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Revivez le tchat sur le métier de directrice de centre pénitentiaire

Par Onisep

Garant/e de la sécurité et de l’application des peines prononcées à l’encontre des détenus, le ou la directeur/trice de centre pénitentiaire est à la fois un ou une gestionnaire en charge d’un établissement et un ou une manager sachant encadrer le personnel pénitentiaire. Ce métier vous attire ? Êtes-vous fait(e) pour ? Quelles études faut-il envisager ? Karine Vernière, directrice du centre pénitentiaire de Caen (Calvados), a répondu en direct à toutes vos questions mercredi 3 février de 15h à 16h. Voici l’intégralité des échanges.

>>>En savoir plus sur Karine Vernière

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Karine Vernière, directrice du centre
pénitentiaire de Caen (Calvados)

Modérateur : Le tchat va bientôt démarrer. Bonjour à tous. Bienvenue à ce nouveau tchat de l’Onisep. Nous accueillons aujourd’hui Karine Vernière, directrice du centre pénitentiaire de Caen (Calvados). Karine va répondre en direct à toutes vos questions sur son parcours, son métier, les études à suivre pour l’exercer, etc. N’hésitez pas, et bon tchat !

Karine Vernière : Bonjour à tous. Je suis contente d’être ici pour présenter un métier à la fois très méconnu et mystérieux. Je suis là pour répondre à toutes vos questions et lever les éventuels mystères sur la question.

Dorothée : Est-ce que c’est le métier que vous rêviez de faire quand vous étiez petite ?

Karine Vernière : Non bien sûr, je ne savais même pas que cela existait ! Vers 16/17 ans, je voulais en tout cas travailler pour la Justice (avocate, magistrate, …) et donc faire du droit. C’est plus tard, après la fac, que j’ai choisi cette profession (c’est aussi parce que, pendant mes études de droit, j’ai été bénévole en maison de détention avec l’association Genepi, qui donne des cours aux détenus ou encadre des activités de type revue de presse, jeux de société… Moi, je donnais des cours d’anglais débutant).
Ce n’était donc pas une vocation au sens où on l’entend. J’ai découvert le travail en le faisant, et je pense que j’ai trouvé ma vocation.

juanita : Est-ce un métier dangereux ?

Karine Vernière : Je ne trouve pas particulièrement. D’abord parce qu’on est constamment entouré de collègues, de surveillants, de gradés, qui sont là pour assurer la sécurité dans l’établissement.
On est donc, à priori, toujours sous la protection d’un professionnel.
Ensuite, c’est la manière dont on se comporte qui va générer de l’agressivité, ou pas. Il est important d’en avoir conscience. En général, on apprend à gérer l’entretien avec les détenus pour éviter la violence.

mike : Est-ce un métier vraiment pas facile, comme on le pense ? Avec du stress permanent ?

Karine Vernière : Je pense que ce n’est pas plus difficile qu’un autre métier où l’on est en contact avec de l’humain. Mais c’est vrai que, forcément, c’est un métier très impliquant, et dans lequel il y a obligatoirement un peu de stress.
Mais c’est parce qu’on doit constamment s’adapter. Du coup, c’est malgré tout extrêmement intéressant, car il n’y a pas de recette toute faite. Et ce n’est pas stressant tout le temps !

Bleuenn : Quelles qualités faut-il avoir pour faire ce métier ?

Karine Vernière : Il faut aimer les responsabilités, la prise de décisions, le management, il faut savoir garder son calme, et aimer les contacts. Il faut surtout être cohérent, et pour cela avoir des valeurs solides.

TPE prison victor : Bonjour. Nous faisons un TPE sur la prison et nous avons quelques questions à vous poser. Tout d’abord, les détenus ont-ils une cellule par personne ?

Karine Vernière : Cela dépend des établissements. Dans les établissements pour peines, en général, il y a effectivement un détenu par cellule. Mais dans les maisons d’arrêt, ce n’est généralement pas le cas.

Tpe lycéen : Bonjour. Quel est l’effectif de votre prison ?

Karine Vernière : Environ 400 détenus.

cindie : Avez-vous, un « lien » avec les détenus ? Est-ce que vous avez des échanges avec eux ? Vous ne faites que de l’administratif ?

Karine Vernière : Je les vois moins qu’avant, étant chef d’établissement, mais les premières années, je les voyais tous les jours, c’était l’essentiel de mon travail.
Maintenant, il est vrai que je fais beaucoup de rapports, de coordination, mais sur des sujets très variés (RH, budget, sécurité, dialogue social, travaux...) et bien sûr, je vais régulièrement en détention rencontrer les détenus et les agents, c’est très important pour moi.

Dorine : Quelles études avez-vous suivies pour faire ce métier ?

Karine Vernière : J’ai une maîtrise de droit.

maxichat33 : Bonjour madame. Pour devenir directrice d’un centre pénitentiaire, faut-il avoir un caractère bien trempé ? Est-il difficile de gérer des hommes détenus ? Quel est votre parcours professionnel ? Êtes-vous épanouie dans votre métier ou parfois voudriez-vous en changer ? Merci.

Karine Vernière : Faut-il du caractère ? Je pense que ce n’est pas vraiment le problème. Il faut aimer exercer des responsabilités et prendre des décisions. Il faut aussi de la maîtrise de soi.
Mon parcours professionnel ? J’ai travaillé dans 5 établissements différents. J’ai commencé dans une grosse maison d’arrêt. Puis dans une maison centrale, puis dans une petite maison d’arrêt.
Actuellement, c’est mon 2e centre de détention. Mais avec chaque nouvel établissement, j’ai eu davantage de responsabilités. C’est le 2e établissement que je dirige en tant que chef d’établissement.
Je me considère très épanouie dans mon métier, j’aime beaucoup ce que je fais. Dans l’état actuel des choses, je n’ai pas envie de changer pour l’instant.

Marc : Bonjour. À quel type de détenus avez-vous affaire dans votre prison ?

Karine Vernière : Je dirige un établissement spécialisé AICS (auteurs d’infractions à caractère sexuel) longues peines, uniquement des hommes et des personnes condamnées.

edou : Est-ce que c’est un métier ou on travaille beaucoup ?

Karine Vernière : Cela dépend de la façon dont on travaille... Si on est organisé ça va.
Après, c’est un métier de cadre, il faut être disponible, mais il faut aussi savoir se préserver.
Une vie équilibrée est indispensable.

ninis : Comment faites-vous pour gérer les documents de chacun des détenus ?

Karine Vernière : Nous avons des services administratifs qui s’occupent de cela. Le greffe suit les dossiers pénaux, la comptabilité s’occupe des comptes nominatifs...

Dori : Quelle est la fonction ou la responsabilité la plus difficile pour vous ?

Karine Vernière : Tout ce qui touche à l’humain peut être difficile. Gérer une tentative de suicide, et pire bien sûr, un décès est difficile. Donner un avis sur la sortie en peine aménagée d’un détenu qui a fait quelque chose de très grave et dire que c’est le bon moment, sachant que le risque zéro n’existe pas forcément, l’est aussi. Il faut savoir que notre travail, c’est aussi d’accompagner vers la sortie, mais en prenant le moins de risque possible... C’est le juge qui décide, mais notre avis est important dans sa décision...
Veiller à la sécurité de tous, détenus, et personnels... Gérer un incident grave en termes de sécurité.
C’est difficile, mais passionnant.

Vic : Pourquoi ce métier ? Qu’est-ce qui vous a poussée à le faire ? Quelles ont été vos motivations ?

Karine Vernière : J’ai découvert ce milieu pendant mes études de droit en allant donner des cours bénévoles en prison. J’ai découvert un monde dont j’ignorais l’existence, et des métiers que je ne connaissais pas non plus, mais qui étaient cohérents avec mes études.
J’ai donc passé le concours de ce qui s’appelait à l’époque « sous-directeur des services pénitentiaires ».

Isabelle : Bonjour. Rencontrez-vous des difficultés en tant que femme dans votre métier ? Merci.

Karine Vernière : Pas particulièrement. Nous sommes de plus en plus nombreuses dans les équipes de direction, et donc les personnels, tout comme les détenus, ont maintenant l’habitude d’avoir des femmes comme interlocutrices.
Je ne pense pas que ce soit difficile. La seule difficulté, c’est celle que rencontrent toutes les personnes ayant un métier de cadre : savoir équilibrer son travail et sa vie de famille. Pour ce qui me concerne, je n’ai donc pas rencontré de difficultés. C’est un monde d’hommes, mais je ne trouve pas ça particulièrement compliqué.

Nathalie : Vous devez toujours être dispo ? Vous êtes logée pas loin de la prison ?

Karine Vernière : Les directeurs ont des logements de fonction, souvent à proximité immédiate des établissements. En tant que chef d’établissement, je dois être tout le temps joignable par téléphone, mais les directeurs ont des tours de permanence (en général une semaine sur 3 ou 4), pendant lesquels ils doivent pouvoir venir à l’établissement dans l’heure si nécessaire : c’est cette contrainte là que le logement de fonction compense.

maxichat33 : Merci pour vos réponses. Quelles sont les différences entre une maison de détention et une maison centrale. Qu’est-ce qui est le plus pénible au quotidien ? Merci.

Karine Vernière : Une maison centrale, c’est un établissement pour peines, pour longues peines, et en général ce sont des établissements plus sécuritaires que les autres. Les centres de détention ont, eux, pour vocation principale la préparation à la sortie.
La pénibilité, cela dépend de ce que l’on préfère faire. Quand on a travaillé dans tous les types d’établissements, on se découvre en général une préférence pour un certain type d’établissement.
Pour être schématique, on peut avoir un intérêt particulier pour les problématiques de sécurité, ou pour celles liées à l’insertion. Mais de toute façon, dans tous les établissements on doit faire les deux.

TPE prison victor : Les détenus sont-ils violents entre eux ?

Karine Vernière : Ils peuvent l’être. Mais notre travail consiste précisément, entre autres choses, à prévenir les violences, ou à les faire cesser.

deuxsept2-7 : Y a-t-il beaucoup de bagarres dans votre prison ?

Karine Vernière : En l’occurrence, non, très peu à Caen. C’est lié au type de détenus que l’on garde, qui sont très peu agressifs.

Nathalie : Il y a de grandes différences entre les établissements ?

Karine Vernière : Oui, tout à fait. Entre les maisons d’arrêt (prévenus et condamnés courtes peines) et les maisons pour peines (condamnés moyennes et longues peines) déjà... Ce n’est pas le même public, donc pas les mêmes soucis, pas les mêmes priorités, pas les mêmes enjeux. Il y a aussi les maisons centrales, pour longues et très longues peines, qui sont très sécuritaires...
Il existe également différentes architectures, et différentes époques de construction, donc d’état des structures... J’ai travaillé dans 5 établissements, le travail est différent dans chacun, il n’y a pas de routine de ce fait, on réapprend à chaque fois.

pantera : Vous est-il déjà arrivé de rencontrer un ancien détenu avec qui les choses se sont mal passées dans votre ville ?

Karine Vernière : J’ai été mal à l’aise une fois, avec un très jeune homme, mais il n’y a pas eu d’incident.
Sinon, c’est plutôt le contraire, les anciens détenus me saluent plutôt gentiment, quand il m’arrive de les croiser à l’extérieur, et c’est même touchant parfois.

maxichat33 : D’accord. Ce qui me paraît le plus dur, excusez-moi si je donne mon avis, c’est de connaître les délits de chaque détenu, d’être impartial sachant la gravité de certains de ces délits, c’est ce qui me semble le plus difficile, ayant moi-même des enfants. Arrivez-vous facilement à faire abstraction des choses ?

Karine Vernière : C’est une bonne question. C’est ce qu’on se dit avant de faire ce métier. Mais quand on commence à l’exercer, on découvre les gens, les détenus, dans ce qu’ils sont, dans leur globalité.
Et même si on sait ce qu’ils ont fait, force est de constater qu’ils ne sont pas réductibles à ce qu’ils ont fait.
Quand les détenus acceptent de se montrer à nous dans toute leur dimension, on voit aussi leur humanité, et ça gomme les préjugés et les jugements hâtifs.

Def : Quelle est la politique que vous avez mise en place dans votre prison ?

Karine Vernière : C’est une question difficile, car nous devons avant tout faire appliquer les textes, les lois et le droit. C’est notre premier devoir. Cependant, je pense que j’essaye de toujours rappeler que le détenu est le cœur de notre métier et que nous devons le mettre au centre de nos préoccupations.
Nous devons être fermes, nous devons faire respecter le calme et l’ordre, mais aussi protéger les personnes et veiller à ce qu’elles soient toujours respectées dans leur intégrité physique et leur dignité.
Ce qui est central pour moi, c’est de rendre possible la confiance, qui est le lien dont nous avons tous besoin pour progresser et pour franchir les obstacles.
Si on leur donne confiance en eux et s’ils peuvent apprendre à faire confiance aux autres, on peut avancer. C’est ma philosophie de travail, et c’est ce que j’essaye de mettre en place.

Jeanne : Une fois notre maîtrise de droit acquise, est-il facile d’obtenir ce poste, ou est-ce très sélectif ? Le salaire est-il plutôt bon ? Combien sur une année ? Et est-on obligé de quitter notre région pour exercer ? Merci beaucoup de vos réponses.

Karine Vernière : C’est un concours de catégorie A, donc effectivement, il est d’un bon niveau, et exigeant.
Le salaire varie selon les prises de responsabilité, la taille de l’établissement, et avec une évolution à l’ancienneté. Je le trouve personnellement très correct, sachant que l’on a aussi un logement de fonction.
Cependant, on a aussi une obligation de mobilité. C’est pour cela que j’ai fait 5 établissements en 22 ans. Il faut être prêt à bouger si l’on veut évoluer dans cette profession. Il y a de la mobilité géographique, et aussi de la mobilité fonctionnelle.

Meroiis : Pouvez-vous nous donner une fourchette de salaire pour votre métier ?

Karine Vernière : J’avoue ne pas être certaine, j’ai démarré il y a 22 ans. On est payé dès l’école, et on commence aux alentours de 1 700 euros en début de carrière. Ça augmente ensuite avec les responsabilités, l’ancienneté et le grade. Par ailleurs, nous sommes logés de fonction, donc gratuitement, dans la plupart des cas.

BCO Marie : Bonjour. Vous parlez d’accompagnement vers la sortie... Je suis conseillère indépendante en orientation / insertion / adaptation professionnelles à Strasbourg. Je souhaiterais travailler auprès de détenus. Est-ce possible selon vous ? Que me conseillez-vous ?

Karine Vernière : Je vous conseille de vous adresser au SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) de la prison la plus proche de chez vous.

cel : Est-ce que c’est difficile, les études de droit ??

Karine Vernière : Je n’ai pas trouvé ça difficile en fait. J’ai trouvé ça super intéressant (même si certaines matières me passionnaient moins que d’autres...), mais en général, je trouvais tout ça passionnant.

Bebert : Ce métier est-il prenant ? Par exemple, étant pompier volontaire, pourrais-je continuer à l’être ?

Karine Vernière : Je connais des surveillants qui sont pompiers volontaires. En revanche, pas de directeurs d’établissements ! Ce n’est pas impossible, puisque nous travaillons en équipe, mais sans doute un peu compliqué.

ange : Quel est votre pire détenu ? Il vous arrive parfois de vous dire « Faut que j’arrête ce boulot » ?

Karine Vernière : Je ne sais pas ce qu’est un « pire détenu ». Il y en a qui sont très rudes, très agressifs, mais ce qui est difficile, c’est surtout quand ils semblent ne croire en rien ni en personne. Mais ce sont des personnes, comme tout le monde, ils ont leurs bons et leurs mauvais moments. Notre boulot est de les accompagner, les amener à progresser, à en avoir envie d’abord, puis à y arriver, pas à pas.
Et oui, ça m’arrive parfois de me décourager, parce que tout ce qui est humain est fort et difficile émotionnellement. De la même façon, la prise de responsabilité est parfois lourde, mais en même temps, je ne peux pas dire que je n’aime pas ça.
J’ai choisi un métier où j’ai beaucoup de responsabilités : c’est un vrai choix. Mais le découragement reste rare, et court. La plupart du temps, je suis très fière et épanouie dans ce que je fais.

Vic : Êtes-vous fonctionnaire ?

Karine Vernière : Je suis tout à fait fonctionnaire ! Je suis cadre de la fonction publique.

Vic : Vous avez aussi des compétences en management ? Vous êtes formée pour ?

Karine Vernière : On a déjà un début de formation au management pendant notre année de formation à l’École nationale de l’administration pénitentiaire, entre autres choses. Par ailleurs, il y a de la formation continue tout au long de la carrière pour nous accompagner, y compris aux changements de niveau de responsabilités, qui font que l’on est de plus en plus dans le management au fil de la carrière.

Soniia : Comment se passe la formation et quelle est sa durée pour faire ce métier ?

Karine Vernière : On a une formation en 2 ans. Une année à l’Enap, qui alterne cours théoriques à l’école et stages en établissements. Puis une 2e année, de stage, où nous sommes en poste dans un établissement pénitentiaire, en situation.

Charline : J’ai lu que vous étiez logée. Mais une question subsiste, les surveillants sont-ils logés ? Ou même, les greffiers dans les tribunaux sont-ils logés ?

Karine Vernière : Les greffiers, je ne sais pas ! Ne sont logés en général que les directeurs et les officiers (grade le plus élevé dans les personnels de surveillance). Parfois également les directeurs techniques. Mais pas la majorité des surveillants. Les attachés de direction sont aussi logés, parfois.

Mathieu : Est-il possible d’entrer gradé dans les surveillants pénitentiaires ?

Karine Vernière : Oui, on peut passer le concours d’officier en externe.

TPE prison victor : Quelle est la durée moyenne de détention des détenus ?

Karine Vernière : Pour l’ensemble des détenus, c’est de 7 à 9 mois en moyenne nationale. Dans mon établissement, on est plutôt autour de 10 à 15 ans.

Tpe lycéen : Quel est l’équipement présent dans une cellule ?

Karine Vernière : Normalement, il y a un lit, une armoire, un lavabo et des toilettes, une table et des chaises, une télé et un frigo (en location) et du matériel de nettoyage.

TPE prison victor : Les détenus ont-ils un travail au sein de la prison ?

Karine Vernière : Oui, dans la plupart des établissements, il y a des activités rémunérées, notamment en ateliers.

Leo : Quelles études faire pour rentrer officier surveillant ?

Karine Vernière : Il y a un concours d’entrée à l’école, accessible aux titulaires d’une licence. La durée de la formation est de 1 an. Tapez « lieutenant pénitentiaire » dans le moteur de recherche du site de l’Onisep pour accéder à plus d’informations.

max : C’est comme une petite ville à l’intérieur de la prison ?

Karine Vernière : Absolument, c’est la meilleure description qu’on puisse en faire ! Il y a l’équivalent de l’école, du lieu de travail, de l’hôpital, des lieux de culte, d’activités, de sports, de culture, spectacle...
Tout ce qui compose le tissu social.

TPE prison victor : Y a-t-il une sorte de « boutique » dans votre prison où les détenus peuvent acheter de la nourriture ?

Karine Vernière : Oui, on appelle cela la cantine. Cela fonctionne un peu comme de la VPC. Les détenus commandent sur des bons (appelés bons de cantine), on débite leur compte et on les livre.
Ils peuvent s’acheter ainsi de quoi se faire à manger, des timbres, des magazines, des piles, etc.

manon : Pourquoi le coût dans une prison est-il plus élevé qu’à l’extérieur de la prison ?

Karine Vernière : Ce n’est pas exact. Ce qui est vrai, c’est que les prix varient selon les régions, mais comme pour tout le monde. Cela dépend des fournisseurs qu’on a à proximité. Mais nous cherchons toujours à négocier les marchés pour avoir des prix corrects.

Do : Y a-t-il des recrutements régulièrement dans votre métier ?

Karine Vernière : Oui, il y a pratiquement un recrutement par an pour les directeurs. Pour les recrutements de surveillants, il y en a aussi régulièrement, comme en attestent en ce moment des publications dans la presse et même des publicités à la télévision.

Syl : Bonjour. Peut-on être directement directeur de prison ou est-ce un poste de fin de carrière ?

Franck : Quelles sont les possibilités d’évolution dans le métier ?

Karine Vernière : Précision : on démarre directeur de prison, mais au sein d’une équipe de direction, avec 3 ou 4 directeurs, dont un adjoint au chef d’établissement et un chef d’établissement. Au fur et à mesure des mutations, on évolue : on devient adjoint, puis chef d’établissement.
À titre personnel, je suis devenue chef d’établissement au bout de 12 ans. Cela fait donc 10 ans que je suis chef d’établissement – et je ne suis pas en fin de carrière ! Les évolutions de carrière dépendent des envies, de la taille des établissements, de notre capacité à avoir une mobilité géographique, de notre ambition...

Do : Quel est votre film préféré sur la prison ?

Karine Vernière : Je dirais La ligne verte, parce que c’est l’un des rares films où le directeur n’est pas fou ! Et où le monde pénitentiaire n’est pas dépeint, de manière générale, comme une épouvante constante.
Je trouve ce film plutôt équilibré, même s’il y a forcément quelques personnages caricaturaux... Mais cela montre le type de relations humanistes qu’on peut créer avec un détenu.

Modérateur : Le tchat se termine. Karine, le mot de la fin ?

Karine Vernière : À propos de cette dernière question, il se trouve que j’ai fait mon mémoire de fin de formation de l’Enap sur l’image de la prison dans les films !
J’espère avoir donné envie de découvrir cette profession, que je trouve être l’une des plus intéressantes, riches et passionnantes possibles, et j’espère avoir suscité des vocations, car pour ce qui me concerne ce métier en est vraiment devenu une. J’ai toujours plaisir à partager ce que je fais, sur cet univers qui mérite mieux que certains clichés.

Modérateur : Le tchat est terminé. Merci à toutes et à tous pour votre participation et merci à Karine pour ses réponses et ses conseils.

Les publications de l’Onisep

Les métiers de la justice
collection Parcours
parution en octobre 2015

Dans ce numéro : de nombreuses formations s’appuyant le plus souvent sur un cursus initial en droit. Des métiers répertoriés en quatre grandes familles

PDF 8 euros - broché 12 euros hors frais de port

par Onisep, 2016

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