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Sandrine Ostorero, repreneur d’entreprise du bâtiment

Par Centre Inffo

En France, l’âge moyen pour avoir son premier enfant est de 28 ans, l’âge moyen pour reprendre une entreprise, 38 ans et demi. Sandrine Ostorero ne le savait pas : elle a eu son premier enfant à 20 ans, le second à 24, et racheté l’entreprise de son patron à 28. Et comme elle ne connaît pas non plus la crise, elle recrute !

« RH, comptabilité, terrain, ... mon job est super diversifié ! »

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Sandrine Ostorero (DR)

« Cela me paraît tellement logique que je serais même du genre à me demander pourquoi les autres n’y vont pas », s’interroge Sandrine Ostorero. Aller où ? Vers la reprise d’une entreprise du bâtiment limousine comptant une vingtaine de salariés, à seulement 28 ans. « Non, ce n’est pas exceptionnel, j’ai toujours été comme ça, à la marge », commente-t-elle en précisant avoir eu son premier enfant à 20 ans, le second à 24.

Soit. À quoi ressemble donc l’emploi du temps d’une jeune femme ordinaire ? « Comme tous les lundis, je suis partie à 4 heures du matin pour ouvrir les portails de l’entreprise, préparer les dossiers, prendre connaissance des messages du week-end annonçant les éventuelles absences et ainsi préparer l’embauche des ouvriers à 6 heures. » Suivront un contact avec l’avocat pour aborder une affaire en cours aux prud’hommes, la finalisation de devis, la préparation d’une réunion à la FFB pour évoquer la question des femmes dans le bâtiment et une session de travail avec l’expert-comptable de l’entreprise. C’est tout ? « Je termine tôt aujourd’hui parce que je dois amener ma fille au cheval à 17heures. Sinon, c’est du 7h30-18h30 du lundi au vendredi, j’ai essayé de prendre mon mercredi mais je n’y arrive pas, alors c’est mon mari qui s’arrête... »

D’où lui vient l’énergie ? Très certainement de l’envie d’entreprendre, qui semble toujours l’avoir habitée. Dans ces conditions, que pouvait une « ennuyeuse » première année de droit face à une « très bonne expérience » chez McDonald’s ? Pas grand-chose... « L’adrénaline du rush [1], l’apprentissage de la gestion du personnel et de la planification, c’est un super souvenir ! », assure-t-elle. Soldée par un poste de manager, l’expérience prend fin « par lassitude et l’envie d’autre chose ». C’est-à-dire ? « Mon mari étant ouvrier, je voulais aller voir dans le bâtiment pour voir ce que je pourrais y faire s’il créait sa boîte un jour... »

Enthousiasmée par la formation Afpa de technicien "aménagement-finition" qu’elle suit en tant que demandeur d’emploi, Sandrine Ostorero commence par exercer le métier de métreur dans deux entreprises successives. « La deuxième était spécialisée en menuiserie et je faisais un peu toujours la même chose, jusqu’à avoir l’impression de perdre mes bases dans le bâtiment », commente-t-elle. Le temps d’une courte pose pour accueillir sa deuxième fille et la voilà repartie en formation pour une remise à niveau de deux mois avec les Compagnons du Devoir du Tour de France, aussitôt suivie d’un cursus de neuf mois en réhabilitation du patrimoine. Plus que jamais motivée par la création d’entreprise, elle décide alors de se renseigner pour devenir maître d’œuvre en bâtiment et s’autofinance une formation de diagnostiqueur immobilier.

Se jugeant un peu « courte » sur la question de l’amiante, elle se fait embaucher en tant que métreur dans une entreprise de désamiantage et dévoile sans tarder un solide tempérament : « J’ai rapidement vu que la société n’était pas à son meilleur niveau, jusqu’à ce que je comprenne que le gérant voulait prendre sa retraite et fermer, explique-t-elle. Comme j’étais en contact avec la clientèle, j’étais convaincue du potentiel, j’en ai parlé deux ou trois jours avec mon mari et on a fait une offre. » 220 000 € par emprunt bancaire, prêt d’honneur de 25 000 € de Haute-Vienne Initiative, 15 000 € de subvention du Conseil régional limousin, appui d’Oseo sous forme d’avance de trésorerie et parrainage d’A.B.E.L. [2], la voilà dirigeante de NSDP, société de désamiantage et de second œuvre. Forte de vingt salariés, « tous plus âgés », Sandrine Ostorero se félicite d’avoir bien fini la première année : « C’est positif, la preuve, on recrute ! »

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

Sandrine Ostorero en dates...

2001
Bac ES

2003
Technicien aménagement-finition (Afpa)

2008-2009
Remise à niveau bâtiment et technicien supérieur en réhabilitation du patrimoine (Compagnons)

2010
Diagnostiqueur immobilier.
Reprise d’une société de désamiantage/ second œuvre.

[1L’heure de pointe.

[2Aide bénévole à ceux qui entreprennent en Limousin.

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