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Thomas Richard, de Paris web à la soupe nantaise

Par Centre Inffo

Après une première expérience réussie dans le secteur de la communication web, Thomas Richard décide de quitter Paris et de dire adieu au clavier. Place à la batterie de cuisine et bienvenue au P’tit bouillon...

« Chef de projet internet dans une agence de pub, un jour il décide que la communication, c’est terminé. Lui, il est sauvage, il l’a toujours été, alors halte aux coups de fil par milliers, aux clients survoltés et aux équipes surbookées, c’est dans une cuisine qu’il décide de s’installer. » Voilà pour l’autoportrait, qui vous accueille sur le site web du P’tit Bouillon, bar à soupes nantais créé par un couple de Parisiens reconvertis dans le potage version "concept store" : des plats sains qui allient tradition et modernité avec des recettes qui s’affranchissent du pan, pan, pan poireaux, pomm’ de terre de Maurice Chevalier. Les ficelles du story-telling voudraient que l’on enchaîne en évoquant la cuisine de grand-mère mais non, Thomas Richard, 37 ans, n’est pas tombé dedans...

Un spécialiste du marketing sur internet...

Avant de se décider à nourrir une clientèle  urbaine et branchée,  écolo-sensitive,  pressée mais gourmette, il hésitait vaguement entre bibliothécaire et journaliste. Et optera finalement pour un métier d’avenir : webmaster. Atypique ? Pas vraiment, plutôt le parcours classique d’un jeune homme davantage versé dans les sciences humaines et sociales par goût de la matière que du métier. D’abord étudiant en histoire, il se décourage quand il découvre que la moitié de ses camarades veut devenir professeur, l’autre moitié journaliste. La poursuite en maîtrise dans la filière documentation lui laisse un souvenir de « choix par défaut ». Pas grave, nous sommes en 1999, America On Line et autres Compuserve aident internet à décoller. L’un des premiers à trouver de tout sur la Toile, il y déniche son métier. Le voici en formation chez Cyberlog. Si la raison sociale de l’organisme défie l’imagination, la réalité du travail est beaucoup plus terre-à-terre. La technique et le marketing y sont des compétences indispensables, elles lui manquent, il se décrète illégitime. Mais n’en perd pas pour autant l’appétit et retrouve sa compagne dans l’un de ces restaurants thématiques qui commencent à fleurir : « Vous prendrez bien une soupe ? »

... devenu vendeur de soupes

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Thomas Richard (DR)

Enthousiastes, ils décident bientôt d’y ajouter le fonds de commerce. Lui, négocie son licenciement, elle, se met en congé sabbatique de son poste d’assistante en ressources humaines. Objectif : quitter Paris et se lancer de concert dans l’aventure du bar à soupes. Le compte personnel de formation n’existe pas encore, le DIF n’est pas encore portable et le CIF inaccessible. Aucun problème, le concept est plutôt orienté sur le bon p’tit plat maison que sur le 3 étoiles, un stage de trois semaines en cuisine fera l’affaire. Ayant jeté leur dévolu sur Nantes, les voici prêts à se lancer. Sans trop savoir par quoi commencer, ils franchissent les portes d’une agence immobilière qui dispose de l’emplacement rêvé et de quelques banques en portefeuille. Les quatre premières disent non, la cinquième oui, le P’tit Bouillon peut ouvrir. Inaugurée à grands renforts de famille et d’amis, l’enseigne doit maintenant trouver sa clientèle. Se lancer en pleines vacances de février se révèle un choix hasardeux avec une fréquentation en berne. Si une clientèle d’habitués se développe rapidement le midi, le service du soir, essentiel à la survie économique, peine, lui, à démarrer. La première année n’a pas été facile : « Nous avons tenu grâce à l’ACCRE [1] », se souvient-il.

Mis à part les soucis financiers, aucun regret, cependant, quant au changement de vie. Bref, la soupe est bonne, à condition toutefois que Madame délaisse le service. « Derrière un comptoir, ça doit être bien plus marrant », s’était-elle dit. Pas faux, mais moyen pour la soupe à l’oseille : avec quatre enfants au compteur, il a bien fallu se résoudre à quitter l’affaire familiale. Ouf, les poucets ne finiront pas dans le bouillon !

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

Dates clés

1999 - Maîtrise en sciences de l’information et de la documentation

2000 - Diplôme de webmaster (alternance)

2005 - Stage de cuisinier dans un bar à soupes (autofinancé)

2006 - Ouverture du P’tit Bouillon, bar à soupes

[1] Aide à la création ou à la reprise d’entreprise.

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