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Questions à Alain Gonzalez, président de la conférence des directeurs des services universitaires de formation continue

“La seconde chance, une vraie mission pour l’université”

La formation continue à l’université relève-t-elle d’une question
économique ?

Alain Gonzalez : C’est une mission des universités, et depuis
fort longtemps. Elle a été réaffirmée dans le
cadre de la nouvelle loi, en indiquant qu’il
s’agit de la formation professionnelle tout
au long de la vie. Ce n’est pas une recherche
de fonds, c’est une vraie mission, celle de la
seconde chance, consistant à différer pour
certaines personnes la formation initiale.

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Alain Gonzales (DR)

Votre offre reste peu connue...

Alain Gonzalez : Les diplômes sont de plus en plus ouverts
à des publics en reprise d’études : environ
80 000 inscrits pour des parcours de
diplômes nationaux, et l’équivalent pour
des diplômes d’université. La préparation
de nos diplômes en formation continue est
assez longue, ce qui explique des problèmes
de financement. Depuis quelques années,
les SFCU accompagnent les universités
vers des formations courtes, qualifiantes, à
destination des entreprises et des personnes
souhaitant valoriser leurs compétences
acquises par la VAE. Cette offre est une
activité assez nouvelle. Nous devons adapter
notre organisation, notre ingénierie. En nous
focalisant sur ce que nous savons faire.

Développer des partenariats avec les organismes de formation privés peut être une solution ?

Alain Gonzalez : En partenariat avec des organismes privés,
nous proposons déjà des formations
spécifiques et opérationnelles. Des
partenariats existent directement avec
des entreprises, voire des branches
professionnelles, pour mettre en place des
formations qualifiantes ou diplômantes
en relation soit avec un établissement
universitaire, soit avec un ensemble
d’établissements. C’est un champ d’activité
que nous devons continuer à développer.

Existe-t-il, au niveau de la Conférence des présidents d’université, une réflexion globale sur le développement de la FPC ?

Alain Gonzalez : L’apprentissage tout au long de la vie fait
partie des orientations stratégiques de la
plupart des universités. Il est clair qu’elles
doivent répondre aux besoins de qualification
des particuliers, construire de nouvelles
relations avec les entreprises, en s’appuyant
sur les stages, l’apprentissage, la formation
continue, l’insertion professionnelle, etc. La
formation continue est une véritable ambition
pour les universités.

Cette orientation impacte-t-elle vos réflexions sur la pédagogie ?

Alain Gonzalez : Elle va nécessiter des ingénieries plus
complexes, puisque, grâce à l’approche
par compétences, nous renforçons
l’individualisation des parcours. Celle-ci
permettra d’associer des dispositifs existants
faisant référence à la VAE, à l’alternance,
au coaching, au tutorat. Cet ensemble de
dispositifs va se compléter et permettre de
construire des parcours. Les lois de juillet
2013 et de mars 2014 nous obligent à
réfléchir dans cette logique de transversalité
et de parcours individualisés. Nous devons
songer à former l’ensemble de nos ingénieurs
pédagogiques à l’utilisation de ces dispositifs.
La loi sur la formation n’aura de sens que si
nous arrivons à permettre la reconnaissance
au sein des entreprises des compétences
acquises dans le cadre de nos formations.

Quel rôle les cours en ligne ouverts et massifs (“Mooc”) peuvent-ils jouer ?

Alain Gonzalez : Ils constituent un moyen supplémentaire dans
la boîte à outils de l’ingénieur de la formation.
Mais s’ils apparaissent assez séduisants,
ils nécessitent une ingénierie pédagogique
particulière, s’intégrant dans des dispositifs
complexes, avec du temps présentiel, du
coaching, du tutorat, de la VAE, ainsi que des
mises en situation. L’essentiel est de savoir
exploiter au mieux l’ensemble de cette boîte
à outils, afin de prendre en compte la gestion
du temps de l’individu (temps professionnel,
familial, de formation, etc.). Les cours en ligne
ouverts et massifs sont très importants en
formation continue, mais compliquent encore
l’ingénierie de la formation...

Propos recueillis par Knock Billy, Centre Inffo, 2014

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