », assène-t-il. « Ce qui compte, c’est l’acquisition de compétences, et les compétences, c’est le fruit de la passion ». Que manque-t-il à nos sociétés pour retrouver la croissance ? « En termes de développement, il n’est de richesse que d’hommes éduqués porteurs de projet dans une société de confiance », répond Michel Godet.

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