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Les nouveaux modes d’accompagnement améliorent les parcours d’orientation et d’insertion (Injep)

Par Centre Inffo

L’observatoire de la jeunesse de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) publie une note sur les parcours d’orientation et d’insertion professionnelle. Réalisée à partir de quatre expérimentations conduites entre 2009 et 2013 sur financement du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, l’étude conclut à l’existence d’un modèle d’intervention dominant : l’individualisation des prises en charge en matière d’orientation.

Qu’il s’agisse des besoins de l’économie, du déroulé des carrières ou de l’environnement socio-éducatif des jeunes, tout évolue. Logiquement, l’orientation aussi. Moins « scolaro-centré », l’accompagnement dont bénéficient les jeunes implique désormais une grande variété d’acteurs. Lesquels, comme en écho avec un récent avis du Conseil économique, social et environnemental (Cese), intitulé « Sécuriser les parcours d’insertion des jeunes » (voir notre article), semblent animés par un objectif de « sécurisation ». La prise en charge se fait plus « globale » et « transversale », dans « un rapport très étroit avec la réalité des formations et des métiers ».

De la prescription à la co-construction

Alors que les expérimentations ont porté aussi bien sur des jeunes que sur des enseignants et professionnels de la jeunesse, les méthodes d’intervention se révèlent de moins en moins prescriptives. Il ne s’agit plus d’orienter mais d’outiller les bénéficiaires dans leur capacité à s’orienter, dans un processus désormais inscrit dans le temps long. L’ouverture du champ des possibles est recherchée, et appréciée : « […] [À] Pôle emploi on ne m’a jamais proposé autre chose que de me diriger vers l’enseignement... [ À Paris 3], l’accompagnatrice va au-delà : elle m’a révélé d’autres aptitudes, d’autres capacités, en prenant en compte tout mon parcours professionnel, sans se cantonner à mes études ou à mon diplôme », témoigne un bénéficiaire de l’expérimentation Avenir Pro. L’orientation devient une composante de l’accompagnement, « espace au sein duquel apprenants et éducateurs (enseignants ou non) peuvent puiser des ressources en vue d’apprendre et de développer savoir-faire et savoir-être ».

L’étude de l’Injep témoigne également d’une co-construction croissante de l’information nécessaire à l’orientation : au-delà des brochures et des présentations produites et délivrés par les professionnels, c’est l’apport des pairs et le contact direct avec les professionnels du métier ciblé qui sont recherchés. Il en résulte des « choix d’orientation plus construits », qui révèlent le souci « d’anticiper la transition vers le monde professionnel ». Autre valeur ajoutée de l’accompagnement : une plus grande distance à l’égard « des représentations professionnelles véhiculées par l’environnement social et familial », au bénéfice de « l’éveil professionnel et [de] la maturation [du] projet ».

Des institutions bousculées mais des résultats encourageants

Expérimentales, les démarches étudiées par l’Injep sortent, par définition, des chemins habituels des institutions concernées. Appelées à évoluer dans le cadre de la réforme du service public d’orientation (SPO), celles-ci ont pu elles-mêmes expérimenter de nouvelles méthodes d’intervention qui conditionnent leur adaptation à la nouvelle donne. Ainsi, par exemple, du projet du Bureau d’information jeunesse (BIJ) de Tours qui, en lien avec les branches professionnelles, « constitue un élément de préfiguration du SPO régional, en particulier en promouvant la nécessaire connaissance du monde du travail par les jeunes dès le collège ». Reste à préciser, et l’étude ne le cache pas, que pour pertinentes qu’elles soient au regard de la volonté des décideurs, les expérimentations ont aussi pu « renforcer les replis sur soi ». Dans le cas de l’expérimentation conduite à Tours, certains conseillers d’orientation psychologues (Copsy) se prévalent ainsi de leurs compétences et formation pour ne pas envisager « d’évolution de leur posture professionnelle » et affirmer « ne pas comprendre qu’un BIJ prenne part à cette mission d’orientation à leurs côtés ».

Pour sa part, l’étude juge positifs les résultats des expérimentations observées en termes d’amélioration des parcours d’orientation et d’insertion, non sans avancer quelques axes de progrès : « Mise en cohérence des dispositifs institutionnels d’orientation des jeunes, construction d’un partenariat de projets entre les acteurs, dépassement des normes administratives et des logiques corporatistes pour inventer, avec les jeunes, des formes actives d’orientation. »

  • Parcours d’orientation et d’insertion : les bénéfices de l’individualisation et de la coopération, Jeunesses Études et Synthèses, n° 24 mars 2015, Observatoire de la jeunesse : format PDF – 643 ko

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2015

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