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Lutter contre les ruptures de contrats d’apprentissage

Avec plus du quart des contrats d’apprentissage qui ne vont pas à leur terme, la sécurisation des parcours est devenu un enjeu primordial pour lequel se mobilisent tant les acteurs des CFA que les Régions, en charge de la compétence "Apprentissage".

Objectif fort du guide d’autodiagnostic en direction des CFA, la lutte contre les ruptures de contrat d’apprentissage commence largement en amont de la signature des contrats en développant l’information sur l’apprentissage. “Une grande part des abandons sont liées à un défaut d’orientation. Nous souhaitons travailler davantage avec le Rectorat pour améliorer l’information sur la réalité des métiers et de l’apprentissage”, déclare Dominique Gautier, directeur de l’apprentissage à la Région Centre-Val-de-Loire.

Ambassadeurs de l’apprentissage

En 2017, dans le cadre du contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP), cette Région travaille à la mise en place d’“ambassadeurs de l’apprentissage”, des apprentis en cours de formation, intervenant dans les collèges. “Nous souhaiterions aussi que les stages de découverte des métiers de troisième puissent être réalisés au sein de CFA, ce qui permettrait de faire découvrir différentes professions”, ajoute Dominique Gautier.

Une fois le projet professionnel élaboré, il faut le valider. L’Anfa (Opca et Octa de la branche des services de l’automobile), a élaboré un outil de positionnement, une plateforme numérique baptisé “Pole-position” avec des référents dans chaque CFA. “Lors des journées portes ouvertes, nous proposons aux jeunes intéressés des questionnaires en enseignement général et/ou en enseignement professionnel, sur la plateforme de positionnement Pole Position. Les résultats obtenus permettent d’orienter vers un diplôme et ainsi affiner le projet professionnel lors d’un entretien avec le référent Pole Position”, explique Pauline Suire, cheffe de service accompagnement des établissements au département compétences et ingénierie de l’Anfa. Une fois les résultats obtenus, les jeunes sont invités à échanger individuellement avec un référent. “L’objectif est d’anticiper sur les difficultés que le jeune pourrait rencontrer en formation et ainsi sécuriser les parcours.”

La recherche de l’entreprise

Autre étape clé du parcours d’apprentissage, la recherche de l’entreprise. “Encore trop de jeunes arrivent avec un contrat signé sans jamais avoir été vus”, regrette Nadine Maleplat, directrice du CFA Marcel-Sauvage, à Rouen. Le maître d’apprentissage s’avère souvent être une relation des parents. “Nous essayons de travailler avec les professionnels sur le processus de recrutement des apprentis, d’expliquer qu’il s’agit d’une embauche : ce n’est pas le premier qui se présente qui signe un contrat !”

Pour les jeunes, passer par le CFA pour trouver son maître d’apprentissage est aussi une garantie. Cela peut éviter des “erreurs de casting”. “Nous connaissons les entreprises, celles qui sont plus dures que d’autres. En restauration, nous n’enverrons pas un jeune ayant des problèmes de santé dans une brasserie”, illustre Nadine Maleplat. Le CFA peut même déconseiller de façon formelle certaines entreprises indélicates.

Médiateurs...

L’apprentissage est une rencontre humaine entre l’apprenti et son maître d’apprentissage. Adaptation difficile au monde du travail et à ses exigences, attentes trop grandes de l’employeur… parfois la mésentente s’installe et peut conduire à la rupture du contrat d’apprentissage. De nombreuses structures ont créé des postes pour exercer une activité de médiation et régler les situations avant qu’elles ne dégénèrent.

Ainsi, la Région Centre-Val-de-Loire finance 17 postes de médiateurs qui interviennent dans les CFA aux côtés des équipes pédagogiques. Une mobilisation des employeurs est aussi recherchée.

En Nouvelle-Aquitaine, un travail a été en partenariat entre la Région, les organisations professionnelles de l’hôtellerie, les chambres des métiers, les CFA, les CCI, le Carif-Oref et la Direccte pour édicter un guide à destination des maîtres d’apprentissage. Il leur rappelle leurs obligations sous formes de fiches. “Nous avons ciblé l’hôtellerie qui reste le secteur où les ruptures sont les plus nombreuses, et nous espérons que cette démarche pourra servir d’exemple à d’autres”, explique Catherine Veyssey, vice-présidente de Nouvelle-Aquitaine en charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

... ou “référents sociaux”

Moins évoqués directement par les jeunes, les difficultés sociales et matérielles peuvent aussi provoquer un abandon de l’apprentissage. “Dans notre réseau de CFA pilote, nous avons créé un poste de référent social. Il peut s’agir d’une assistante sociale, mais le plus souvent c’est un formateur de PSE (Prévention Santé Environnement) ou un formateur du domaine professionnel”, indique Pauline Suire. “Ces référents accompagnent les jeunes dans les dimensions sociale et environnementale, ils sont là pour orienter le jeune selon sa problématique et font le lien avec, entre autres, avec les missions locales.” Orientation vers les associations, travail avec les Missions locales, dossiers de demandes d’aides sont autant de pistes pour venir en aide à des apprentis confrontés à des problèmes financiers ou familiaux.

par Mélanie Mermoz, Centre Inffo, 2017

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