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Les conditions de réussite d’un accompagnement CEP

À l’heure où le déploiement du conseil en évolution professionnelle pose un certain nombre de questions concrètes à ses opérateurs, quel enseignement tirer des initiatives pilotes lancées avant l’application de la loi ?

C’est l’un des enjeux du débat sur sa mise en œuvre par les acteurs de terrain, organisé par le Cnam à Paris, dans le cadre de la journée d’études sur le Conseil en évolution professionnelle (CEP), mardi 17 novembre. L’une des premières leçons à tirer reste que la prestation de conseil en évolution professionnelle s’inscrit dans une chaîne plus globale où chaque acteur doit jouer un rôle clairement défini.

« Nous recevons tout type de public dans nos différents ateliers : des jeunes adultes, des salariés, des étudiants comme des demandeurs d’emploi. En Seine-et-Marne, nous organisons notamment près de 600 ateliers de découverte de professions différentes, par ailleurs le CEP intervient dans les Cités des métiers via nos pôles conseil, dans le cadre d’information sur l’emploi ou la création d’entreprises. Nous ne sommes pas des experts, notre travail est d’accompagner les bénéficiaires dans l’élaboration de leur projet et de les orienter ensuite vers ces derniers », souligne Sophie Bosset-Montoux, la responsable de la Cité des métiers de Seine-et-Marne.

Le maillage territorial de proximité est indispensable

En Bourgogne, les acteurs bénéficient d’une antériorité avec la mise en place il y a trois ans du CEP, qui s’inscrit dans la continuité des prestations dispensées par le réseau des Mission d’information professionnelle (MIP) depuis vingt ans, explique Nathalie Cœur, la responsable de la MIP de Louhans. « Nous renseignons tous les publics hormis les scolaires sur l’orientation ou les dispositifs de formation. Nous sommes une sorte de CEP depuis vingt ans financé par le Conseil régional. Pour ce faire, nous nous appuyons sur une dizaine de Points relais conseil en VAE, dont le maillage nous permet d’être présents sur tous les bassins de vie. » Cette proximité est indispensable, car dans les fait, il s’agit plus d’accompagner une reconversion que de répondre à un besoin d’orientation. Il s’agit donc d’un public peu mobile, ce qui suppose de bien connaître les ressources en emplois et formations d’un bassin de vie.

Fort de ces expériences, les acteurs ont saisi que la mission première d’un conseiller n’était pas d’informer, notamment dans un contexte où internet offre d’abondantes sources de documentation, mais d’accompagner dans sa réflexion le bénéficiaire. « Les personnes, quand elles poussent la porte de nos services, sont déjà hyper informées. Ce n’est pas forcément positif, car elles ont fait le tour des possibilités, et elles ne savent plus où elles en sont. Notre travail c’est en premier lieu de leur proposer une feuille de route avec plusieurs options. Ce conseil personnalisé a pour objectif de rendre la personne actrice de son projet. Notre rôle est de croiser les informations et de faire le lien avec les différents acteurs pouvant intervenir dans le parcours », explique Sophie Bosset-Montoux.

Un accompagnement qui doit être déconnecté d’objectifs concrets

En somme, le professionnel dispensant le CEP doit être l’interlocuteur de référence pour le bénéficiaire, ce qui suppose de gagner une légitimité à ses yeux, et impose d’avoir une action impartiale et déconnectée des objectifs d’emploi ou autre, souligne Nathalie Cœur. « Au terme de trois ans d’expérience, nous avons identifié plusieurs fondamentaux du métier qui donnent un sens au CEP. Le premier c’est l’entretien physique, ce contact de visu d’une heure à une heure et demie est indispensable, pour faire tomber le masque et établir une relation de confiance. Huit fois sur dix les personnes avancent masquées et n’évoquent pas la raison réelle qui les amène, il faut commencer par identifier dans leurs propos leur vrai besoin. »

Il y aurait donc quatre grandes étapes dans la démarche qui peut se dérouler sur un ou deux entretiens. Il faut tout d’abord clarifier la demande, ensuite il y a un temps de vérification du projet. Seulement ensuite, il est possible d’ouvrir le champ des possibles ; enfin, il sera possible d’élaborer la stratégie. « La vraie question ce n’est pas de savoir comment rendre les gens acteurs, car ils le sont, mais au contraire, comment faire en sorte que la prise en charge ne les rende pas non-acteur », questionne pour sa part Patrick Mayen, chercheur à Agrosup Dijon.

par Cédric Morin, Centre Inffo, 2015

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