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Les entreprises de la métallurgie veulent séduire les jeunes

Par Centre Inffo

Les entreprises adhérentes de la branche métallurgie ont annoncé vouloir réaliser 150 000 embauches dans les cinq ans à venir. Orientation, alternance, réforme de la formation, pacte de responsabilité… Frédéric Saint-Geours, président du GFI (Groupe des fédérations industrielles) [1] et de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), a répondu à nos questions.

La métallurgie rencontre des difficultés de recrutement. Quelle est la situation de l’alternance [2] dans la branche ?

Frédéric Saint-Geours : Les entreprises de la métallurgie proposent davantage de contrats en alternance qu’il n’y a de jeunes pour les occuper. Sur la période 2012-2013, nous constatons un déficit de 2 000 candidats. Nous en visions 40 000, nous n’en avons accueilli “que” 38 000 (dont 27 000 en apprentissage), même si, en soi, ce chiffre constitue aujourd’hui un record pour la branche. C’est vraiment dommageable, tant pour la métallurgie que pour les jeunes, puisque les chiffres d’abandon sont plutôt bas (12 %, contre près de 20 % au plan national [3]), les taux de réussite aux examens très élevés (90 %), et que l’accès à l’emploi six mois après la fin du cycle d’alternance s’élève à 85 %.

Certaines organisations patronales expliquent le déficit d’alternants par la concurrence d’autres contrats aidés, comme les emplois d’avenir. Partagez-vous cette analyse ?

Frédéric Saint-Geours :

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Frédéric Saint-Geours
Président de l’Union des industries
et métiers de la
métallurgie (DR)

Non. Au-delà des contrats aidés, le principal problème de l’apprentissage est celui de l’orientation initiale. Les métiers de l’industrie souffrent encore d’une image négative auprès des jeunes, des enseignants, des parents ou des orienteurs scolaires type CIO. Nous subissons surtout une image déformée de nos emplois, souvent réduits à la seule dimension “homme-machine”, même si cette perception évolue favorablement. Le dernier baromètre de l’industrie [4] sur l’image des métiers industriels indique que nos activités sont désormais perçues favorablement par 66 % des jeunes, 70 % des enseignants, 71,5 % des parents et surtout 72 % des salariés de la branche. C’est un progrès et, aujourd’hui, le secteur industriel a été replacé au cœur du débat économique. Mais au-delà de ces chiffres, la branche continue à se mobiliser pour sensibiliser les jeunes à la réalité des métiers, très loin des idées reçues. À cet égard, nous déployons, chaque année, un dispositif d’information itinérant (le “Train de la nouvelle France industrielle”) chargé de présenter nos activités et nos offres [5]
Cette année, il sera déployé dans vingt villes et sera relayé à travers toutes les chambres de commerce et d’industrie qui mettront des “kits” d’information à la disposition du public. Mais, à l’échelon régional, les CCI mènent déjà un dialogue de fond avec les orienteurs, qu’il s’agisse d’établissements scolaires, universitaires, ou des services régionaux de l’orientation, déjà expérimentés par plusieurs Conseils régionaux, mais qui seront développés dans le cadre du futur “acte III de la décentralisation”. C’est à l’échelle régionale que vont s’établir les listes des formations qualifiantes éligibles au compte personnel de formation, en fonction des besoins des entreprises et des territoires.

Vous ciblez les jeunes en formation initiale. Quid des publics plus difficiles, décrocheurs ou personnes en insertion ?

Frédéric Saint-Geours : Il faut distinguer les scolaires et les publics en insertion qui ne relèvent pas des mêmes problématiques, car certains chefs d’entreprise peuvent se retrouver démunis face à des candidats en situation de décrochage ou de grande insertion (anciens détenus, chômeurs de très longue durée, etc.), parfois trop éloignés de l’emploi pour y revenir de façon immédiatement opérationnelle. L’UIMM, via son fonds “Agir pour l’insertion dans l’industrie” (A2i) supervise 13 000 personnes dans ces situations et, pour l’instant, est parvenue à en ramener près de 3 000 dans l’emploi au travers, notamment, d’opérations de POE [6] menées dans le cadre d’actions concertées avec Pôle emploi et pour lesquelles nous mobilisons les financements d’Opcaim, l’Opca de la métallurgie. À nos yeux, la POE représente l’élément-clé pour un retour à l’emploi de longue durée.

L’UIMM a soutenu l’Ani formation de décembre 2013. Le compte personnel de formation constitue-t-il un bon dispositif pour l’industrie ?

Frédéric Saint-Geours :

C’est même un élément moteur ! Une partie non négligeable de la réussite de la formation professionnelle passe par son appropriation par la personne pour développer ses compétences et son employabilité en plus d’être facilement mobilisable et de déboucher sur une qualification ou une certification comme il appartient désormais aux branches, aux partenaires sociaux et aux Régions de le déterminer. Mais va se poser la question des abondements pour dépasser le seuil des 150 heures… Quand votre fédération va-t-elle négocier à ce sujet ? L’agenda au sein de la branche n’a pas encore été déterminé. Mais l’observation des besoins en compétences est déjà prévue dans les discussions relatives à la GPEC et au développement des qualifications, relatives au pacte de responsabilité dont les organisations patronales ont signé le relevé de conclusions [7] sur les contreparties début mars, et pour lequel un programme de travail a été fixé. En amont, toutefois, il appartient au gouvernement de déterminer le contenu de ce pacte avant que les partenaires sociaux ne mettent en oeuvre à leur tour les éléments du relevé de conclusions. Ensuite, nous déterminerons des objectifs au niveau des branches.

Seulement deux syndicats − CFDT et CFTC − sur cinq ont apposé leur signature sur ce relevé de conclusions. Cela ne l’affaiblit-il pas ?

Frédéric Saint-Geours : La discussion sur les contreparties au pacte de responsabilité ne constituait pas une négociation interprofessionnelle. Mais les futures négociations sur la GPEC  [8] et les qualifications vont se jouer au niveau des branches où la CFE-CGC [qui a retiré sa signature au niveau national] n’a pas signifié de désaccord de principe.

En revanche, il a été signé par l’ensemble de la partie patronale. Les désaccords entre la CGPME et le Medef seraient-ils soldés ?

Frédéric Saint-Geours : La CGPME a fait un mauvais procès à l’Ani formation, pour de mauvaises raisons. Mais il n’y a jamais eu de guerre entre nous.

Propos recueillis par Benjamin d’Aguerre, Centre Inffo, 2014

[1] Directeur des marques de PSA-Peugeot-Citroën, Frédéric Saint-Geours, ancien concurrent de Pierre Gattaz pour la présidence du Medef, lui a succédé en septembre 2013 à la tête du GFI.

[2] Une récente note de l’Insee indique un net recul des contrats d’alternance en 2013, de 414 000 à 385 000, toutes branches confondues.

[3] Source : Céreq.

[4] UIMM-OpinionWay.

[5] www.les-industries-technologiques.fr.

[6] Préparation opérationnelle à l’emploi.

[7] L’Inffo n° 852, p. 2.

[8] estion prévisionnelle des emplois et des compétences.

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