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Les doctorants, « un trésor est caché dedans »...

Par Centre Inffo

« Plus le diplôme est élevé, moins son titulaire est exposé au chômage. » Vérifiable jusqu’au niveau master, ce « théorème » rappelé par le député de Seine-et-Marne Émeric Brehier (SRC [1]) dans son avis présenté au nom de la commission des affaires culturelles et de l’éducation sur le projet de loi de finances pour 2014, s’invalide, en France, dès lors que l’on considère le plus haut diplôme du système LMD [2]. Que faire ?

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Le député Émeric Brehier (DR)

La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) a sa petite idée sur la question, développée en accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : le parcours "Compétences pour l’entreprise". Objectif clair et simple : favoriser l’insertion professionnelle des doctorants, ces mal-aimés de l’économie française.

Un référentiel du doctorant en entreprise

Décrit comme un « parcours souple sans incidence sur l’organisation académique du doctorat », la formation "Compétences pour l’entreprise" sera assurée dans les écoles d’ingénieurs en « bonne intelligence » avec les écoles doctorales. Accessible gratuitement et sur la base du volontariat, le dispositif s’appuie sur deux années d’expérimentation dans neuf écoles d’ingénieurs. Évaluée par un comité de suivi paritaire mis en place par la Cdefi, l’expérimentation a donné lieu à la production d’un référentiel de savoir-faire entrepreneurial qui permet de valider le parcours par un « certificat de réussite ».

Du chômage...

Lancée au moment même où le rapporteur choisit de développer le thème La France et ses doctorants dans son avis sur l’enseignement supérieur et la vie étudiante, l’initiative ne pouvait pas mieux tomber. Déplorant que notre pays n’accorde, selon lui, pas de considération au grade universitaire le plus élevé de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES), Émeric Brehier évoque un « diplôme culturellement déconsidéré ».
« Formation à la recherche et par la recherche » selon l’article L. 612-7 du Code de l’éducation, le grade de doctorant « ne constitue pas un passeport efficace vers l’emploi pérenne », souligne-t-il. Victimes de la concurrence des grandes écoles, les doctorants représentent « seulement » 12 % des chercheurs en entreprise, à comparer aux 55 % de chercheurs provenant du réseau des écoles d’ingénieurs.

... à l’emploi

Aussi, le rapport fournit-il des pistes pour « assurer un financement pour tous les doctorants et une insertion professionnelle pour tous les docteurs ». Ceci, en plaidant d’abord pour « la nécessaire protection juridique et sociale de l’expérience professionnelle qu’est la préparation d’un doctorat ». Au-delà de la reconnaissance du parcours de doctorant comme première expérience professionnelle, l’enjeu de la professionnalisation passe aussi par les écoles doctorales, lesquelles peinent souvent « à garantir, à chaque étudiant, un encadrement et une politique d’aide à l’insertion professionnelle de qualité ». Ceci, notamment en ce qui concerne l’appui à l’insertion professionnelle hors secteur "enseignement supérieur et recherche", qui apparaît trop souvent seulement en fin de parcours. D’autre part, souligne le rapporteur, « les compétences professionnelles acquises dans le cadre de la formation doctorale devraient être valorisées par des référentiels ou des certifications ». Ce qui est précisément l’objectif du parcours "Compétences pour l’entreprise" initié par la Cdefi.

"J’aime ma boîte" ?

Graal de l’enseignant-chercheur à la française, le doctorat doit cependant impérativement trouver d’autres débouchés que les postes statutaires du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, alerte le rapport. Preuve qu’il y a là un défi culturel qui dépasse la seule responsabilité des entreprises, l’insertion hors recherche académique est vécue par les intéressés comme une insertion par défaut. Ceci, alors même qu’elle tend à devenir majoritaire et présente les perspectives de carrière les plus intéressantes. Sans doute économiquement irrationnelle, cette perception trouverait peut-être quelques explications dans une analyse des choix d’orientation des doctorants.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

À consulter :

  • Le site de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs : Cdefi
  • Consulter l’avis présenté au nom de la commission des affaires culturelles et de l’éducation sur le projet de loi de finances pour 2014, Enseignement supérieur et vie étudiante, sur le site de l’Assemblée nationale

[1Groupe socialiste, républicain et citoyen.

[2Licence-Master-Doctorat.

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