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Randstad France s’apprête à former les premiers “alternants de l’intérim”

Par Centre Inffo

La loi du 28 juillet 2011 sur le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels le prévoit, les jeunes intérimaires pourront bientôt signer des contrats d’apprentissage. Le décret d’application qui manquait a en effet enfin été publié, vendredi 13 avril.

Venue inaugurer, le 2  février dernier, les nouveaux locaux d’IMC Alternance, centre de formation d’apprentis du groupe Randstad installé en plein cœur de Paris, la ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle Nadine Morano a livré un nouveau plaidoyer pour l’alternance, mis en regard de quelque 1,6 million d’emplois non pourvus. Avec regret, elle n’aura pu saluer la première promotion d’alternants en intérim. En cause, le décret d’application sur les maîtres d’apprentissage, alors seul à manquer pour la mise en œuvre totale de la loi Cherpion du 28 juillet 2011.

De fait, la possibilité d’accueillir des alternants en intérim est très attendue de la branche, comme nous l’a confirmé François Roux, délégué général de Prisme [1], en précisant que le retard pris leur a fait “rater” la rentrée de janvier. L’objectif 2012 reste cependant d’atteindre les 1 500 contrats d’apprentissage, 3 000 étant l’objectif en vitesse de croisière confirmé par Nadine Morano. Une goutte d’eau rapportée aux “15 millions de missions d’intérim annuelles”, a concédé François Roux, qui voit cependant dans ces contrats d’alternance en intérim une très forte valeur ajoutée, liée à la richesse de l’expérience que pourront accumuler ces futurs apprentis  : “L’intérêt majeur va être de pouvoir former les jeunes dans nos différentes entreprises clientes, en leur permettant de connaître jusqu’à trois entreprises au cours d’un même contrat”, a-t-il insisté.

“Transformer notre vision des métiers”

Replaçant son discours dans le cadre de la promotion générale de l’alternance, la ministre a rappelé avoir signé ce même jour (voir ci-dessous) “une convention de développement de l’alternance pour atteindre 5 % des effectifs chez Airbus France, comme c’est déjà le cas en Allemagne”. Ajoutant  : “Nous savons que nous devons développer massivement l’alternance dans notre pays, c’est une révolution culturelle voulue par le président de la République parce que nous sommes confrontés à un chômage des jeunes qui est, depuis des décennies et au-delà de la crise, totalement structurel. Nous avons besoin de changer nos mentalités, à la fois chez les parents, chez les jeunes et dans le secteur éducatif au niveau de l’orientation.” Évoquant l’ancien président d’Alstom France, Robert Mahler, le directeur exécutif de Carrefour Proximité, Gérard Dorey, le jardinier en chef des jardins de Versailles, Alain Baraton, ou encore le chef étoilé Guy Savoy, tous issus de l’alternance et membres du Club de l’apprentissage lancé en avril 2011, la ministre a invité à valoriser définitivement l’alternance comme voie de promotion et de réussite, en s’inspirant au besoin de la situation allemande, exemplaire selon elle.

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Nadine Morano (DR)

Autre intérêt de l’alternance pour Nadine Morano, celui de préparer à un emploi  : “L’étude de Pôle emploi et du Credoc sur les besoins en main-d’œuvre [2] nous démontre que nous avons 1,6 million d’emplois potentiels dans les régions, répartis secteur par secteur  : nous ne naviguons pas à vue, nous savons quels sont les métiers en tension, ceux qui recrutent. Il manque par exemple 4 000 jeunes chaque année dans le secteur traiteur. En revanche, nous ne manquons pas de candidats pour aller en fac d’histoire ou de psycho... C’est en cela que nous devons complètement transformer notre vision de préparation aux métiers, dans tous les domaines”, a-t-elle argumenté.

Pénuries de recrutement

“En raison d’une mauvaise image, d’une réputation de pénibilité ou de préjugés sur les rémunérations, nous avons en effet du mal à recruter sur de nombreux métiers, de l’ouvrier qualifié à l’ingénieur R&D”, a confirmé Sébastien Buffet, de la direction communication Randstad France. Et de citer en exemple les “37 % de commandes non servies en 2011 sur la qualification de soudeur”, même si ce sont l’ensemble des secteurs qui sont touchés  : notamment, d’une part, les métiers manuels de la métallurgie, de la mécanique et de l’aéronautique dans l’industrie et, d’autre part, les métiers du gros-œuvre, des travaux publics, de la finition ainsi que le personnel d’encadrement de chantier dans le BTP. Également concerné, le secteur tertiaire présente la spécificité d’avoir “tout autant des métiers que des compétences en tension”. Ainsi, du métier de gestionnaire de paie, pour lequel Randstad vient d’ouvrir une formation afin de répondre aux besoins du marché, ou de celui d’assistant commercial, pour lequel “l’adéquation entre l’offre et la demande est rendue compliquée par le fait que la décision d’embauche est très souvent prise sur la base des compétences comportementales des candidats, voire du feeling entre le candidat et le recruteur”.

Solution de Nadine Morano  : “Si nous voulons vraiment changer nos dispositifs pour amener les jeunes sur le marché de l’emploi, c’est dès l’orientation que cela se passe, voire lors de la réorientation, parce que tout le monde a le droit de se tromper. C’est à ce moment-là que nous devons amener les jeunes vers l’ensemble des filières disponibles et qui recrutent. Le vrai problème, c’est la mauvaise adéquation entre les besoins des entreprises et la formation des jeunes. Il faut apporter des réponses structurelles au chômage des jeunes – et non pas de circonstance”, a-t-elle conclu.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

IMC Alternance, un centre de formation doté de 500 entreprises partenaires

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Abdel Aïssou (DR)

Prêt à accueillir dans ses nouveaux locaux parisiens sa première promotion d’alternants en intérim dès que le décret d’application sur les maîtres d’apprentissage aura été signé, l’Institut des métiers et des compétences, centre de formation adossé au groupe Randstad, a déjà formé environ 1 000 jeunes depuis sa création en 2005, dont près de 300 en 2011 [3].

Ceci du bac pro à la licence pro dans trois filières (commerce et marketing, informatique et nouvelles technologies, assistanat et ressources humaines, essentiellement par la voie de l’apprentissage, mais aussi par celle de la professionnalisation pour les demandeurs d’emploi. Avec ses 500 entreprises partenaires issues de la clientèle du groupe Randstad, IMC Alternance illustre l’intérêt des CFA d’entreprise, relève Delphine Pelade, directrice de l’apprentissage à la Région Île-de-France, ils “regroupent les deux partenaires indispensables à l’alternance  : le monde éducatif et celui de l’entreprise”. Pour Abdel Aïssou, directeur général de Randstad France et président d’IMC Alternance, il est désormais temps de “ré-inventer d’autres dimensions”, à commencer par le bac pro  : “130 000 bacheliers professionnels tous les ans, mais plus de 80 % d’échec quand ils vont dans l’enseignement supérieur”... Insistant  : “Il ne faut pas qu’une réussite, l’accession au baccalauréat, aboutisse à un échec d’insertion”, alors que “l’alternance est une réponse absolument pertinente”. Réponse à laquelle pourront désormais aussi prétendre les intérimaires, la publication du décret manquant permettant la pleine application de la loi Cherpion du 28 juillet 2011.

www.imc-randstad.fr

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

À consulter

[324 bac pro, 240 BTS, 24 licences pro

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