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Yves Attou, président du Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle

Par Centre Inffo

En ces temps où la formation est souvent perçue comme une injonction, le parcours d’Yves Attou détonne. Entré dans la vie professionnelle par l’action plutôt que par les diplômes, il ne cessera ensuite de se former au gré, de ses besoins certes, mais aussi de sa perpétuelle soif d’apprendre. Portrait d’un professeur d’éducation physique venu frapper aux portes de l’Éna.

Je suis un enfant de la loi de 1971

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Yves Attout (DR)

« Mais qui est donc Yves Attou ? » Quand on rapporte au créateur du Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie que sa personne intrigue, l’homme commence par esquisser un pas de côté : « Je ne suis pas très expansif, je n’ai pas une nature à m’exposer », tente-t-il. Raison de plus pour rencontrer celui qui s’efforce tout autant de sortir la formation du débat franco-français que de peser sur celui-ci. D’un côté, le Comité mondial créé en 2005 pour tenter d’incarner le rapport Delors sur l’éducation, de l’autre, le tout récent Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle, créé pour peser sur le dialogue social. Objectif commun aux deux initiatives : se réunir autour d’une vision humaniste de la formation.

Un homme engagé

Pour Alexandre Ginoyer, qui représente les entreprises au sein du Comité mondial, Yves Attou incarne « la ténacité dans un gant de velours » : en « grand manager soucieux de rassembler et surtout pas d’exclure », l’homme sait décider « mais sans aucun autoritarisme et après avoir encouragé l’expression de la multiplicité des points de vue », estime-t-il. Et c’est bien ce « projet de rassemblement » qui le rend particulièrement pudique sur une autre dimension de sa personne. S’auto-décrivant comme « un enfant de la loi de 1971 et des apprentissages tout au long de la vie », Yves Attou aimerait bien en rester à l’itinéraire du passionné de formation qui ne voulait pas garder pour lui le « trésor caché dedans »... Sauf qu’au-delà du héraut associatif, l’homme est aussi marqué d’un engagement à gauche. Réduit dans son CV à la mention d’un poste de conseiller technique au cabinet de Ségolène Royal, alors ministre déléguée chargée de l’Enseignement scolaire, il a cependant largement contribué à faire rentrer la formation continue au PS en créant, avec Henri Weber, l’université permanente des cadres et des militants. Volontiers fermée au nom de l’action œcuménique, la porte de l’engagement s’entrouvre néanmoins sans qu’il y ait trop besoin de glisser le pied dedans...
Demandez-lui ce que représente à ses yeux Jacques Delors, et la poche du costume libère aussitôt un agenda qui lui permet de citer sans erreur celui qu’il nomme « l’éclaireur » : entre des considérations sur « l’éducation tout au long de la vie [qui] sera l’une des clés d’entrée du XXIème siècle » et la nécessité d’« étendre la coopération internationale dans le village planète », c’est bien le credo du Comité mondial qui s’égrène.

Ingénieur social

Attardez-vous sur son parcours et vous verrez que l’homme a tout du pratiquant : « Dès que j’ai commencé à travailler, j’ai eu envie de me former et de prendre des responsabilités », souligne-t-il. Au pays du diplôme acquis en formation initiale pour le restant de ses jours, Yves Attou fait figure d’extra-terrestre : s’il a atteint la retraite dans les services du Premier ministre, il rappelle volontiers avoir commencé comme maître-auxiliaire d’éducation physique. Entre les deux, des expériences multiples et un souci permanent de formation continue. Aux années 1970 qui le voient « passer de la ressource physique à la ressource humaine », succède la « décennie Bertrand Schwartz ». Celui-ci, « maître au même niveau que Delors », vient de remettre son rapport [1]. À l’instar de toute une génération, Yves Attou participe avec enthousiasme : président de la Mife et du Garf de l’Essonne, vice-président de l’InterMife, vice-président du Carif Ile-de-France Ouest, président de la Mission locale d’Evry, secrétaire général du groupe d’étude parlementaire sur l’illettrisme, ...les dix années qui s’écoulent sont riches de mandats et s’achèvent sur un troisième cycle en gestion RH et développement territorial.

Comme souvent avec ceux qui n’ont pas commencé bardé de diplômes, Yves Attou paraît désormais insatiable et aborde les années 90 sous le signe de la « bête à concours » : major du concours d’inspecteur de la formation professionnelle, deuxième au concours d’attaché d’administration centrale, admissible à l’Éna, il tente tout ce qui lui paraît à sa portée avec le souci de cultiver sa dimension de généraliste : « Personne n’arrive à me mettre dans une case, c’est intentionnel mais ce n’est pas un calcul, j’ai toujours été rebelle au cloisonnement. » Et d’analyser : « Il y a là un continuum : j’ai cessé d’être prof de gym parce que les profs de gym étaient et se marginalisaient, le rapport Schwartz m’a intéressé parce qu’il préconisait le partenariat inter-institutionnel, le Comité mondial est une démarche décloisonnante, tout comme le Collectif des présidents qui vise à faire rentrer le maximum d’acteurs de la formation dans la démocratie sociale... »
Soit une vocation à abattre les frontières que le président de l’InterMife Gaston Paravy résume d’un mot : « Pragmatisme. » Rappelant aussi qu’il avait très vite compris qu’ « entre l’ANPE et l’Éducation nationale, il y avait quand même un large champ pour l’orientation des adultes qui n’était couvert par personne », le porte-drapeau de la guidance lui reconnaît sans hésiter une capacité à « tracer une voie nouvelle ».

Interrogé sur ses réseaux, Yves Attou se défend : « C’est un grand mot, réseau, je dirais plutôt contact... Disons que j’ai peut-être une capacité à mettre en mouvement les personnes ou les groupes. »
Et de conclure : « On pourrait simplifier en disant que j’ai vraiment voulu être acteur : il y a ceux plutôt portés sur les affaires, moi, je pourrais dire que je suis un ingénieur social, passionné de formation. »

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

1975
Maîtrise d’éducation physique

1993
Major du concours national d’inspecteur de la formation professionnelle

2013
Président du Collectif des présidents pour l’amélioration de la formation professionnelle

[1En 1982.

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