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Pour l’ANDCIO, "le rapport Larcher fait ressurgir une notion de lieu unique très théorique"

« Pas grand-chose de neuf sur l’organisation de l’orientation en France », tel est l’avis de l’Association nationale des directeurs de centres d’information et d’orientation (ANDCIO) après lecture du rapport Larcher. Principale critique adressée aux travaux du sénateur : la proposition n° 6 qui prévoit la création dans chaque région d’une Cité des métiers pilote du service public de l’orientation (SPO). Reste à connaître les décisions du nouveau président...

« Dès 2010 », rappelle le conseil d’administration de l’ANDCIO, « nous nous étonnions, dans l’état d’alors du projet de décret sur la labellisation, qu’on envisage de labelliser sur un "lieu unique", c’est-à-dire des murs, plutôt que des services. » Deux ans plus tard, la position n’a pas changé et l’ANDCIO préférerait de loin voir prospérer le modèle breton des Maisons de la formation professionnelle (voir notre article), plutôt que de voir remis au goût du jour le concept initial de "lieu unique" que la circulaire du 26 mai 2011 avait traduit en "lieu géographique" [1].

Développer des réseaux de relations entre spécialistes

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Gérard Larcher (DR)

Commentant pour le Quotidien de la formation la position de l’ANDCIO, son président, Robert Poisson, détaille : « L’exemple de la Bretagne montre une structuration totalement différente des lieux uniques type Cité des métiers, avec une collaboration en réseau organisée autour des Maisons de la formation professionnelle, qui reconnaît chaque membre des réseaux participant et associe les différentes pratiques autour d’un certain nombre d’actes de terrain. » Favorable à une communication accrue entre acteurs de l’orientation, Robert Poisson se montre plus circonspect sur les conditions de mise en œuvre des coordinations de terrain. Ainsi des « plates-formes mutlifonctionnelles » évoquées à la proposition n° 13 [2] du rapport Larcher : « Nous pensons que la création et le développement de réseaux de relation entre spécialistes est une des clés de la réussite pour l’ensemble des publics mais, encore une fois, si on ne renforce pas chaque réseau dans sa pratique, on aboutit à quelque chose qui est un gloubi-boulga, pour le SPO labellisé comme pour ces plates-formes destinées aux demandeurs d’emploi. » Et de souligner la dimension selon lui « hyper-chronophage » de ces plates-formes : « Si on participe à l’ensemble des réunions qui organisent ce travail, nous avons vraiment d’énormes difficultés pour nous occuper de nos propres services car on passe notre temps dans des réunions de coordination. C’est un travail important mais il faudra bien le réorganiser de manière différente si on veut que cela puisse fonctionner. »

Les Cités des métiers n’ont pas de légitimité

Pour autant, « l’idée de plate-formes de communication entre les différents partenaires est essentielle pour l’orientation des différents publics », assure-t-il. Mais pour Robert Poisson, la solution Cité des métiers s’apparente à une fausse bonne idée : « Il s’agit de créer une structure — comme s’il y en avait déjà pas assez — chargée de structurer toutes les autres, sans aucune légitimité pour le faire. Les CIO ont ceci de spécifique dans l’histoire de l’orientation qu’ils sont les seuls qui ont une vocation pleine et entière à s’occuper d’orientation. Nous avons vraiment une légitimité particulière mais, pour pouvoir l’assumer, il nous faut une structuration qui corresponde à l’année 2012 et non pas aux années 1970. »

D’où le souhait rappelé par l’ANDCIO dans sa réaction au rapport Larcher, de voir doter les CIO d’un statut qui leur permette d’accéder à davantage d’autonomie : « Les CIO peuvent jouer un rôle moteur dans bien des régions, en pleine collaboration avec des réseaux de partenaires qu’ils connaissent bien, à condition de leur donner la structure administrative et la capacité de gestion financière qui convient à la mise en place d’un réel droit à l’orientation. Ce changement entraîne une nécessité majeure, celle de concevoir des gestions pluripartites État, collectivités locales qui pourraient avoir la forme d’une gestion conjointe d’un établissement public régional associant les rectorats, les Régions et les Départements à leur gestion tant politique que financière. » Et Robert Poisson de conclure : « En 2012, tout le monde comprend bien que l’orientation est un sujet crucial, mais on ne dote pas la structure qui devrait répondre à un certain nombre de questions dans ce domaine, des caractéristiques institutionnelles qui lui permettraient d’agir. »

Sur le même sujet, voir notre interview de Robert Poisson.

L’ANDCIO a également publié sur son site une réaction complète à l’ensemble du rapport Larcher : L’ANDCIO a lu le rapport Larcher

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

Proposition n° 6 du rapport Larcher [3] : "Installer au moins une « Cité des Métiers » dans chaque région et lui confier l’animation des structures labellisées SPO dans le cadre d’un plan de développement signé entre le Préfet, le Recteur, le Président du Conseil Régional et les partenaires sociaux."

[1Circulaire n° ETSD1110449C du 26 mai 2011 relative à la reconnaissance des organismes participant au service public de l’orientation tout au long de la vie, PDF - 1,10 Mo

[2Proposition n° 13 - Mettre en place dans chaque territoire des « plates-formes multifonctionnelles » réunissant les services d’orientation, de bilans de compétences, de validation des acquis de l’expérience, de formation aux compétences-clés (savoirs de base).

[3La formation professionnelle : clé pour l’emploi et la compétitivité (PDF - 560 ko), rapport remis au président de la République par Gérard Larcher, sénateur des Yvelines.- 65 p., 6 avril 2012.

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