Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil du site > Orientation et approche sexuée

Orientation et approche sexuée

Par Euroguidance France

Si les systèmes éducatifs ont réalisé des avancées majeures pour ce qui est de réduire les écarts constatés entre filles et garçons en termes de résultats scolaires, un net fossé demeure entre eux sur le plan de l’orientation professionnelle. Laquelle se détermine bien plus tôt qu’on ne le pense généralement, tel est le constat dressé dans un nouveau rapport de l’OCDE. Cet état de fait résulte en partie des préjugés entretenus, sciemment ou non, par les parents, les enseignants et les employeurs.

Inégalité des sexes : en matière d’orientation professionnelle le fossé demeure

Les garçons font des stages, les filles recherchent sur le net

Dans un sous-échantillon de pays et d’économies ayant participé à l’enquête PISA 2012, les garçons et les filles ont été interrogés sur ce qu’ils faisaient pour se renseigner sur la poursuite de leurs études ou leur avenir professionnel. De leurs propres dires, les garçons sont en général plus susceptibles que les filles de faire un stage en entreprise, d’effectuer des stages d’observation ou des visites d’entreprises, de se rendre à un salon de l’emploi ou encore de consulter des conseillers d’orientation professionnelle en dehors de leur établissement scolaire. En moyenne, dans les 15 pays de l’OCDE où les élèves ont répondu à cette partie du questionnaire, 30 % des garçons, mais seulement 25 % des filles, indiquent avoir fait un stage, et 40 % des garçons, mais seulement 34 % des filles, avoir effectué un stage d’observation ou une visite d’entreprise. Faut-il en déduire que les employeurs favorisent spontanément les garçons ?
En revanche, les filles sont plus susceptibles que les garçons de répondre à un questionnaire afin de déterminer leurs centres d’intérêts et leurs aptitudes, et de chercher des informations sur internet à propos de différentes professions. Ainsi, 66 % des filles, mais 59 % des garçons, indiquent avoir répondu à un questionnaire afin de déterminer leurs centres d’intérêts et leurs aptitudes, 76 % des filles, mais 67 % des garçons, avoir cherché des informations sur Internet à propos de différentes professions, et 59 % des filles, mais seulement 49 % des garçons, avoir cherché des informations sur Internet à propos des programmes d’études qu’ils pourraient suivre.

Quels types d’information recherchent-ils ? Ici encore, ils se différencient.

Dans le cadre de leur recherche d’informations sur les différents types de métiers, les filles tendent à privilégier les activités plus faciles d’accès et moins concrètes. À l’inverse, les garçons semblent non seulement plus susceptibles de suivre des filières d’enseignement plus « pratiques » et en lien avec le monde professionnel, mais également d’essayer d’avoir une expérience concrète dans un emploi du secteur dans lequel ils envisagent à terme de travailler. Les stages, les observations et les visites d’entreprises permettent non seulement aux garçons d’affiner leur compréhension du marché du travail, mais ces activités pratiques constituent également un premier pas dans l’établissement de réseaux et de connexions qui pourront s’avérer fort utiles le moment venu de chercher réellement un emploi. Tout se passe comme si les garçons se demandaient « Suis-je capable de faire ce travail ? », et les filles, « Suis-je assez bien pour ce travail ? Les autres pensent-ils que je conviens pour ce poste ou ce type de profession ? »

De quelles compétences à s’orienter, disposent-ils ?

Sont-ils préparés pour leur entrée sur le marché du travail ?

Un questionnaire sur le parcours scolaire a également permis d’identifier les compétences acquises par les élèves à l’école ou en dehors, et susceptibles de les aider pour leur entrée sur le marché du travail ou dans leurs choix pour la poursuite de leurs études. Le questionnaire invitait ainsi les élèves à indiquer s’ils avaient acquis, à l’école ou en dehors, les compétences suivantes : trouver des informations sur les métiers qui les intéressent ; chercher un travail ; rédiger leur curriculum vitae (CV) ou un profil de leurs qualifications ; préparer un entretien d’embauche ; trouver des informations sur les programmes du deuxième cycle du secondaire et de l’enseignement supérieur qui les intéressent ; et trouver des informations sur le financement des études (par exemple, prêt étudiant ou bourse d’études).

Filles ou garçons, ils ne sont pas prêts

Selon les déclarations des élèves, l’enquête PISA montre qu’en moyenne, les garçons sont plus susceptibles que les filles d’avoir acquis un ensemble de compétences de nature à les aider à s’orienter dans le processus de recherche d’emploi, à postuler à un poste spécifique et à réussir un entretien d’embauche. Toutefois, un pourcentage non négligeable de garçons et de filles ne semblent préparés pour aborder ni la poursuite de leurs études, ni l’entrée sur le marché du travail.
Près d’une fille sur quatre et d’un garçon sur cinq déclarent ne pas savoir comment chercher un emploi. Et les filles et les garçons se sentent encore moins préparés pour les entretiens d’embauche : 43 % des filles et 37 % des garçons déclarent ainsi ne pas maîtriser les compétences requises pour réussir un entretien d’embauche. Parmi les garçons et les filles, près d’un sur trois indique ne pas avoir acquis les compétences nécessaires à la rédaction d’un CV ou du profil de ses qualifications, tandis que 14 % des garçons et 15 % des filles disent ne pas savoir comment trouver des informations sur les métiers qui les intéressent. Si les garçons sont plus susceptibles que les filles de déclarer ne pas savoir comment trouver des informations sur les programmes d’éducation et de formation qu’ils pourraient suivre après la fin de leur cycle d’études en cours, 26 % des garçons et 23 % des filles indiquent, en moyenne, n’avoir jamais acquis ce type de compétence. En outre, les garçons sont moins susceptibles que les filles d’indiquer ne pas savoir comment trouver des informations sur le financement de leurs études : 52 % des filles déclarent ainsi n’avoir jamais acquis ce type de compétence, contre 46 % des garçons.

En conclusion, et probablement trop rapidement puisque l’enquête Pisa a été menée à l’international sur plusieurs continents, nous sommes encore très loin de rendre concret le premier axe de la directive européenne de 2008, qui sous-tend que « la capacité de s’orienter est déterminante pour donner aux citoyens les moyens de les rendre acteurs de la construction de leur parcours d’éducation, de formation, d’insertion et de vie professionnelle. Cette aptitude, devrait être entretenue tout au long de la vie, et s’appuyer sur les compétences clés, notamment la compétence "apprendre à apprendre" ».

par Euroguidance France, 2015

Réalisé avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme Euroguidance. Son contenu n’engage que son auteur, la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

À consulter :

  • Rapport OCDE 2015 L’égalité des sexes dans l’éducation – Aptitudes, comportement et confiance – construit à partir de l’enquête Pisa 2012

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement