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Quelle reconnaissance pour les diplômes et les compétences des réfugiés ?

Par Centre Inffo

Comme tout migrant, les réfugiés qui tentent le voyage en Europe ne sont pas sans passé. En France comme en Allemagne, le reconnaître permet de mieux les accueillir. Exemples évoqués lors des 5èmes rencontres Euroguidance (Sèvres, 17 et 18 octobre 2016).

Comme en témoigne les process développés par Enic-Naric France, la première reconnaissance est d’abord administrative. S’il n’existe pas de procédure spécifique pour la reconnaissance des qualifications des réfugiés, comme cela peut exister dans d’autres pays européens à l’instar de la Norvège, explique Anissa Dziri, chargée de programme au département de la reconnaissance des diplômes, ceux-ci recourent de plus en plus aux services de l’organisme : en 2015, 1 4943 demandes de reconnaissance de diplômes sur un total de 19 899 ont concerné les réfugiés, majoritairement issus de Syrie et d’Irak. En 2016, la tendance est à la hausse avec 1 093 demandes enregistrées de janvier à juin pour un total de 10 717 dossiers. Gratuite pour les réfugiés qui voient leurs dossiers examinés en priorité, la procédure permet d’obtenir, au terme d’un parcours entièrement dématérialisé depuis mai 2015, une attestation de comparabilité de diplôme ou de niveau d’étude pour ceux n’ayant pas terminé leur cursus. Si l’attestation est sans valeur juridique, elle n’en apporte pas moins une aide à la lecture du parcours étranger et positionne le diplôme dans la nomenclature française des niveaux de formation et dans le cadre européen des certifications. « Elle permet à la personne d’expliciter son niveau pour la reprise d’étude ou l’accès à l’emploi », souligne Anissa Dziri qui détaille d’autres retombées révélées par l’expérience. Ainsi des employeurs, par exemple, qui recourent aux attestations pour positionner leurs salariés dans les grilles de rémunération.

Une main d’oeuvre recherchée en Allemagne

Cette dimension de l’utilité de la reconnaissance des compétences des réfugiés pour l’accès à l’emploi est particulièrement soulignée par Anja Block, représentante de l’Agence fédérale pour l’emploi (Allemagne). La très nette augmentation des demandes d’asile (477 000 en 2015 contre 53 000 en 2011) lui semble une opportunité pour son pays qui, rappelle-t-elle, connaît un taux de chômage de seulement 4,2 %. Reste que si près de 70 % des employeurs déclarent vouloir employer des réfugiés, ces derniers sont également environ 70 % à ne pas détenir de compétences formellement sanctionnées. Aussi et face aux quelques 500 000 réfugiés attendus sur le marché du travail cette année et l’an prochain, le Gouvernement allemand développe un programme d’identification des compétences non formelles et informelles en lien avec les agences pour l’emploi. Les compétences non sanctionnées mais utilisables sur le marché du travail sont repérées par le conseiller lors d’un premier entretien et, dès lors, suivies de tests métier qui visent à confirmer la réalité et la pertinence de ces compétences dans le contexte allemand. Pour dépasser l’éventuel obstacle linguistique, les tests s’appuient fortement sur l’image, la vidéo et, au besoin, la traduction. En cas de résultats probants, le candidat gagne en crédibilité auprès des employeurs, sinon, il peut être orienté vers un parcours de qualification qui correspond réellement à sa situation.

Et en France ?

Tous les réfugiés ne présentent pas un faible niveau de qualification et certains présentent à leur arrivée un solide bagage académique dans le supérieur. Exemple avec la promotion de réfugiés accueillie par Simplon, entreprise sociale et solidaire spécialisée dans la formation aux métiers du numérique des publics éloignés de l’emploi. Journaliste, chercheur en agriculture ou ingénieur, nombre d’apprenants étaient diplômés mais aucun n’était opérationnel sur le marché de l’emploi, ni ne connaissait de façon approfondie le codage informatique, objet de la formation. Dès lors et plutôt que de rechercher des preuves académiques à l’entrée en formation, Simplon préfère envoyer les candidats sur des sites comme Code Academy, plateforme gratuite de formation en ligne qui permet d’ « éprouver leur capacité à auto-apprendre et leurs motivations », explique Erwan Kezzar, co-fondateur de l’École Simplon. Au vu des résultats de la première promotion, le processus de sélection n’a pas déçu : « tous sont embauchables », assure Erwann Kezzar.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

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