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Une borne interactive pour « explorer les métiers »

Par Centre Inffo

Au centre de tous les espoirs pédagogiques dans les années 70, la vidéo n’a pas dit son dernier mot ! La preuve ? Depuis 2005, trois jeunes parcourent la France entière caméra à la main à la recherche de jeunes professionnels représentatifs en termes de parité, de diversité et de handicap.

Objectif ? Balayer vingt-six secteurs d’activité par des reportages de 2 minutes 30 à des fins d’orientation. Originalité ? Composé du témoignage d’un jeune dans son travail suivi d’une mise en perspective par l’employeur, chaque portrait métier est destiné à alimenter L’Explorateur de métiers, borne tactile interactive créée par Mjam (Mon job à moi) en partenariat avec la société Bornup. Explications.

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© Sylvain Ciuba

« À une époque où l’image devient le mode privilégié de communication, L’Explorateur de métiers est un outil ludique qui permet de toucher du doigt son avenir professionnel, de la cinquième à bac + 10 », nous commente Frédéric Lamprecht, journaliste de formation et cofondateur du concept. « Alors que l’orientation ne se pense qu’en fonction du niveau d’études, nous cherchons à susciter l’envie et à ouvrir l’horizon, nous voulons permettre au jeune de se poser la question de son avenir avant la fin de son parcours. » Fort d’un catalogue de 400 vidéos réalisées sans sponsors ni publicités, L’Explorateur de métiers revendique une ligne éditoriale forte qui ne vise pas à « vendre » mais à « présenter ».

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Mission locale de la Lyr

L’utilisateur peut faire sa recherche par liste alphabétique, centres d’intérêt ou mots-clés. Il peut compléter son information à partir d’onglets de documentation et accéder aux résumés des fiches métiers du CIDJ, intégrées aux vidéos dans le cadre d’un partenariat. À noter que si la majorité des bornes diffusent les mêmes contenus, des déclinaisons régionales en lien avec un bassin d’emploi demeurent possibles. Facile à prendre en main, la borne interactive peut être utilisée en solo mais prend tout son sens dans le cadre d’usages collectifs, supervisés ou non par un spécialiste de l’orientation. Pour l’équipe de Mjam, regarder une vidéo « crée un premier intérêt qui va permettre à la personne en recherche d’aller vers le conseiller, vers les ressources écrites et vers internet d’une façon ciblée et plus efficace ». Outil autonome, sans connexion internet, ni clavier, ni souris, la borne est transportable et peut rejoindre les lieux les plus divers, du centre d’orientation aux galeries commerciales ou halls de gare. Selon Frédéric Lamprecht, deux cents lieux (Missions locales, Cités des métiers, Maisons de l’emploi, Écoles de la deuxième chance, Points Information Jeunesse, collèges, mairies, salons, etc.) sont aujourd’hui équipés au bénéfice de quelque 700 000 jeunes par an. Défi pour les années à venir : « Travailler avec un grand nombre d’établissements scolaires et de collectivités locales. » Celles-ci pourraient être d’autant plus intéressées que, selon Frédéric Lamprecht, un certain nombre de sites pilotes expérimentent L’Explorateur de métiers dans le cadre du premier niveau d’accueil du service public de l’orientation (SPO).

Comment ça marche ?
Prévue pour être nomade, la borne interactive Explorateur de métiers est constituée d’un écran tactile reposant sur un socle stable pouvant à loisir être placé sur une table, un meuble comptoir ou accroché à un mur. Bien qu’il soit possible de connecter la borne à internet, ceci n’est pas nécessaire pour accéder à la base de données des vidéos métiers. La borne peut être utilisée en « attente active » à l’accueil, puis déplacée pour une utilisation collective, éventuellement reliée à un vidéoprojecteur. Intuitif, le dispositif est accessible en auto-documentation mais a surtout vocation à servir de « point de départ » à la médiation entre une personne en recherche et un professionnel de l’accompagnement. Tous les films sont réalisés par l’équipe Mjam à partir des mêmes principes : approche globale du secteur d’activité et de ses débouchés, consultation des acteurs de l’orientation et de la formation professionnelle, choix d’un professionnel représentatif et de son employé.

Parmi les utilisateurs comblés, Ammessaad Azoug, directrice de la Mission locale de la LYR [1], qui possède déjà trois bornes — une en libre consultation et deux en salle d’ateliers de recherche d’emploi — et s’apprête à en acquérir une quatrième. Équipée dans le cadre du plan de relance 2010, la Mission locale privilégie une utilisation dans le cadre de ses ateliers d’élaboration de projets professionnels, en appui à l’enquête métier que doivent réaliser les jeunes. « C’est un outil interactif d’aide à la décision qui permet au jeune d’être confronté à la réalité des métiers, à la fois posée par un conseiller de la Mission locale et par le duo jeune/professionnel des vidéos », explique Ammessaad Azoug. « Les vidéos sont suffisamment longues pour être informatives et suffisamment courtes pour qu’un jeune puisse consulter cinq à sept métiers dans le cadre d’un atelier, en passant de boulanger à ébéniste d’art ou pilote de ligne », poursuit-elle. Au-delà du bénéfice de pouvoir s’autoriser à visualiser toutes sortes de pistes, les jeunes plébiscitent selon elle la dimension concrète des reportages et le fait de pouvoir s’identifier à des témoins qui n’hésitent pas à exprimer les doutes et interrogations qu’ils ont eux-mêmes ressentis en matière d’orientation. Expérience ludique, L’Explorateur de métiers présente aussi les avantages d’une ergonomie bien pensée qui autorise une « multitude d’usages », estime la directrice de la Mission locale : « On peut aussi bien installer une borne en entretien individuel et regarder ensemble les films de façon à être en interaction avec le jeune et l’écran, que l’utiliser en collectif et ainsi créer de l’échange entre les jeunes. Cela dédramatise le fait d’aller consulter des ouvrages qui comportent soixante-deux pages pour un métier et, parce que c’est de l’oral, c’est accessible en termes de niveaux », apprécie-t-elle. Et de conclure en riant : « Quand on a besoin qu’ils se concentrent un peu, on leur met un casque et ils sont en connexion avec la borne et le métier ! »

L’Explorateur de métiers est commercialisé à la location à partir de 99 € par mois ou à la vente au prix de 2990 €.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

Questions à... Frédéric Lamprecht, cofondateur de L’explorateur de métiers

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Frédéric Lamprecht (DR)

Quand et pourquoi avez-vous créé L’Explorateur de métiers ?
Faire découvrir 400 métiers en vidéo pour donner des idées d’orientation, c’est ce que, depuis 2005, nous avons entrepris de réaliser. Au sortir de mes études, après un bac scientifique, puis une fac d’arts du spectacle, s’est posée la question de mon devenir professionnel. Sans réel bagage professionnel, je me suis retrouvé un matin d’automne enfoncé dans le maquis des fiches métiers à chercher mon orientation dans une Mission locale du Val-de-Marne. Après une formation aux métiers de la communication et de la presse, et des collaborations à la télévision, nous nous sommes dit, avec deux amis, Caroline Lhéritier, chargée de production, et Martin Abitbol, réalisateur, que nous pourrions réaliser des portraits de métiers qui faciliteraient l’orientation des jeunes. Devant le même constat quant à la difficulté de s’orienter et de trouver sereinement son avenir, nous avons conçu L’Explorateur de métiers comme l’outil pédagogique d’aide à l’orientation que nous aurions souhaité utiliser.

Comment positionnez-vous L’Explorateur de métiers parmi les autres sources vidéo métier [2] ?
L’Explorateur de métiers est complémentaire des autres logiciels et reportages pédagogiques d’aide à l’orientation. Pour notre part, nous avons fait le choix d’un produit off-line, ce qui ne nécessite aucune connexion internet, ni clavier, ni souris. La mobilité de cette borne interactive permet également de la déplacer sans problème pour animer ici et là des ateliers découverte de métiers, des forums emploi, etc. À la différence d’un ordinateur, L’Explorateur de métiers est un outil indépendant et autonome qui "ne fait que ça", ce qui plaît à nos clients équipés. En revanche, L’Explorateur de métiers fait le lien vers un professionnel de l’orientation qui va pouvoir travailler à partir des envies générées pour mettre en place par exemple une formation diplômante ou qualifiante.
D’un point de vue éditorial, nous sommes les seuls en France à avoir produit un catalogue homogène de quatre cents vidéos métiers d’une même durée de temps [3] sans sponsors ni fonds privés, ce qui nous garantit une totale indépendance et nous permet de montrer la réalité d’un métier sans «  le vendre ». Nous avons souhaité informer sur les métiers et non communiquer.

Quel est le process de mise à jour des bornes ?
Nos clients ont le choix de compléter chaque année leur explorateur de métiers d’une nouvelle collection de trente films et la mise à jour de l’ensemble des fiches métiers. Les collections sont envoyées par clef USB.

Propos recueillis par N. D.

[1] Pantin, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais.

[2] Lesmetiers.net, clips métiers de l’Onisep, vidéos du CIDJ, webTV Pôle emploi, Métiers d’enVIE, ...

[3] 2 minutes 30 par reportage.

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