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Passion sports et nature au Mondial des métiers en Rhône-Alpes

Par Centre Inffo

Point de marronnier ici. Seulement des sapins. À l’aube des trois semaines de pic d’activité des stations de montagne, le 18e Mondial des métiers en Rhône-Alpes était l’occasion de faire le point sur les métiers des sports et loisirs de nature alpestres. Reportage.

Fallait-il vraiment choisir le vendredi après-midi pour aller visiter le 18ème Mondial des métiers en Rhône-Alpes (Lyon, 6 au 9 février 2014), lorsque l’on s’intéresse davantage à l’orientation tout au long de la vie version pente douce qu’à l’orientation initiale ? Déjà, le tram aux allures de bus scolaire qui nous avait conduits de Lyon La Part-Dieu à Eurexpo nous avait alertés. Sur place, l’impression d’un léger ratage subsistait. Ils courent plus qu’ils ne marchent, leurs trajectoires sont difficiles à suivre. Un pas en avant, deux en arrière et trois de côté ponctués d’un cri haut perché, on ne les comprend pas toujours mais on les devine joyeux, semble-t-il heureux d’être là, ensemble. Tous en jean, baskets et sac à dos, cheveux tartinés de gel pour les garçons, maquillage de rigueur pour les filles, ils sont... jeunes. Et ont répondu massivement à l’appel d’une manifestation placée sous le signe de l’égalité Femme = Homme. "Tou.te.s concerné.e.s", proclame l’affiche du salon, ils sont donc tous là pour découvrir la trentaine de secteurs d’activité présentés. S’ils représentent ce jour l’essentiel du public, ils n’étaient pas les seuls invités. Comme en témoignent les imposants stands animés par le Prao [1] et le service public de l’emploi, la manifestation visait aussi les aînés. Mais d’adultes, nous n’en aurons pas beaucoup croisés, même si l’on nous expliquera qu’ils étaient bien plus nombreux hier et, surtout, que lors des éditions précédentes. Une chose est sûre, les absents avaient tort. A contrario de bien des manifestations dédiées à l’orientation, les stands avaient fière allure et rivalisaient de mise en scène pour assurer la promotion de leur secteur professionnel. Taille de pierre, coiffure, travaux publics ou métiers de bouche, un mot les fédérait tous : passion.

100 % tourisme

Exemple avec un secteur emblématique de la région Rhône-Alpes, les sports et loisirs de nature et montagne. Derrière l’appellation, une multitude de métiers : au premier rang desquels l’animation sportive (ski, VTT, spéléologie, voile, vol libre, canyonisme, escalade...) et pédagogique (animateur nature-environnement, écogarde, …), l’hôtellerie-restauration, mais aussi tous ceux relatifs à l’accueil touristique, le marketing, la construction ou encore la maintenance. Si certains sont connus, d’autres interpellent, tel le nivolculteur, chargé de produire la neige de culture destinée à contrer les aléas de la météo. Présents à tous les niveaux de formation et dans quasiment tous les domaines, ils ont en commun de former un « enjeu capital » pour la région. Dixit Claude Comet, vice-présidente déléguée au tourisme et à la montagne, qui assure que la moitié des emplois existants dans ces métiers sont en Rhône-Alpes : « On parle sans arrêt de ré-industrialiser la France on aimerait bien mais nous avons quand même le tourisme, vecteur absolument extraordinaire d’emplois. En Rhône-Alpes, c’est un volume d’affaires à peu près égal à 10 milliards d’euros, soit le volume d’affaires de l’Égypte aux plus belles années ! 200 000 emplois directs, autant d’indirects ! », s’enthousiasme-t-elle.

Une passion, des emplois

Parmi les acteurs venus témoigner du potentiel, Thierry Bedos, responsable du Pôle ressources national des sports de nature et directeur du Creps [2] Rhône-Alpes. Évoquant un domaine à la croisée de l’environnement, du tourisme et du sport, il choisit, lui, d’insister sur le dynamisme croissant du secteur : « Le métier a évolué, d’une activité très saisonnière et très centrée sur la montagne à une activité de plus en plus longue sur la saison et qui se diversifie au-delà de la montagne. » Exemple ? « Les moniteurs guide de pêche, nouveau métier associé à un diplôme, ils ne sont pas très nombreux, aux environs de 400 en France, mais tous arrivent à travailler », assure-t-il. Sébastien Heude, directeur des centres UCPA [3] de La Vanoise-Maurienne, confirme : « Il y a beaucoup de travail et beaucoup de besoins. L’UCPA embauche 1800 saisonniers pour l’hiver, dont 800 pour l’animation sportive, essentiellement des moniteurs de ski. » Le rêve pour les amateurs de sports d’hiver ? « Cela demande tout de même une certaine base, idéalement une pratique du ski de compétition, au moins une pratique du ski touristique avec un gros volume », tempère-t-il. Les atouts pour réussir ? « La condition physique, une bonne hygiène de vie, la volonté, l’envie de réussir et de se dépasser. » C.Q.F.D. : « Ce ne sont pas les vacances à la neige ! » Soucieux de ne pas effrayer, Sébastien Heude s’empresse d’ajouter : « A cœur vaillant, rien d’impossible, et le métier ne connaît pas la crise avec une mise à l’emploi instantanée à l’issue de la formation. »
Si le statut de l’animateur sportif saisonnier est majoritairement le CDD, celui-ci est quasiment automatiquement renouvelable tous les hivers. Pour les détenteurs d’une bi-qualification, à même de travailler toute l’année, la porte au CDI est ouverte. Ceci pour rappeler que si le ski représente le Graal du saisonnier hivernal en Rhône-Alpes, il n’est bien sûr pas le seul débouché pour les professionnels de l’animation sportive : canoë, kayak, voile, plongée sous-marine, VTT, parapente, etc., sont autant de cordes à rajouter à son arc. En termes d’évolution, de jolis parcours sont possibles dès lors que l’on assume la prise de responsabilités d’encadrement, à l’instar de Sébastien Heude qui a commencé comme moniteur de ski et de voile et qui dirige aujourd’hui trois centres UCPA. Même son de cloche chez Patrick Hazeaux, directeur de la Maison du tourisme de la Plagne (Savoie), qui vante l’évolutivité et la transversalité des métiers : « On peut tout à fait être hôtesse d’accueil et être passionnée d’animation sports et montagne », soit dans le cumul, soit successivement.

Des sportifs mais pas que...

Si chaque olympiade est l’occasion de dépenses jugées dispendieuses, Patrick Hazeaux témoigne, lui, d’une dépense transformée en investissement. Héritée des Jeux olympiques d’Albertville (1992), l’unique piste de bobsleigh de France constitue aujourd’hui l’une des attractions phares de la station savoyarde. Au-delà de l’activité de compétition qui perdure, la piste accueille en effet quelque 15 000 touristes chaque hiver, preuve qu’un équipement olympique peut aussi valoriser « l’après-ski » d’un domaine. Nécessitant un entretien rigoureux, le site permet surtout de témoigner de la diversité des emplois liés au tourisme sports et nature, avec des frigoristes chargés de l’exploitation de l’usine de froid dédiée au refroidissement des 1,5 km de piste. Techniciens auxquels s’ajoute une équipe de « glaciers » en charge du travail manuel de la glace, momentanément débauchée à Sotchi. Visiblement fier de son attraction, le directeur de la Maison du tourisme de La Plagne n’en délaisse pas pour autant « les autres métiers dont on n’a pas idée » : hôtesses d’accueil qui parlent deux ou trois langues au minimum, animateurs titulaires du Bafa, spécialistes de l’événementiel bac +5, aussi bien en charge d’une fête que de l’organisation de la finale de la coupe du monde de freestyle.
Sans oublier les métiers « plus techniques, liés à la logistique et à la mise en œuvre ». En l’occurrence, l’exemple peut venir de la nécessité de capter les touristes en toute saison. Inversant le slogan des promoteurs immobiliers qui vante « la campagne à la ville », La Plagne s’est ainsi dotée d’un « urban park » de 2000 m² dédié à l’ensemble des sports de glisse. Accessible été comme hiver, le site cible clairement les ados qui risqueraient de détourner leurs parents de la station avec un message on ne peut plus clair adressé par Patrick Hazeaux : « La montagne, c’est bien entendu un univers de pleine nature mais aussi un lieu d’activités très fun. » Génératrice d’emplois au long cours en matière d’animation, l’installation nécessite également d’autres corps de métiers (menuiserie, plomberie, etc.) pour sa construction et sa maintenance, lesquels peuvent tout à fait venir compléter l’activité d’un travailleur saisonnier.

Autre exemple avec Nathalie Saint-Marcel, directrice du Cluster Montagne. Évoquant tous les métiers de la création et de l’ingénierie des équipements et aménagements nécessaires aux pratiques sportives et ludiques, elle livre un ultime témoignage de l’extrême diversité du secteur : si l’animation est le versant visible de l’iceberg, rien ne serait possible sans les professionnels de la comptabilité, de la technique, du marketing, du commercial, du montage ou de la maintenance. Est-on vraiment toujours dans le même rêve ? « La passion n’a pas le même sens », admet-elle. Et de conclure : « les passionnés, c’est formidable parce que ce sont des gens moteurs ; mais il faut aussi des gens qui ont un petit peu plus de recul, voire de neutralité par rapport à l’objet de la passion pour faire évoluer les choses sereinement. »

Et pour les demandeurs d’emploi ?
30 000 demandeurs d’emploi suivent chaque année une formation financée par la Région Rhône-Alpes. Pour y accéder, une rencontre avec un conseiller qui validera le projet professionnel est indispensable. Une information de premier niveau peut être délivrée dans l’un des « Points d’accueil et d’information sur la formation », déployés sur l’ensemble du territoire et référencés sur le site du service public régional de la formation, www.sprf.rhonealpes.fr. L’offre de formation accessible aux demandeurs d’emploi est, elle, référencée sur le site www.maformation.rhonealpes.fr. À titre d’exemple, le futur moniteur de ski peut ainsi trouver des financements pour sa préparation au brevet d’État d’éducateur sportif mention ski alpin, ou se perfectionner en anglais du tourisme orienté neige et montagne. La recherche sur le site du Conseil régional pourra utilement être complétée par une consultation du moteur de recherche du Pôle Rhône-Alpes de l’orientation, www.rhonealpes-orientation.org/offr..., qui présente bien d’autres formations accessibles aux demandeurs d’emploi (contrat de professionnalisation, congé individuel de formation CDD). Ainsi, par exemple de la formation de cordiste, qui comporte pas moins de 15 offres et se révèle tout à fait adaptée à la bi-activité des professionnels de la spéléologie et de l’escalade.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

À consulter

[1Pôle Rhône-Alpes de l’orientation.

[2Centre régional d’éducation populaire et de sport.

[3Union nationale des centres sportifs de plein air.

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