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Accueil > Opération “Assistance en escale au féminin”

Opération “Assistance en escale au féminin”

Par Centre Inffo

Plusieurs jeunes, garçons et filles, scolarisés ou en insertion, ont découvert les métiers de l’assistance en escale en rencontrant des professionnelles à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

Les femmes du secteur de l’aérien
étaient à l’honneur du 17 avril
au 15 mai. Certaines d’entre elles
ont présenté les métiers de l’assistance
en escale qu’elles exercent à
l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Lors de la dernière journée d’information,
le 15 mai, le public, installé dans
les locaux d’Air France, était composé
d’une quarantaine de jeunes femmes et
de jeunes hommes, en cours de scolarité
ou en insertion professionnelle.
“Ce projet a été initié par la Fédération
nationale de l’aviation marchande
(Fnam), qui souhaite mettre en valeur
les métiers de l’assistance en escale, et par
la Région Île-de-France, engagée dans
le développement de l’égalité professionnelle
entre les hommes et les femmes. La
Fnam a ainsi confié la mise en œuvre des
échanges entre les jeunes et les professionnels
à Airemploi Espace orientation”
, a
souligné Catherine Joudiou, directrice
de l’association Airemploi.

Le parcours d’une ancienne hôtesse de l’air

Émilienne, technicienne “masse et
centrage” au sein de la compagnie Air
France, a dévoilé les diverses facettes
de son métier : “Je prépare le plan de
chargement des avions de jour comme de
nuit. Il s’agit de produire une documentation
de masse et centrage spécifiant la
charge et sa répartition dans l’avion. Je
gère quatre à six vols en simultané et il
ne faut pas être hostile à l’informatique,
très utile pour établir cette documentation.”

Titulaire d’un BTS tourisme, elle
a débuté en 1988 chez Air France par le
métier d’hôtesse de l’air (ou PNC, personnel
naviguant commercial) et elle a
poursuivi sa carrière dans d’autres secteurs
d’activité de la compagnie. “On
ne peut pas débuter directement dans ce
métier car il est nécessaire de posséder des
bases en matière d’exploitation aéronautique.
J’ai la chance de travailler pour
une grande compagnie qui, dans le cadre
du système de formation, nous accompagne
sur les plans théorique et pratique
jusqu’au moment où l’on se sent prêt à
exercer une autre fonction.”

Pour aider les jeunes à “se projeter”

De son côté, Meziane Aftis, représentant
le Groupement d’employeurs pour
l’insertion et la qualification (Geiq)
Aéro, a précisé : “Nous recrutons des
jeunes en difficulté d’insertion, des demandeurs
d’emploi de plus d’un an, des
bénéficiaires de minima sociaux pour des
postes d’agent d’escale (enregistrement,
embarquement, débarquement, correspondance
des passagers...) et des postes d’agent
de piste (tractage et repoussage de l’avion,
manipulation de passerelles, chargement
et déchargement de bagages, commissariat
hôtelier...) en contrat de professionnalisation.”

Mais beaucoup de jeunes femmes
ne se projettent pas sur ces activités ou
considèrent que cela ne les concerne
pas. En outre, les publics moins qualifiés
n’imaginent pas pouvoir travailler
sur une plateforme aéroportuaire. Les
échanges ont donc permis de casser les
clichés et de se plonger au cœur des métiers
tout en encourageant les femmes à
s’y intéresser.

Virginie présente le métier d’agent de piste

Agent de piste depuis sept ans, Virginie
travaille pour la société Alyzia (assistance
en escale) du groupe 3S. Elle est
l’une des trois femmes qui exercent sur
la piste de Roissy, autour de l’avion.
L’agent de piste s’occupe des placements
avions et des rampes, du chargement-
déchargement des bagages et
du fret sur les différents aéronefs. Dans
le respect des règles du chargement et
des consignes de sûreté et de sécurité,
il travaille en soute, fait les transferts
des bagages dans les galeries. Il est
chargé des opérations de tractage
des avions (push-back) et conduit les
matériels d’assistance aéroportuaire.
“Il y a beaucoup d’interactivité autour
de l’avion et il faut savoir travailler
avec les autres salariés qui exercent une
autre fonction. En outre, il est nécessaire
d’avoir une bonne condition physique,
notamment lorsqu’il y a 200 bagages à
charger avec les bras, voire 300 à 350
sur un avion gros porteur...”
Les jeunes
se regardent, médusés. Virginie poursuit
 : “Côté vestimentaire, hommes et
femmes sont logés à la même enseigne :
bleu de travail, et nous portons des protections
(chaussures adéquates pour la
piste, des casques, des bouchons pour les
oreilles à cause du bruit, des genouillères
pour le travail en soute).”

Une littéraire qui charge les bagages

À ses côtés, Jessica, 35 ans, qui exerce
le même métier, prend la parole : “J’ai
débuté à l’âge de 22 ans sur les pistes.
J’ai un bac L (littéraire) et j’ai d’abord
travaillé comme maquilleuse dans le cinéma
et la mode avant de connaître le
chômage puis un emploi dans la bureautique.
Sur le tarmac, il faut être polyvalente
et effectivement, savoir charger les
bagages comme un homme. Il y a aussi
le tractage de l’avion et si le matériel
tombe en panne, on doit être très réactif
tout en faisant attention aux collègues et
à l’avion.”
Face aux jeunes, Jessica les
invite à “essayer ce métier et à s’accrocher
pour l’exercer”
. On le voit, l’opération
d’information a pour but d’orienter les
jeunes filles en suscitant leurs propres
aspirations et ambitions loin de tout
déterminisme sexué.

Des femmes pour les “métiers d’hommes”, et réciproquement

Avant la visite du hub (“moyeu”, en
français) d’Air France de l’aéroport,
Jean-Paul Claret, responsable de la
communication de celui de Roissy
(pour l’exploitation sol) Air France,
a remotivé les troupes en blaguant
avec les jeunes et en précisant que la
compagnie nationale emploie 7 000
personnes (sans compter le personnel
navigant), soit 4 000 salariés affectés
au pôle clients et 1 500 salariés au pôle
avions. Et de laisser la parole à des salariées
du pôle clients. Sonia, depuis
15 ans chez Air France, a “commencé
à la correspondance, c’est-à-dire par
l’accueil du client qui arrive à Roissy et
repart sur un autre vol”
.
“Après cinq ans d’activité
dans ce domaine, j’ai
intégré le service passage
qui consiste à procéder à
l’enregistrement, à l’embarquement
et au débarquement
des passagers. Je suis
aujourd’hui responsable de
ce service au sein duquel
il y a surtout des filles.
Cependant, les garçons y
ont leur place et seule la relation
clients nous motive.”

L’entrée de Jennifer chez
Air France date de 2004,
“par le biais du centre de
formation des apprentis
des métiers de l’aérien.
Après ma formation en
alternance, j’ai commencé
comme agent d’escale commercial
en court et moyen
courriers puis en 2007, en
long-courriers. L’objectif est
le même, mais le timing est
différent en matière de traitement
des passagers. Nous
avons un rôle commercial,
mais également en matière
de sécurité”
.

Pouvoir changer de métier tous les trois ans

L’agent d’escale donne aussi toutes les
informations sur les départs, les arrivées
et les correspondances. Il peut prêter
assistance aux passagers au niveau des
bornes en libre-service. Il traite également
les litiges bagages à l’arrivée des
vols. Jennifer fait valoir que “hommes et
femmes perçoivent le même salaire dans ce
type de travail”
. En outre, “tous les trois
ans, le personnel Air France peut changer
de métier”
. Il n’est donc pas nécessaire
de quitter la compagnie pour bénéficier
d’une ascension professionnelle et
sociale.
Après les témoignages, les organisateurs
ont diffusé sur écran “Elles et
ailes : toutes en piste”
, un clip tourné
par 12 jeunes (6 filles et 6 garçons) de
l’association “Les ailes de la ville”, sous
l’égide de la Fnam et d’Airemploi, et
inscrit au concours national “Je filme
le métier qui me plaît”
, session 2014.
L’association “Les ailes de la ville”,
accueillant un groupe sur les métiers
de l’assistance en escale, participe à ce
concours pour la promotion du métier
de la piste en direction des filles.

“La relation clients ne s’improvise pas”

Présentes dans la salle, les jeunes filles
du clip ont été vivement applaudies
par l’ensemble des participants. Le clip
a d’ailleurs obtenu un “Clap d’or” le
20 mai, à l’occasion de la remise des prix.
Une fois le déjeuner englouti, place à la
visite du terminal 2E, via les jetées d’embarquement
des halls K, L et M, réservés
aux vols internationaux (hors espace
Schengen) et exploités par Air France. Le
nouveau hall M, inauguré voici un an, a
fait forte impression. Juste avant d’entrer
dans le salon business d’Air France, on
aura noté la succession, au centre du
hall, des boutiques de grandes griffes, la
dizaine d’espaces de restauration, et la
présence d’un espace de 200 m2 dédié à
l’art, qui accueille des œuvres prêtées par
les musées parisiens. Au sein du salon
Air France, “qui accueille la clientèle la
plus exigeante”
, la géographie des lieux
invite à la détente, avec un espace relaxation,
un autre pour la restauration... La
relation clients ne s’improvise pas : amabilité,
sourire, pratique de langues étrangères
(surtout l’anglais qui n’est pas une
langue étrangère dans l’aéronautique !)...
autant de compétences à maîtriser.

par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2014

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