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Simplon.co : permis de coder

Par Centre Inffo

Former gratuitement et en six mois des publics éloignés de la formation et de l’emploi au codage, telle est l’ambition première de Simplon.co, entreprise d’un nouveau genre qui a su briser les codes du secteur pour créer une « fabrique sociale de codeurs et de professionnels dédiés aux métiers du numérique ».

« Le numérique est un moyen d’insertion et de solidarité »

Rien de clinquant au 55, rue de Vincennes à Montreuil (93). Et pourtant, passée la lourde porte de l’ancien bâtiment industriel, se dévoile l’adresse du navire amiral d’une initiative à l’ascension fulgurante. Grand prix de l’innovation de la Ville de Paris, entreprise agréée sociale et solidaire labellisée French Tech, "Grande École du Numérique", lauréate du programme présidentiel La France s’engage..., Simplon.co a beau avoir été créée en 2013 en dehors des sentiers battus, elle n’a pas tardé à cumuler les marques de reconnaissance. Cofondateur, Erwan Kezzar a déjà conté l’histoire de la création à maintes reprises : un entrepreneur phare de l’économie sociale et solidaire enseignant au Celsa, Frédéric Bardeau, et deux anciens étudiants, lui-même et Andrei Vladescu-Olt, qui s’associent autour d’un projet de formation accélérée de codeurs ciblant des publics qui se heurtent à des difficultés économiques, sociales et/ou académiques. Autodidactes en matière technique et alors créateurs d’une agence de communication web, Erwan et Andrei en sont convaincus : s’ils ont réussi, d’autres peuvent le faire ; le numérique est source d’emplois et il l’est pour tous. « Nous l’avons fait, pourquoi pas eux ? » Trois ans plus tard, le 55, rue de Vincennes n’est plus l’unique site mais le siège d’un objet inédit érigé en modèle d’inclusion. Sorte de franchise sociale, Simplon essaime partout en France et à l’étranger : associations, organismes de formation publics ou privés, écoles d’ingénieurs..., tout type d’organisme peut aujourd’hui porter un projet Simplon.

Le numérique pour tous

Protéiforme, Simplon se décline au gré des besoins : Simplon.co pour la formation professionnelle initiale et continue, Simplonline pour la formation à distance, Simplon.Prod pour les développements commerciaux, Simplon.kids pour la sensibilisation et l’initiation des jeunes, la Fondation Simplon pour les partenariats et la recherche de fonds..., toute cette diversité finit par se rejoindre dans l’objectif initial d’inclusion sociale et économique par le numérique. À Montreuil, l’agilité se lit dans la modularité du plateau central qui réunit élèves, services administratifs et pédagogiques : ici, tout est monté sur roulettes, y compris les cloisons. Sur l’une d’entre elles, un mur de post-it affiche les réalisations passées et à venir. Quelque 500 personnes ont déjà été formées en trois ans, 500 le seront tous les six mois désormais. Le cœur de l’offre ? Des formations gratuites et intensives de six mois à destination des décrocheurs, des demandeurs d’emploi, des allocataires de minima sociaux et des femmes. Le profil réel du « simplonien » ? Plus de 80 % de demandeurs d’emploi, 58 % de niveau inférieur au bac, 42 % de jeunes mais aussi 7 % de plus de 45 ans et près de 40 % de femmes, ce qui n’est pas rien pour le métier de codeur où elles sont seulement 5 %, selon Erwan Kezzar. Les résultats ? Seulement 4 % de décrocheurs et près de 80 % de sorties positives à trois mois post-formation.

Un exemple de programme innovant : RefuGeek

Avec une première promotion de quinze réfugiés qui vient de s’achever, Simplon a montré qu’il était possible de former des personnes en grande difficulté au métier de développeur web et mobile, y compris lorsqu’elles n’étaient pas francophones. Bien sûr, l’obstacle linguistique devra être franchi pour accéder plus facilement à l’emploi, relève Perrine Guinel, formatrice en charge du programme. Sensible à la dimension hybride d’un modèle qui mixte entreprise, formation et ESS, elle apprécie également la place donnée aux pédagogies actives et collaboratives. Lesquelles s’expriment dès le « sourcing » des candidats, rappelle Erwan Kezzar : « Nous ne nous appuyons pas sur leurs savoirs techniques mais sur leur motivation, leur capacité à apprendre et à agir. » Et d’expliquer : « Nous le mesurons en les dirigeant vers des sites d’autoformation pour vérifier leur capacité à progresser pas à pas en autodidacte. » Autre particularité, les simploniens sont dès le début appelés à s’entraider et à endosser le rôle de formateurs, auprès de jeunes solaires, mais aussi auprès d’élèves de grandes écoles ou de comités exécutifs d’entreprise.

En plein développement, Simplon s’appuie sur cinq piliers pour conserver son modèle basé sur la gratuité : les prestations et les partenariats, l’essaimage, la Fondation Simplon, les financements publics et les fonds de la formation professionnelle.

Pourquoi Simplon.co ?

Simplon. Col des Alpes suisses reliant le Valais au Piémont à la faveur d’une route édifiée par Napoléon en 1807, plus connue des Parisiens comme station de métro et rue du XVIIIème arrondissement. Et des fondateurs de Simplon.co comme de leur ancienne adresse. Plus qu’un clin d’œil à leur histoire personnelle, la dénomination rappelle l’ancrage social du projet. Lequel, en référence décalée à la Silicon Valley, s’est d’ailleurs d’abord appelé Silicon Simplon, « pour montrer que le numérique n’était pas seulement synonyme de start-up valorisées en bourse au bout de trois ans... », rapporte Erwan Kezzar, cofondateur. Reste le ".co", nom de domaine inhabituel qui aide à démarquer le projet, autant qu’il vise à souligner les valeurs de solidarité, de coopération et de collaboration qui sous-tendent l’aventure Simplon.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

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