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Tchat avec Elodie Rolland, ingénieure maîtrise des risques industriels

Par Onisep

Vous avez manqué le tchat organisé à l’occasion de la Semaine de l’industrie (7-13 avril 2014) ? Elodie Rolland, ingénieure en maîtrise des risques industriels, a répondu en direct à toutes vos questions mercredi 9 avril. Depuis 2 ans, elle travaille à DCNS au sein d’un programme international de transfert de technologie sous-marins. Séance de rattrapage complète avec l’intégralité des échanges.

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© Elodie Rolland

Modérateur : Bienvenue sur ce tchat. Nous accueillons aujourd’hui Elodie Rolland, ingénieure en maîtrise des risques industriels. Vous pouvez lui poser des questions sur son métier, son travail, son parcours, etc. Bon tchat !

Elodie Rolland : Bonjour à tous, j’attends vos questions et j’essaierai d’y répondre au mieux !

Tom34 : En quoi consiste votre métier ?

Elodie Rolland : Je travaille à DCNS (spécialiste industriel de la construction navale pour la Défense, et les énergies renouvelables liées à la mer). Je travaille sur un programme de sous-marins à l’international avec le Brésil. Je m’occupe de la partie contrôle export. Comme il s’agit de matériel de guerre et qu’il est interdit de vendre du matériel de guerre, tout se fait par dérogation ou autorisation de l’Etat de transfert de matériel. C’est dans cette partie que j’interviens.

Hibou : Quel est votre rôle en particulier à DCNS ?

Elodie Rolland : Mon rôle est de faire en sorte que les transferts se passent bien, en toute rigueur, pour que notre client reçoive du matériel correct, c’est-à-dire conforme à l’engagement du contrat, tout en préservant la propriété intellectuelle de notre entreprise, car c’est un transfert de technologie.

Touch : Comment avez-vous été amenée à travailler à la DCNS ?

Elodie Rolland : A la sortie d’école, je n’ai pas été embauchée directement. Comme je voulais m’immerger immédiatement dans le monde de l’entreprise, j’ai postulé à une mission d’intérim et j’ai eu la chance de pouvoir entrer dans ce programme de sous-marins, d’abord en intérim pour un mois. A la fin de cet intérim, on m’a proposé un CDD d’un an, à la suite duquel on m’a embauchée en CDI. Je conseille, à la lumière de mon expérience, de sauter sur les occasions qui se présentent, pour acquérir une expérience en entreprise (intérim, CDD, stage...), et ce, sans attendre.

Ludovic Salmeron : Salut, pourriez-vous me dire quel parcours vous avez suivi.

Camille : Quel a été votre parcours ? Est-ce que vous avez fait un bas S ?

Elodie Rolland : J’ai choisi la filière scientifique au lycée. C’était la filière qui correspondait le mieux à mes attentes, car elle permettait de conserver un périmètre très large. Par la suite, j’ai continué dans cette voie en suivant des classes préparatoires, également pour une question de challenge personnel. C’est une période de forte remise en question, mais on en sort fier quand on réussit un concours et qu’on décroche l’école qu’on souhaite.

Ensuite, j’ai intégré l’École nationale supérieure d’ingénieurs de Bourges, spécialisée en maîtrise des risques industriels. Cette école fait aujourd’hui partie de l’INSA Val-de-Loire. La première année, le périmètre était encore très large et « scolaire » (maths, physique, etc.) pour engranger le plus possible de matières scientifiques. Ensuite, en deuxième année, j’ai choisi la spécialité mécanique énergétique. En dernière année, j’ai choisi les risques environnementaux.

Jérôme : Avez-vous fait des stages ?

Elodie Rolland : Oui. J’en ai fait trois. La 1re année, un stage d’un mois, sur l’étude des aléas sismiques sur une infrastructure (calcul de résistance, modélisation d’un impact sismique sur une construction, etc.). Il y a eu ensuite tout l’aspect normes, qui est très important dans le milieu ingénieur et particulièrement en maîtrise des risques, car ça évolue énormément, et si on ne respecte pas les normes, on risque l’obsolescence et on perd en compétitivité. De plus en plus, les normes européennes s’imposent et complètent les normes françaises (NF).

J’ai fait mon deuxième stage dans la sûreté de fonctionnement et la maîtrise des risques systèmes. Et le 3è stage, « stage ingénieur », dans le domaine de la sécurité et de l’environnement. Là, j’étais sur plusieurs sites où je gérais la partie sécurité et environnement pour la maintenance des locaux (équipements de protection, risque chimique...).

Théo_Gouriou : Vos stages vous ont-ils été bénéfiques ?

Elodie Rolland : Énormément ! Dans un premier temps, pour prendre réellement conscience du terrain, de ce qu’est concrètement le métier d’ingénieur. Et après, pour pouvoir faire mon choix, décider ce qui me plaisait le plus.

Kilianne Zantarn : Le fait d’être une femme a-t-il constitué un frein dans votre accession ?

Femmes et sciences 53 : Pensez-vous qu’être une femme ingénieure a facilité votre embauche à DCNS, à CV équivalent avec un ingénieur ?

Elodie Rolland : Concrètement, pour DCNS, ça n’a pas été un frein du tout, car la politique de DCNS est d’ouvrir le monde de l’industrie aux femmes. En revanche, il m’est arrivé, pour des stages, de me sentir désavantagée, notamment dans une situation où un collègue masculin, à compétences égales, m’a été préféré.

Loic : Est-ce que vous vous déplacez dans votre métier ?

Elodie Rolland : Oui. DCNS a plusieurs sites en France, et je me déplace particulièrement sur Cherbourg et Toulon, car dans un programme d’une telle envergure, on ne peut pas aider réellement si on ne se rend pas sur les sites pour voir comment ils fonctionnent.

Laurent Zylouv : Bonjour, j’aimerais beaucoup intégrer la DCNS mais j’habite dans « le fin fond » de la Bretagne. Est-ce un obstacle ?

Elodie Rolland : Je ne pense pas, au contraire ! En effet nous avons des sites sur Brest, Lorient, et au-delà, près de Nantes, et aussi à Cherbourg que je viens de citer. Maintenant, tout dépend de ce que vous souhaitez. On attend de nous que nous soyons mobiles, quitte à être muté là où on a besoin de nous.

GRUGE : Votre métier s’intéresse-t-il aux problématiques liées à l’environnement ?

Elodie Rolland : Non. Les risques environnementaux, que j’ai pratiqués en stage, sont un métier à part entière, et ce n’est pas celui que j’exerce actuellement.

Magalie : Existe-t-il des petites entreprises ou travaille-t-on forcément dans des grands groupes lorsqu’on a votre profil ?

Elodie Rolland : Avec la formation que j’ai, on peut travailler quasiment partout, car il y a des risques partout. Après, cela dépend des spécialités que l’on a.

Florian : Bonjour, ça recouvre quoi en fait les risques industriels ?

Elodie Rolland : Ce sont des risques liés à la sécurité des personnes, la sécurité de l’environnement, et toutes sortes d’autres risques (explosion, nucléaire, informatique, gestion de projet...). Selon les domaines, les problématiques seront différentes.

Notre école nous donne des outils de maîtrise des risques, outils et méthodologies qu’on peut ensuite appliquer à différentes situations.

Charlotte : Peux-tu nous décrire une journée type ?

Elodie Rolland : Il n’y a pas de journée type ! Concrètement, je peux me retrouver à passer une journée uniquement au bureau, à traiter des dossiers. Je peux aussi me retrouver à enchaîner les réunions. Je peux aussi partir en mission sur les sites. C’est un peu ça, le métier d’ingénieur : gérer un planning en fonction des priorités qui se présentent.

Thibaut-Greci : Vous êtes déjà monté dans un sous-marin ?

Marina : Tu es déjà allé dans un sous-marin ?

Elodie Rolland : Oui : dans le sous-marin de la Cité de la Mer de Cherbourg, qui est ouvert au public ! Plus sérieusement, j’ai eu la chance de rentrer sur un chantier de construction de sous-marin, ce que je n’ai pu faire qu’en travaillant à DCNS.

Arno : Avec quels autres métiers travaillez-vous dans l’entreprise : techniciens, juridiques ou administratifs ?

Elodie Rolland : Étant dans la partie direction de programmes, j’ai une fonction transverse, ce qui m’amène à travailler avec des collaborateurs de profils très différents : techniciens sur les sites, plus rarement des juristes, plus souvent des managers de contrats, des acheteurs...

Audrey : Salut, tu as passé des concours pour entrer en école d’ingénieur ? Si oui, c’était compliqué ?

Elodie Rolland : Je ne dirai pas que c’était facile ! Les classes préparatoires sont des années très intenses. Maintenant, elles nous apportent énormément. D’abord, l’endurance au travail. Ensuite, savoir synthétiser ses idées pour arriver rapidement à l’essentiel. Et, surtout, gérer le stress des concours.

Toto : Quelles formations conduisent à votre métier ?

Bastien : Bonjour Elodie, vous avez fait une prépa et une école d’ingénieurs. Quelle école ? Et est-ce que c’est la seule voie pour faire votre métier ?

Elodie Rolland : L’école que j’ai faite a été la première à délivrer un diplôme de maîtrise de risques en tant que tel. Maintenant, les risques ont toujours existé, donc ce n’est pas le seul cursus qui permette de se préparer à un tel poste. Pour autant, je ne saurais pas vous conseiller précisément tel ou tel cursus (fac, BTS...).

Nafissa : Bonjour, quelles étaient tes matières préférées à l’école ? Tu étais bonne en maths ?

Elodie Rolland : Mes matières préférées étaient, au risque de vous surprendre, les langues (français inclus), l’histoire, les SVT... plutôt que les maths et la physique. Pour autant, mon niveau en maths était bon.

Ousmane MMMM : Les études en école d’ingénieurs ont-elles été compliquées ? Aviez-vous encore du temps libre ?

Elodie Rolland : Je ne dirais pas compliquées, mais intéressantes. Forcément, ça prenait du temps. Il faut travailler ! Maintenant, c’est surtout en prépa que j’avais très peu de temps libre.

Audrey : Oui mais les concours d’entrée, c’est compliqué ou pas ?

Elodie Rolland : C’est un concours, donc par définition seuls les meilleurs sont retenus. Il faut donc travailler dur et régulièrement pendant deux ans, pour des concours qui durent seulement deux semaines. Il ne faut pas compter ses heures, soirs et week-ends !

Franck : Quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans ce domaine ? Le profil idéal ?

Elodie Rolland : Il faut avant tout être passionné, savoir se remettre en question, prendre du recul, pour avoir une vision d’ensemble et éviter ainsi de passer à côté de certains risques. Il faut aussi être très rigoureux et connaître certains outils pour gérer sereinement les situations potentiellement problématiques.

Laurène : Est-ce que vous avez besoin de parler plusieurs langues ?

Karelle : Bonjour Elodie, vous parlez anglais ou une autre langue dans votre métier ?

Elodie Rolland : Dans mon métier, vu que c’est un programme international, il y a de la documentation en anglais, donc une bonne pratique de l’anglais est primordiale. Comme le programme implique le Brésil, je suis en train de prendre des cours de portugais.

Jérémy : Votre métier vous oblige de temps en temps à travailler chez vous ?

Elodie Rolland : Ça pourrait être le cas, car il y a suffisamment de choses à faire pour en avoir même le week-end, mais je préfère rester plus tard au travail dans la semaine plutôt que d’impacter mes week-ends, d’autant plus que je suis au début de mon cursus professionnel, alors mieux vaut prendre des bonnes habitudes dans la gestion de la vie professionnelle et privée.

Asimov : Les difficultés rencontrées dans votre métier sont-elles stressantes ou motivantes ?

Elodie Rolland : Elles sont motivantes quand elles sont ponctuelles et nouvelles. Elles deviennent stressantes quand elles durent dans le temps ou sont récurrentes. C’est sur ces derniers cas qu’il faut travailler encore plus.

Hibou : Est-ce que vous êtes beaucoup de femmes dans votre service ?

Elodie Rolland : Oui. Nous sommes 4, dont 3 femmes, et la chef de service est une femme.

Fred : Y a-t-il des débouchés dans le risque industriel ?

Elodie Rolland : Oui, oui et encore oui ! Comme évoqué tout à l’heure, c’est un domaine extrêmement vaste et très, très important, d’autant plus qu’il a aussi un impact financier, auquel les entreprises sont forcément sensibles.

Adrien D : Bonjour, Concernant le financement de vos études, avez-vous eu des difficultés ? Les études sont-elles chères ? Comment vous y êtes-vous prise ? Avez-vous eu besoin d’aides ?

Elodie Rolland : Pour ce qui me concerne, mon école d’ingénieurs avait des frais de scolarité très raisonnables (750 euros/an, de mémoire). Et la prépa se fait dans le cadre d’un lycée. Mais il existe d’autres écoles, qui peuvent demander des frais de scolarité beaucoup plus élevés. A noter aussi qu’on a rarement la chance d’être pris dans une école proche de l’endroit d’où on vient.

Modérateur : Nous prenons la dernière question...

Jolan : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? Le moins ?

Elodie Rolland : Commençons par le moins... C’est que la plupart du temps, étant dans une situation « transverse », il faut faire preuve de beaucoup de diplomatie et de persévérance pour fédérer les différents interlocuteurs. Le plus : la diversité des sujets à traiter, les challenges... Le sous-marin, c’est l’une des créations humaines les plus sophistiquées qui soient (un million de composants différents !). J’ajouterai aussi le travail en équipe.

Modérateur : Le tchat se termine. Elodie, le mot de la fin...

Elodie Rolland : J’ai été très heureuse de partager ce moment avec vous. J’espère vous avoir apporté les éclaircissements que vous souhaitiez, et vous souhaite le meilleur pour la suite de votre parcours. Tout se passera bien si vous allez au bout de vos envies !

Modérateur : Nous vous remercions de votre participation. Merci aussi à Elodie de ses réponses.

Les publications de l’Onisep

Les métiers de l’électronique, collection Parcours

Parution : octobre 2011

Les métiers de l’informatique, collection Parcours

Parution : juin 2011

Après le bac S, collection Infosup

Parution : novembre 2012

Les métiers de l’énergie, collection Parcours

Parution : mai 2010

Les métiers des industries de carrières et matériaux de construction, collection Zoom

Parution : Janvier 2012

par Onisep, 2014

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