Abonnez-vous


Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > Réfugiés

Réfugiés

Parce que la maîtrise de la langue française et la connaissance de la culture du pays d’accueil favorise l’intégration, depuis 2007, réfugiés et primo-arrivants intègrent un parcours d’intégration qui fait la part belle à la formation.

Avec l’accueil dans les mois à venir de 24 000 réfugiés par la France, la question de la formation des migrants revient au premier plan. Un dispositif existe pour faire face à cette situation. Il est d’ores et déjà mobilisé.

Il faut dissocier le droit à la formation des travailleurs étrangers bénéficiant d’une situation régulière avec un titre de séjour sur le sol français, de ceux dont la situation est en voie de régularisation. Depuis le 1er janvier 2007, toute personne étrangère et qui n’est pas membre d’un pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse, doit conclure avec l’État un contrat d’accueil et d’intégration et un CAI qui l’engage à suivre une formation civique et linguistique.

Le CAI regroupe toutes les prestations auxquelles a droit une personne étrangère venant en France pour la première fois et souhaitant y rester durablement. « Il concerne tous les primo-arrivants et dans ce cadre, l’Etat offre une formation gratuite. En contrepartie, ils s’engagent à respecter les valeurs de la République », explique Hervé Adami, professeur à l’université de Lorraine, responsable notamment d’un département qui forme les enseignants pour dispenser ces cursus.
Ainsi, le CAI est destiné tout autant aux personnes qui remplissent les conditions requises pour obtenir une carte de séjour temporaire pour raisons professionnelles — hors saisonniers ou intérimaires —, familiales, privées. C’est le cas aussi pour les titulaires d’un visa de plus de trois mois, ou les titulaires d’une carte de résident qui n’avaient pas signé de CAI à leur arrivée.

150 nationalités représentées

C’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui gère pour le ministère de l’Intérieur les prestations de formation au titre du contrat d’accueil et d’intégration. En 2013, 97,3% des personnes auxquelles ce contrat a été proposé l’ont signé, soit 107 467. L’âge moyen des signataires était de 33 ans selon le rapport d’activité 2013 de l’Ofii, 150 nationalités étaient représentées, et 37% des signataires étaient des ressortissants du Maghreb. Le CAI est signé pour une durée de un an, qui peut être reconduit notamment si la personne n’a pas fini le cycle de formation dans lequel elle s’est engagée.

Diagnostic personnalisé

Le contrat d’accueil et d’intégration débute par un entretien qui est l’occasion notamment d’établir un diagnostic personnalisé, et d’apprécier le niveau de français du candidat par des tests oraux et écrits de connaissance, dont le contenu est fixé par arrêté. Si la personne a plus de la moyenne, 50/100, elle est dispensée de formation linguistique. En revanche, la formation civique est obligatoire pour toutes les signatures de CAI ; en 2013, 4868 séances de formation civiques ont été réalisées. La formation civique s’étend sur six heures, elle est prise en charge intégralement par l’Etat et les prestataires sont retenus par appel d’offres. Elle peut être complétée facultativement par un cursus sur le « vivre en France », axé principalement sur les démarches de la vie quotidienne.

Des cours de français qui débouchent sur un diplôme

De son côté, la formation linguistique a une durée maximale de 400 heures et commence idéalement dans les trente jours suivant la signature du CAI, le coût est également intégralement pris en charge par l’État, documents pédagogiques compris.
Depuis 2010, il existe deux parcours distincts qui permettent d’obtenir un diplôme à l’issue du parcours de formation du CAI. D’une part, le diplôme d’études en langue française, le Delf, pour les personnes ayant au minimum un niveau d’études secondaires, dont l’obtention atteste d’un niveau supérieur en français au Dilf, notamment à l’écrit. De son côté,
le Dilf (diplôme initial de langue française) certifie les premiers apprentissages en langue française, et peut constituer une étape avant le Delf (diplôme d’études en langue française). La première présentation à l’examen est prise en charge par l’État via l’Ofii, mais les passages suivants, si le candidat échoue, sont à sa charge. Le Delf concerne lui les personnes ayant au minimum un niveau d’études secondaires.

Les enseignants sont formés spécifiquement

En 2013, 23 732 personnes ont suivi une formation linguistique dans le cadre du CAI, ce qui représente 21,8% des signataires de ce contrat. Plus de 58% d’entre eux ont été orientés vers une préparation au Dilf. Ils sont 36,6% à suivre une formation pour passer un Delf, et 8% dans un parcours permettant d’avoir les deux diplômes. « Les enseignants sont formés spécifiquement pour ces publics, souligne Hervé Adami. il ne s’agit pas de professeurs de français langue étrangère, mais de français langue d’intégration. Nous avons créé un diplôme universitaire pour les formateurs en FLI qui peut se préparer à distance ».
L’enjeu est majeur : qu’il s’agisse de la pratique de la langue française ou de la citoyenneté, la formation est ainsi à même de jouer un rôle essentiel dans l’intégration des réfugiés.

par Cédric Morin, Centre Inffo, 2015

Repères - Bilan de compétences

Depuis 2009, les bénéficiaires d’un contrat d’accueil et d’intégration, âgés de 18 à 55 ans, sans formation initiale ni emploi, doivent suivre obligatoirement un bilan de compétences professionnelles. Il doit permettre aux intéressés de connaître et valoriser leurs expériences passées. Il doit être établi avant la fin du CAI, et à partir du moment où la personne a acquis des bases suffisantes en langue française. Ce bilan s’étend sur une durée de trois heures et il est conduit par un prestataire choisi par l’Ofii, à l’issu d’une procédure de marché public. En 2013, 43 865 bilans ont été prescrits, ce qui représente un taux de prescription de 40,3%.

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement