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Revivez le tchat avec Arnaud Alary, pro du développement durable

Par Onisep

Arnaud Alary, ingénieur hydroécologue et pro du développement durable, a évoqué en direct avec vous mercredi 21 novembre la variété d’activités de son métier ainsi que ses nombreuses expériences autour de la Biodiversité et des Bioressources. Retrouvez l’intégralité des échanges.

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Arnaud Alary (DR)

Modérateur : Bonjour. Le tchat va démarrer dans quelques minutes.

Bonjour à tous ! Nous accueillons aujourd’hui Arnaud Alary, ingénieur hydroécologue. Il va répondre à vos questions sur son métier, les formations qui y conduisent et ses nombreuses expériences autour de la biodiversité et des bioressources.

Arnaud Alary :Bonjour, je suis disponible pour répondre à vos questions !

Jack : Je ne connaissais pas votre métier. Êtes-vous beaucoup en France ?

Arnaud Alary : Mon métier consiste en l’étude des écosystèmes aquatiques dans leur ensemble. Je diagnostique les éventuelles sources de pollution et cherche ensuite des solutions les plus écologiques possibles pour résoudre ces problèmes. En majorité, je travaille sur les territoires français. Mais depuis cette année, nous nous exportons notamment à l’Ile Maurice ! C’est un nouveau métier et j’ai été le premier à développer la discipline d’hydroécologie. Et ce n’est que le début !

Guillaume : Travaillez-vous aussi sur l’écosystème forestier ?

Arnaud Alary : L’écosystème forestier est un domaine que je connais mais je ne suis pas un spécialiste. Si on me consulte à ce sujet et que les questions sont trop pointues, j’ai des partenaires avec lesquels je travaille.

Formation : Quelle a été la raison principale pour laquelle vous vous êtes spécialisé en développement durable ?

Arnaud Alary : Avant d’être mon métier, la phytoépuration et le domaine de l’eau sont une passion !

Adam : Il y a beaucoup de métiers dans l’environnement. Comment choisir ? Comment avez-vous fait pour choisir ?

Arnaud Alary : Effectivement, vous mettez le doigt sur une question que l’on me pose très fréquemment ! Dans un premiers temps, dirigez-vous vers le domaine qui vous intéresse, vous plaît, voire vous passionne, puisque vous passerez plus de 50 % au travail ! Même s’il est toujours possible de se réorienter.

Il y a trois grands thèmes dans l’environnement, en vogue en ce moment : l’eau (potabilisation, traitement des eaux usées, milieux marins, forage, captage...) ; le traitement et la gestion des déchets (centre de collecte et de tri, centre de compostage des ordures ménagères, des boues d’épuration…) ; et enfin, les énergies renouvelables (solaires, éoliens, hydroélectricité...). Mais aussi, de plus en plus, la gestion de l’énergie dans les bâtiments (les nouvelles normes vont booster ce secteur).

Pour conclure : d’une part, cette liste n’est pas exhaustive et, d’autre part, la question du choix est avant tout personnelle. Ce qui joue sur le choix de vie professionnelle, c’est le réseau et surtout les rencontres.

Denise : Quelles sont les régions qui offrent le plus d’opportunités professionnelles dans ce secteur ?

Arnaud Alary : Si c’est dans le domaine de l’épuration des eaux, la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est mauvais élève. Du coup, il y a du travail. Je connais d’autant plus cette région que j’y suis implanté. En termes de baignade naturelle, il va de soi que les régions chaudes offrent plus d’opportunités ! Maintenant, il n’y a pas de région particulière pour ce qui concerne le domaine de l’eau. Le monde entier est concerné ! Notamment les pays en développement.

Didier : Quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans ce domaine ? Le profil récurrent ?

Arnaud Alary : Le profil de poste de l’hydroécologue est avant tout pluridisciplinaire : microbiologie, botanique, zoologie, biochimie, chimie de l’eau, pédologie (science du sol).

Yan : Est-ce que ce sont des métiers où il faut être plutôt scientifique au départ ? Il faut faire un bac S ?

Arnaud Alary : Il faut plutôt un profil scientifique, issu de bac S, option SVT. Il faut suivre un cursus post-bac tourné vers les sciences de l’environnement, que ce soit en université ou en école spécialisée.

Hugo : Bonjour, savez-vous quelles sont les différentes filières d’études dans ces secteurs ?

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Arnaud Alary
ingénieur hydroécologue (DR)

Arnaud Alary : Par expérience, je connais les parcours de l’université de Marseille. Sciences de la vie destine plus à une carrière en biologie de laboratoire très proche de la médecine. Le parcours Science de la vie et de la terre et de l’environnement (SVTE), est le parcours adapté à l’environnement au sens large. Dans tous ces parcours, il y a différentes options que vous pourrez choisir pour vous spécialiser en chimie, en écologie, en géologie...

À Montpellier, il y a le cursus Polytech, affilié à la fac des sciences de Montpellier, qui regroupe différents parcours dont Sciences et technique de l’eau (STE) et Génie des matériaux, qui peuvent vous destiner à l’environnement. Il faut savoir que l’environnement est le domaine actuel où l’on trouve le plus d’innovations !

Fred : Et vous, quel a été votre propre parcours ?

Arnaud Alary : J’ai un bac S option SVT. J’ai suivi l’université de Provence (Deug Science de l’univers et de l’environnement). Ensuite, j’ai obtenu une licence intitulée Écologie des écosystèmes aquatiques perturbés, puis un master 1 Écologie et gestion de la biodiversité et, enfin, un master 2 Valorisation de la biodiversité et des bioressources (VABB). Vous pouvez trouver tous les renseignements sur les masters Environnement sur les sites de l’Onisep et de l’université de Marseille (Master SET).

Dany84 : Est-ce que les formations développement durable sont bien reconnues sur le marché du travail ?

Jimmy : Est ce que les étudiants trouvent facilement un emploi ?

Arnaud Alary : Aujourd’hui les formations Développement durable (DD) sont de plus en plus recherchées par les entreprises qui n’ont pas les compétences dispensées dans les nouvelles formations. De ce fait, on trouve très facilement un emploi ! Depuis quatre années que mon master existe, 100 % des étudiants ont un poste à la sortie de la fac, rémunéré au minimum 1 500 euros net par mois.

Jean : Travailler à la protection de l’environnement, c’est forcément évoluer en plein air, au contact de la nature ? Ou aussi dans les bureaux ?

Arnaud Alary : Eh bien, les deux ! Les interventions de terrain nécessitent la saisie de données... au bureau par exemple. Cela étant dit, selon les postes occupés, vous serez soit sur le terrain (comme des ouvriers de chantier) soit au bureau (ingénieurs d’études techniques).

Denis : Est-ce qu’il y a des services et des métiers liés au développement durable dans toutes les grandes entreprises, quel que soit le secteur ?

Arnaud Alary : De plus en plus d’entreprises adoptent une politique DD et ont besoin de personnels qualifiés dans ce domaine. Bien évidemment, des secteurs sont plus favorables que d’autres car plus surveillés et/ou utilisant des ressources naturelles de plus en plus rares, notamment les entreprises papetières ou l’industrie textile.

Syl : Je ne suis pas scientifique du tout. Est-il possible quand même de trouver un emploi ?

Arnaud Alary : On croit toujours qu’il y a un seul parcours possible pour atteindre son objectif... C’EST SOUVENT FAUX ! Par exemple, le major de ma promo en master 2 venait d’un lycée agricole. Puis il a fait un BTS Sciences et technologies de laboratoire.

On peut trouver un emploi dans l’environnement sans être scientifique. Par exemple, mes ouvriers de chantier ont différents profils : un ancien plombier, un paysagiste - qui est la formation la plus proche de mon métier pour les non-scientifiques...

Mathilde : Quelles sont les études les plus appropriées pour travailler dans le développement durable ? Courte (DUT/BTS) ou longue (école d’ingénieur) ?

Arnaud Alary : Effectivement, les études courtes existent mais tout dépend du poste visé. École d’ingénieur ou master 2 = bac+5 = poste important = rémunération plus importante.

BTS = bac+2 = poste intermédiaire = salaire entre 1300 et 1600 euros nets par mois.

Ensuite, bac pro, CAP... = poste de terrain = rémunération au SMIC avec possibilité d’évolution selon expérience.

Guigui 974 : Cette filière est-elle développée Outre-mer ?

Arnaud Alary : Oui, elle en est à ses débuts.

Apolline : Bonjour. Diplômée d’une école de commerce et d’un master 2 en environnement, je fais valoir ma double compétence. Je recherche un emploi dans la mise en œuvre de stratégie DD, dans un gros projet ou une entreprise. J’ai une vision globale et très transversale. 1/À quel titre de poste cela correspond-il ? 2/ À qui dois-je m’adresser pour optimiser mes recherches ?

PHOTO - Arnaud Alary, ingénieur hydroécologue

Arnaud Alary : Vos compétences semblent intéressantes. Comme titre de poste vous pouvez correspondre à : chargée de communication environnement dans une entreprise ; chargée de communication tout court dans une entreprise spécialisée dans l’environnement ; commerciale et responsable marketing dans une entreprise spécialisée.

Vous pouvez proposer des candidatures spontanées à des entreprises spécialisées dans l’environnement que vous retrouverez regroupées dans des pôles de compétitivité comme Pôle Eau, Swelia, PRIDES (la plateforme de réseaux d’entreprises de la région Paca)... ou dans les CCI (Chambre de commerce et d’industrie) ou CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat).

Modérateur : Nous prenons les dernières questions...

Yvon : Ne craignez-vous pas un effet de mode "développement durable" ou autrement dit une "bulle verte" un peu comme cela s’est passé pour Internet avec, au final, une crise forte et des tas de gens formés qui ne trouvent pas d’emplois ?

Arnaud Alary : Il y a pas mal d’entreprises qui se sont engouffrées dans le domaine de l’environnement pour surfer sur la vague et qui n’avaient aucune compétences en la matière, ce qui conduit aujourd’hui à un vrai casse-tête pour les clients quant à la sélection des entreprises qualifiées. Cependant, le secteur est en plein essor et, rassurez-vous, il en va de l’avenir de l’humanité (même si c’est un cliché) de faire preuve d’attitudes écoresponsables dans tous les domaines.

Sophie : Quelle est la différence entre les emplois DD et verts ?

Arnaud Alary : Aucune différence, c’est un effet de mode. Le vert fait vendre !

Gys : Est-ce qu’on peut espérer de bons salaires dans ces métiers ?

Arnaud Alary : Oui. Tout dépend du poste comme je l’ai exprimé plus tôt. Pour les plus hauts, on peut commencer à 1 800 euros net par mois pour un ingénieur bac+5 et selon l’entreprise qui vous embauche.

Modérateur : La dernière question...

Jan : Quel constat pouvez-vous dresser de l’état de l’eau dans le monde ?

Arnaud Alary : Bon, il y a beaucoup de pollution anthropique (à cause de l’homme) dans toutes les masses d’eau confondues. Il faut savoir que le plus grand vecteur de maladie dans le monde... c’est l’eau. Et qu’aujourd’hui, quand vous ouvrez votre robinet en France, vous ne vous posez même pas la question de savoir si de l’eau va couler. Donc, oui, il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine pour que la majorité de la population mondiale ait accès à l’assainissement comme à l’eau potable.

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Arnaud Alary
ingénieur hydroécologue (DR)

Modérateur : Le tchat se termine. Arnaud, le mot de la fin ?

Arnaud Alary : Je vous invite à visiter le salon Pollutec (1er salon mondial des technologies de l’environnement) qui se déroule à Lyon du 27 au 30 novembre ! J’y serai ! Pour ceux qui n’ont pas eu de réponse à mes questions, retrouvez-moi sur ma page Facebook Recycleau ! Merci de l’intérêt que vous portez à mon métier.

Modérateur : Et pour davantage d’informations, rendez-vous aussi sur le Salon de l’orientation Onisep de jeudi à dimanche, à Paris, porte de Versailles.

Le thème, cette année, sera l’éducation à l’environnement et au développement durable. Merci Arnaud pour vos réponses. Merci à tous de votre participation.

Quelques exemples de réalisations

Pour aller plus loin

Les métiers de demain, collection "Ouvrages en partenariats"

Quels seront les métiers de demain ? Quels profils seront recrutés, sur quels postes, dans quels secteurs et à quelles conditions ? Comment l’emploi et le monde du travail vont-ils se transformer... ? Ce hors-série réalisé par l’Onisep et Alternatives Economiques avec le soutien de l’Agefa-PME fait un point sur la structure d’ensemble de l’emploi, métier par métier, telle qu’on peut l’observer aujourd’hui et la prévoir pour demain.
- Parution : janvier 2012.

Les métiers de l’environnement, collection Parcours

Ce numéro invite le lecteur à découvrir les nombreuses formations en environnement et développement durable de bac + 2 à bac + 5.
Un guide essentiel pour connaitre ce secteur porteur grâce à des fiches métiers, des témoignages de professionnels et un zoom sur les différentes filières d’études.
Parution : janvier 2011.

par Onisep, 2012

Info +

À consulter

La société d’Arnaud Alary : Recycl’Eau

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