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Maximilien Meurs, généraliste en chef

Par Centre Inffo

Longtemps subi, le changement de métier est
désormais abordé par de plus en plus d’actifs
comme un véritable choix d’orientation
permettant de progresser et de conserver
la cohérence d’un parcours. Tel est le cas
de Maximilien Meurs, 35 ans et tout récent
responsable de l’ingénierie de formation de
la CFTC.

Loin d’avoir commencé dans les ressources
humaines, il a d’abord opté pour une
carrière de journaliste. “La vocation m’est
tombée dessus au cours d’un stage”
,
explique-t-il pour justifier son choix
d’abandonner ses études d’ingénieur et
d’entamer une formation en alternance en
journalisme et communication.

À la recherche du “trait d’union”…

Enchaînant les piges pendant dix ans,
aussi bien dans la presse grand public
que scientifique, il satisfait alors ce qu’il
décrit comme une “soif de découvrir et
d’apprendre quasi encyclopédique”
, alliée
au “plaisir de retransmettre”. Revers de
la médaille : le statut de pigiste. Non pas
que le travail manque, les difficultés de la
presse écrite font paradoxalement plutôt
son bonheur, mais une certaine lassitude
finit par pointer quand il faut reconstruire
son réseau à chaque nouvelle rédaction
en chef. Ajouté à un “sentiment d’inertie”,
la situation l’amène à réfléchir au secteur
de la communication, expérimenté en tant
que bénévole à la Croix-Rouge. Recruté à
la CFTC, il y devient rédacteur en chef du
magazine de l’organisation, tiré à 145 000
exemplaires. Heureux ? “Oui, sauf que
j’avais l’impression de toucher beaucoup de
monde mais pas forcément de marquer”
,
se souvient-il. D’où l’idée, qui émerge
peu à peu, que la formation pourrait
bien apporter le supplément d’âme à sa
quête d’utilité sociale. Ne reste plus qu’à
candidater quand un poste de responsable
de l’ingénierie de formation se libère en
interne. Au dénominateur commun entre
ces trois métiers − esprit généraliste et
sens de la transmission
– Maximilien Meurs
y a ajouté une touche
personnelle provenant
de sa formation initiale :
la rigueur scientifique. Et
si le choix initial d’une
filière scientifique apparaît
aujourd’hui davantage
dicté par les aptitudes
que motivé par un réel
projet professionnel, il
souligne s’appuyer encore
sur les acquis de cette
période. Aucun regret
donc, pas plus qu’il n’en
formule à l’égard de ses
anciens métiers, dont
les compétences lui
paraissent tout aussi utiles
en formation. Ce “trait
d’union”
− l’expression
provient de lui − entre les
différentes facettes de
son parcours, il le retrouve
au sein même de son poste de responsable
de formation : “Je fais quelque chose de
très concret et je me sens vraiment utile,
un peu le trait d’union entre les instances
dirigeantes, la stratégie générale de
l’organisation et les militants.”

La formation, fonction stratégique de l’entreprise

Alors, facile la reconversion ? Pas
impossible, plutôt. Il le souligne lui-même,
le passage à la formation était moins
évident que celui du journalisme à la
communication. Aussi a-t-il cette fois-ci
eu “envie de conforter son nouveau poste
et d’accompagner ce gros changement par
un diplôme”
. Fort d’un congé individuel de
formation, le voici donc à nouveau sur les
bancs de l’université, toujours en alternance.
Expliquant son choix de suivre un cursus
“Management de la formation” à Paris-
Dauphine, il en commente le programme :
“Politique de formation en lien avec la
stratégie de l’organisation, ingénieries au sens
large et pilotage de la fonction formation,
cela correspondait exactement à ma vision du
poste : on a besoin de jongler entre ces trois
axes”
, assure-t-il.
Arrivé dans la formation alors que se préparait
la dernière réforme, Maximilien Meurs veut
croire à un véritable changement : “J’ai
l’impression que l’on arrive à quelque chose
de plus stratégique : maintenant, nous,
responsables de formation, allons être obligés
de montrer que la formation est un véritable
levier d’investissement et de développement.”

Ce qui lui ferait regretter son choix ? “Que mes
postes m’enferment dans la gestion, ce qui
est une réflexion qui se fait probablement pour
n’importe quel poste dans les RH”
, observe-t-
il. “Ce qui m’intéresse, c’est de garder la
gestion à hauteur de 20 % et de pouvoir
développer les stratégies de l’organisation et
de les traduire en politiques de formation”
,
conclut-il.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

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