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Apprentissage ou professionnalisation : comment choisir ?

Par Centre Inffo

Une majorité d’employeurs, mais aussi de très nombreux jeunes, parents et adultes, peinent à distinguer les deux modalités de contrat de l’alternance. Explications.

Aux termes de l’enquête Ipsos réalisée pour le compte de la Fondation des Apprentis d’Auteuil, “plus de la moitié des employeurs ne voient pas grande différence entre le contrat de professionnalisation et le contrat d’apprentissage” [1]. Au vu des très nombreux jeunes et quelques parents venus approfondir leur connaissance du sujet lors d’une conférence organisée par L’Étudiant dans le cadre du salon de l’alternance (Paris, 14 au 16 janvier 2011) [2], ils ne sont pas les seuls. De fait, comment s’y retrouver entre les tenants de l’apprentissage qui vantent “la valeur des diplômes de l’Éducation nationale” et les spécialistes du contrat de professionnalisation qui promettent “une meilleure insertion dans l’emploi” ?

D’abord, rappeler le cadre juridique [3] : si les deux sont des contrats de travail, l’apprentissage relève de la formation initiale et est financé par la taxe d’apprentissage, quand la professionnalisation est, elle, financée par les contributions des entreprises à la formation continue dont elle relève. Le premier est réservé aux jeunes de 16 à 25 ans, le second inclut les demandeurs d’emploi âgés de plus de 26 ans et les bénéficiaires de minima sociaux. D’une durée de un à trois ans en fonction du type de profession et du niveau de qualification, le contrat d’apprentissage prend la forme d’un CDD et impose une durée de formation supérieure à celle du contrat de professionnalisation. Celui-ci peut par ailleurs être contracté en CDI et donne lieu à un niveau de rémunération supérieur. Plus grand dénominateur commun des deux contrats : l’organisation pédagogique, qui prévoit l’alternance entre des périodes en centre de formation et des périodes en entreprise. Soit, précisément ce qui fait la force du dispositif : “Le plus de l’alternance, c’est que deux ans de formation égal deux ans d’expérience professionnelle”, estime ainsi Nicolas Braguier, directeur de l’École supérieure de Saint-Germain (Esup), pour qui “l’alternance n’est pas une solution mais la solution au chômage des jeunes.”

Une solution toutefois prisée de manière inégale par les entreprises : 406 000 contrats d’apprentissage étaient recensés par la Dares à fin novembre 2010, contre 167 000 contrats de professionnalisation. “L’apprentissage est plus utilisé parce qu’il s’agit du contrat le plus ancien et donc le plus connu des entreprises”, tente d’expliquer Martine Gaillard, directrice du marketing opérationnel à l’Afpa. “Mais si l’entreprise a vraiment une visée de recrutement, le contrat de professionnalisation est parfaitement adapté parce qu’il permet au jeune et à l’entreprise de se faire une idée précise en seulement six à douze mois. Plus long, l’apprentissage est plus à visée diplômante”, estime-t-elle avant d’ajouter que “les titres professionnels et les CQP ne sont pas des sous-diplômes, même s’ils ne sont pas visés par l’Éducation nationale”.

Pour Anne Bouvet, responsable du centre d’information et d’orientation professionnelle de la CCI Versailles-Yvelines-Val-d’Oise, le choix dépend aussi “du niveau des jeunes recherchés par les entreprises : plutôt l’apprentissage jusqu’au bac pro, voire le BTS, après, c’est différent”. Problème pour les plus de 26 ans, leur niveau de rémunération : “Quelle est l’entreprise qui va vous payer 100% du SMIC pour trois jours de présence en entreprise ?”, interroge Nicolas Braguier. “À plus de 26 ans, vous êtes un vrai adulte, cela peut intéresser l’entreprise et c’est aussi à l’organisme de formation de vous accompagner dans la construction de votre argumentaire”, répond Martine Gaillard.

Reste à rappeler qu’un bon niveau d’information n’est pas forcément synonyme de libre choix : non seulement “les jeunes distinguent rarement spontanément ce qu’ils perçoivent avant tout comme de l’alternance”, reconnaît Nicolas Braguier, et “c’est souvent la proximité géographique qui détermine leur choix”, ajoute Anne Bouvet. D’autant plus que “les contrats en alternance sont avant tout des contrats de travail et c’est plutôt l’entreprise qui détermine ce qu’elle souhaite”¸ rappelle la directrice marketing de l’Afpa.

Questions à Martine Gaillard, directrice du marketing opérationnel à l’Afpa

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Martine Gaillard - Afpa
(DR)

Qu’est-ce que l’alternance “+ Pro” ?
Il s’agit d’une nouvelle gamme que nous avons lancée en octobre 2010 dans le but de renforcer l’objectif général des contrats de professionnalisation : acquérir une qualification, un métier et, donc, un emploi. “+ Pro”, c’est plus de services, à la fois une aide pour choisir un métier qui recrute et un accompagnement pour trouver une entreprise. C’est aussi une charte d’engagement tripartite pour un contrat de professionnalisation réussi, aux termes de laquelle l’Afpa s’engage à accompagner le salarié tout au long de son parcours, aussi bien en matière de pédagogie en centre de formation que sur l’acquisition de l’autonomie en entreprise. Pour cette dernière, c’est la mise à disposition d’un tuteur qui va vraiment s’investir dans le parcours, ce qui va au-delà des obligations légales. Enfin, l’Afpa s’engage également à vous accompagner sur le marché de l’emploi.

Quelle est la part des plus de 26 ans en contrat de pro à l’Afpa ?
Elle est en augmentation car nous sommes aujourd’hui à peu près sur du 50/50, alors que nous étions sur du 70/30 il y a peu.

Quels sont les objectifs de l’Afpa en matière de professionnalisation ?
L’objectif 2011 est de 13 000 contrats de professionnalisation. Concernant la gamme + Pro, nous passerons de seize formations aujourd’hui à trente en juin 2011. Nous avons commencé avec les formations des filières à succès de l’alternance, mais c’est la totalité de l’offre qui est à terme concernée.

Par Nicolas Deguerry, Centre INFFO 2011

[1Le Quotidien de la formation, 6 janvier 2011

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