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Sanitaire et social : quels débouchés pour quels profils ?

Par Centre Inffo

Plus d’une dizaine de formations conventionnées au métier d’auxiliaire de vie sociale (AVS), une quinzaine pour celui d’aide-soignant (AS) et près de soixante-dix pour celui d’aide médico-psychologique (AMP), il n’est que de consulter la base de référencement de l’offre de formation en Île-de-France pour comprendre ce qui a conduit le Conseil régional à commander au Carif-Oref francilien un “diagnostic régional sur l’emploi et la formation” du secteur.

“En Île-de-France, souligne l’étude, entre 2010 et 2030, le nombre de personnes âgées de 85 ans ou plus devrait progresser de 93 %, alors que l’ensemble de la population francilienne n’augmenterait que de 8 %.
À cela s’ajoutent les effets de la démographie des professionnels du secteur sanitaire et social dont les départs massifs à la retraite s’annoncent problématiques.”

Dans ces conditions, les métiers afférents sont-ils à considérer comme “en tension” ? Les compétences mobilisées sont-elles transférables  ? L’appareil de formation est-il correctement dimensionné ? Autant de questions sur lesquelles s’est penchée Béatrice Pardini, rédactrice du diagnostic réalisé par Défi Métiers.

Promouvoir les métiers de la gériatrie

Avec 50 000 aides-soignants, 6 000 aides médico-psychologiques et environ 10 000 auxiliaires de vie sociale, le secteur a été, et demeure, un important gisement d’emplois, en croissance de 5 à 10 % par an. Pour autant et notamment en raison du soutien apporté par les principaux financeurs de la formation professionnelle (État, Conseil régional, Pôle emploi et employeurs), les véritables difficultés de recrutement ont tendance à se concentrer sur les seuls domaines de l’aide à domicile et de l’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Explication ? “Ces contraintes sont davantage à mettre en lien avec une non attractivité du secteur de la gériatrie, qu’avec un manque de professionnels diplômés”, analyse l’étude. D’où la recommandation de “promouvoir les métiers du grand âge”. Ceci, par des actions de communication organisées par les employeurs et les branches professionnelles, combinées à des actions de sensibilisation conduites par les organismes de formation (systématisation des stages en Ehpad [1] et aide à domicile) et les pouvoirs publics (promotion d’une “culture de la solidarité trans-générationnelle”).

Une offre de formation à clarifier

Par ailleurs, l’inéluctable hausse des besoins issus de l’allongement de la vie et des départs en retraite commande de maintenir l’effort de formation. Ceci notamment en ce qui concerne les places de formation conduisant au nouveau diplôme issu de la fusion des diplômes d’État d’AMP et d’AVS. Parallèlement, une réflexion est aussi à mener concernant les concurrences entre ces différents diplômes aux compétences parfois très proches. Soulignant les “fortes incertitudes” qui pèsent sur les “orientations données au diplôme d’aide-soignant et sur son positionnement vis-à-vis des autres professionnels [2]”, l’étude avertit que “cela ne permet pas d’envisager clairement quels seront les comportements des employeurs face aux besoins croissants en termes de soin”. D’où le regret de certains acteurs que le diplôme d’aide-soignant n’ait pas été intégré au processus de fusion des DEAMP et DEAVS. Pour ces derniers, un diplôme unique assorti d’un système d’options “à domicile” et “en institution”, aurait pu permettre une clarification de l’offre de formation et, par ricochet, des recrutements.

Améliorer l’orientation
Autre problème soulevé par l’étude, celui d’une certaine inadaptation des profils adressés par les prescripteurs : “Ces domaines d’activité, repérés par les prescripteurs de la formation comme étant fortement créateurs d’emplois et accessibles par des salariés peu ou pas qualifiés, attirent des personnes en grandes difficultés sociales et financières”. D’où la suggestion d’un “travail collaboratif” entre employeurs et organismes de formation pour “mieux informer les acteurs de l’AIO [3] (CIO [4] CIDJ [5], etc.) et les prescripteurs de formation (Missions locales, Pôle emploi, Cap emploi, etc.) sur les métiers et profils recherchés”.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

À consulter :

[1] Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

[2] Infirmiers, AMP, AVS, assistants de soins hospitaliers et bacheliers accompagnement, soins et services à la personne.

[3] Accueil, information, orientation.

[4] Centre d’information orientation.,

[5] Centre d’information et de documentation jeunesse.

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