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“L’information sur la formation fait défaut à nombre de chefs d’entreprise”

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Christophe Praud
(DR)

À la tête du Centre des jeunes dirigeants (CJD) depuis 2012, Christophe Praud [1] dresse un bilan à mi-mandat. Il indique comment il souhaiterait voir aboutir les lois annoncées sur la formation professionnelle et sur l’apprentissage.

Quel regard portez-vous sur la formation professionnelle ?

Christophe Praud - En France, le constat est simple : les créations d’emploi et l’employabilité sont faites par les PME et les TPE. Pourtant, le taux d’accès à la formation dans les petites entreprises est le plus faible. C’est un premier paradoxe.
De plus, le référentiel est toujours conçu par rapport aux grandes entreprises, c’est toujours le fonctionnement d’un grand groupe qui est pris en compte. Quant à l’information sur la formation professionnelle, elle fait défaut à nombre de chefs d’entreprise. Ils sont déjà bien occupés quotidiennement et peuvent être avertis par leur expert-comptable des
différentes modalités existantes, lorsqu’ils décident de former un salarié. Puis ils entrent dans les méandres de la prise en charge de la formation professionnelle...

Quels dispositifs souhaiteriez-vous voir améliorés ou modifiés ?

Christophe Praud - Je souhaite que parmi les Opca existants, des personnes compétentes puissent aider et accompagner les entreprises de moins de 20 salariés et les TPE. Il faut que les petites entreprises qui cotisent puissent avoir tous ces éléments, car la complexité administrative, alliée au manque de communication, pose vraiment problème ! En complément, un travail de pédagogie et de simplification serait très efficace par la voie d’internet, sur le modèle du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi). Après avoir entré des éléments tels que la taille de son entreprise et son chiffre d’affaires, et la formation envisagée, le chef d’entreprise pourrait avoir une simulation concrète sur les possibilités de prise en charge. Je ne dédouane pas pour autant les entreprises qui considèrent le chapitre de la formation professionnelle comme une contrainte. Il nous faut les former, les éduquer pour leur faire prendre conscience des enjeux majeurs que représente la gestion des compétences qui passe par la formation de ses collaborateurs. Je souhaite également que l’on réfléchisse à l’utilisation des fonds de la formation. Quelle est sa réalité aujourd’hui ? Quels sont les besoins réels ? Qui bénéficie de ces fonds et comment ?

Que pensez-vous des annonces faites par le gouvernement sur la formation de 30 000 puis 100 000 demandeurs d’emploi pour des postes non pourvus ?

Christophe Praud - Aujourd’hui, les statistiques indiquent qu’il faut neuf mois à un demandeur d’emploi pour accéder à sa première formation. C’est évidemment trop long. Il faudrait mettre beaucoup d’énergie dans des temps restreints pour les accompagner. Mais il faut aussi se poser la question : que met-on exactement aujourd’hui dans ces formations ? Il ne faut pas les faire pour remplir une obligation, il ne faut pas des formations de complaisance. Je pense aussi qu’il est nécessaire d’affecter des fonds pour former les personnes éloignées de l’emploi, mais dans les discussions à venir, il ne faudra pas non plus oublier les PME et les TPE avec leurs particularités.

Que préconisez-vous pour la future réforme de l’apprentissage ?

Christophe Praud - Comme d’autres, j’ai été choqué par l’annonce faite en juillet sur la suppression de l’indemnité compensatrice de formation, même si le gouvernement a depuis rectifié sa position en proposant une aide pour les entreprises de moins de 10 salariés. J’ai l’impression que l’on avance parfois en zig-zag et que de telles décisions risquent de faire baisser le nombre d’apprentis. Or, je pense que l’apprentissage fonctionne en France. C’est un dispositif qui est bien intégré dans le paysage, même s’il y a trop d’acteurs, que c’est compliqué. Une réforme devrait simplifier les choses.
Il existe deux types d’entreprises : celles qui ont intégré les apprentis dans leur système de fonctionnement et les remplacent au fur et à mesure. Cela peut sembler un effet pervers, un effet d’aubaine. Mais ces entreprises jouent leur rôle social, forment ces jeunes, même si elles ne les gardent pas. Et heureusement, il existe aussi les entreprises qui ont une culture de l’apprentissage, forment et gardent les jeunes. Ces deux systèmes cohabitent, ils permettent de former des apprentis. Le CJD est pour une institutionnalisation de l’apprentissage, jusqu’à bac + 5, dans une perspective d’emploi.

Propos recueillis par Claire Padych, Centre Inffo, 2013

[1Christophe Praud a créé en 2006 Maven, cabinet d’aide à la décision commerciale. Il a décidé en 2010 de développer le concept avec d’autres entrepreneurs, rassemblés autour de la marque Maven

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