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Les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation face au défi de la formation continue

Par Centre Inffo

Ouvertes à la rentrée 2013, les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) ont pour mission de former les futurs enseignants du primaire et du secondaire. Responsables des masters Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (Meef), des formations alliant enseignements, stages et formations en alternance, les Espé ont la lourde tâche d’apporter une réponse satisfaisante à la problématique de la professionnalisation des enseignants. Si, cinq mois après leur inauguration, le temps de l’évaluation n’est pas encore venu, une mission sénatoriale d’information leur était dédiée mardi 28 janvier. Objectif : vérifier que les premiers mois de mise en œuvre s’inscrivent bien dans l’esprit de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République.

Une filière instable

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Gilles Baillat (DR)

Si la question de la formation des enseignants est aussi épineuse, c’est sans doute en partie que les exigences du métier s’accordent mal du modèle français qui divise de façon quasi dogmatique formation initiale et formation continue. Métier d’équilibre entre savoirs disciplinaires et compétences pédagogiques, le métier d’enseignant nécessite à la fois une solide formation initiale, un accompagnement formatif de terrain à la prise de poste et une formation continue permanente à même de renouveler savoirs disciplinaires et savoir-faire pédagogiques. Si le métier s’acquiert dans la durée, la filière est l’objet de nombreux débats qui opposent le camp des "pédagogues" à celui des "républicains". Derrière le conflit idéologique, une instabilité dont témoignent les vingt dernières années : créés en 1990, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ont rapidement été accusés d’exagérer l’importance de la pédagogie. Rattachés aux universités en 2005, ils sont intégrés à la "masterisation" en 2009. En 2013, contestant la suppression de la formation initiale opérée par le précédent gouvernement, le pouvoir actuel la réintroduit avec la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation, chargées d’assurer la formation initiale et continue des enseignants.

Concilier enseignements disciplinaires et professionnels

Pour Gilles Baillat, président de l’université de Reims Champagne-Ardennes et vice-président de la commission formation et insertion professionnelle à la Conférence des présidents d’université (CPU), il s’agit là d’une « réforme sans précédent » : « Pour la première fois, les universités sont invitées à assurer à la fois la formation des enseignants du point de vue de ce qui leur est traditionnel – la formation académique et la diplomation – mais aussi du point de vue de la professionnalisation », souligne-t-il. « L’enjeu est sur la connexion entre la partie disciplinaire et la partie professionnelle », commente Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée et président de la commission formation et insertion professionnelle (CPU) : « Dichotomie difficile » mais indispensable, « parce qu’il faut une maîtrise de la discipline pour faire de bons professionnels. » Tous deux rassurants quant à la capacité et à la volonté de l’université de réussir cette réforme, les deux présidents insistent sur le caractère stratégique des « dossiers d’accréditation » constitutifs des Espé. Assimilés à une « feuille de route », ces dossiers d’accréditation engagent les deux ministères [1], garants du « cadre national de la formation » des enseignants, tout autant que les universités elles-mêmes qui ont ainsi la possibilité de construire des Espé connectées aux réalités de leur territoire.

Défense du continuum

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Jacques-Bernard Magner (DR)

Les Espé seront-elles, les écoles de la réconciliation ? C’est ce que semble croire Gilles Baillat quand il répond à Jacques-Bernard Magner, rapporteur de la mission d’information, qui se réjouit d’avoir entendu évoquer un « pari raisonnable, réaliste et jouable » : « Depuis plus de vingt ans, la formation des enseignants a pâti d’une logique séquentielle : d’un côté, l’acquisition des savoirs, de l’autre côté et en quelques mois, tout le reste à caser », estime le président de l’université de Reims. Soit un cahier des charges « absolument ingérable » qui condamnait au « saupoudrage ». Au contraire, défend-il, « le continuum renvoie à la prise en charge de la formation des enseignants dès le cycle de licence, au moins dès le L2 [2], mais doit se poursuivre après, au moins les deux années consécutives à la titularisation ». À cette condition, les enseignants pourront « non seulement incorporer les gestes professionnels, mais aussi la dimension morale du métier ». Et de citer en exemple le dossier d’accréditation de son université qui, en accord avec le recteur, diffère une partie de la formation initiale, prise en charge dans le cadre de la formation continue au cours des deux premières années. Accord total de Gilles Roussel qui, au-delà des deux premières années, invite à ce « que la formation continue soit vraiment l’une des missions des Espé tout au long de la carrière de l’enseignant ».

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

[1Éducation nationale et Enseignement supérieur.

[22ème année de licence

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