Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > Séverine Jean, carreleur "Meilleur Ouvrier de France"

Séverine Jean, carreleur "Meilleur Ouvrier de France"

Par Centre Inffo

Surnommée Poulidor en raison de ses nombreuses deuxièmes places durant sa carrière de sportive amateur, Séverine Jean n’a pas tardé à monter sur la première marche dans sa vie professionnelle. Au prix d’un travail acharné.

Vice-championne de France de motocross, adepte de "short-track", de "speedway" et de "tricross" (autant de disciplines annexes riches en adrénaline), dix ans d’expérience en casse automobile — « et pas comme comptable ! » —, Séverine Jean n’est pas du genre à faire dans la dentelle. _ Encore que, observez la photo. Vous y verrez la démonstration d’une capacité certaine à travailler dans la finesse. Pas vraiment une surprise puisque si rendez-vous avait été pris, c’était bien pour évoquer le parcours de « la » Meilleur(e) Ouvrier(ère) de France, catégorie carreleur. La première depuis la création du titre en 1924.

Ce que la photo révèle aussi, c’est l’implication dans le travail et la joie, palpable, de se retrouver dans les positions les plus inconfortables. « Quand c’est trop facile, ça ne m’attire pas. » Levée à l’aurore, à l’œuvre six jours sur sept quand ce n’est pas sur sept, elle s’explique avec la fougue du passionné : « quand c’est trop facile, ça ne m’attire pas.. » Dotée d’une capacité de travail hors norme, elle rit encore à l’évocation du souvenir de sa formation de reconversion : « de 9h à 16h du lundi au vendredi, j’en suis tombée des nues ! »
Pas vraiment du genre à se laisser séduire par des adages du type
« Fais ce que tu aimes et tu ne travailleras jamais. », tout son parcours renvoie à quelque chose de plus terrien, tendance le bonheur de travailler dur à une noble tâche...

« Défoncer les portes »

À la modernité, Séverine Jean concède toutefois un goût immodéré pour la compétition. Se souvenant du cérémonial de présentation au concours, elle en sourit encore : Monsieur X., 30 ans d’expérience, quatrième participation..., Monsieur Y., 23 ans d’expérience, troisième participation..., Madame Jean, deux ans et demi d’expérience, première participation.... Autant dire qu’à ce stade de l’épreuve, elle-même n’en menait pas large.

Où a-t-elle trouvé l’énergie de travailler tous les soirs à son œuvre pour combler l’écart ? Peut-être un peu dans la condescendance qui s’exprimait alors quand on la félicitait d’être venue faire « acte de présence ».

Habituée depuis son plus jeune âge à se confronter aux hommes, Séverine Jean s’est forgée sa propre philosophie : « Les portes, il ne faut pas les ouvrir, il faut les défoncer ! » On en avait eu l’intuition avec sa carte, signée Jean Séverine. Plus qu’une désuète inversion, elle confirme en riant qu’il s’agit bien d’un petit tour de passe-passe destiné à montrer patte blanche dans un univers masculin.

Retrouvez Séverine Jean Carreleur sur Facebook

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement