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Questions à Anne Le Ny, actrice, réalisatrice et scénariste
Comédienne de théâtre et de cinéma depuis 1986 (Le goût des autres, Mon petit doigt m’a dit…, Intouchables), Anne Le Ny a elle-même connu une forme de reconversion professionnelle en passant de l’autre côté de la caméra en 2007, pour les besoins de Ceux qui restent, son premier
long-métrage. On a failli être amies, son quatrième film sorti à l’été 2014, est une comédie qui met l’Afpa à l’honneur ! Rencontre.

"Montrer l’image que chacun se fait de soi à travers son métier"

L’idée de faire de l’univers de la formation professionnelle la trame d’un film vous trottait-elle dans la tête ou y êtes-vous venue par hasard ?

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Anne Le Ny (DR)

Anne Le Ny : J’avoue que je ne connaissais pas vraiment
l’Afpa avant la préparation de ce film. Ni
le monde de la formation professionnelle,
d’ailleurs. L’idée de faire du personnage
de Karin Viard une formatrice m’est venue
en 2012, sur le tournage de Cornouaille.
Lors d’une discussion avec mon assistante monteuse,
Cécile Pradère, je lui ai demandé
comment elle en était venue au cinéma. C’est
là qu’elle m’a expliqué avoir été elle-même
formatrice pour adultes dans un institut – qui
n’était pas l’Afpa – et, qu’à force d’aider les
autres à se reconvertir professionnellement
et à les voir s’épanouir dans leur deuxième
carrière, elle avait elle-même décidé de sauter
le pas. L’idée a germé à ce moment-là. Et
puis, j’avais toujours voulu parler du monde
du travail dans un de mes films. Non pas sous
l’angle du “monde impitoyable” de l’entreprise
– que je ne connais pas et qui a souvent
été exploité au cinéma – mais au travers de
l’image que chacun se fait de soi-même par
rapport à son métier, sur le rapport intime
que l’on entretient avec lui, de la part de soi
qu’on y projette. J’avais envie d’exploiter tous
ces thèmes-là. Car même si le film reste une
comédie, ce thème du rapport au travail est
omniprésent.

À la sortie de l’avant-première, certains conseillers de l’Afpa présents se sont reconnus dans les situations de travail rencontrées par le personnage de Marithé. Vous êtes-vous immergée dans leur univers professionnel avant d’écrire le scénario ?

Anne Le Ny : Pas du tout. J’ai écrit mon scénario à partir
de l’histoire que je souhaitais raconter et
ensuite, je l’ai fait relire à Cécile Pradère
pour savoir si mes idées correspondaient
à la réalité professionnelle qu’elle avait
connue. Je me suis juste basée sur mon
bon sens pour imaginer les situations qu’un
formateur pouvait rencontrer au quotidien.
Pour mon premier film, Ceux qui restent, qui
se déroulait dans le secteur hospitalier, j’avais
effectivement dû davantage m’immerger dans
le milieu professionnel du personnel d’un
hôpital, mais pour On a failli être amies, j’ai
surtout fait preuve d’imagination. Y compris
pour imaginer les dysfonctionnements.

Karin Viard a-t-elle été coachée par un formateur de l’Afpa pour s’imprégner du rôle ? A-t-elle fait un stage d’immersion dans un centre de formation pour trouver l’inspiration ?

Anne Le Ny : Non, Karin s’est référée à mon scénario pour
entrer dans le rôle. Elle n’a pas eu besoin de
s’immerger dans cet univers pour épaissir
son personnage. Après tout, le travail d’une
actrice, c’est avant tout de savoir faire
preuve d’imagination. Autant Roschdy Zem
a effectivement suivi quelques cours pour
apprendre les gestes techniques nécessaires
afin de donner de la crédibilité à son
personnage de cuisinier étoilé, autant Karin
s’est basée sur son instinct et son talent. Et
puisque les professionnels de l’Afpa se sont
reconnus en elle, c’est bien la preuve que c’est
une grande actrice ! (Rires).

Le tournage s’est-il passé dans les locaux d’un centre Afpa d’Orléans, comme le suggère le film ?

Anne Le Ny : Pour choisir les lieux de tournage, je me suis
surtout fondée sur les besoins d’une équipe de
tournage. Où poser les caméras ? Où installer
la régie ? Comment laisser assez de place aux
acteurs pour évoluer dans le décor ? Les lieux
sont-ils photogéniques ? Malheureusement,
les locaux disponibles ne correspondaient
pas à mes besoins. Les extérieurs ont donc
été tournés à l’École supérieure d’art et de
design d’Orléans et les intérieurs au Centre de
la danse, à Pantin. Et puis, il n’était pas non
plus question de déranger les personnels et
les stagiaires pendant leurs activités. Mais le
cinéma, c’est aussi l’art de raconter des choses
vraies à partir du faux !

Propos recueillis par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2014

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