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Le réseau des Missions locales entend être force
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« On voit poindre une sorte de réveil de la jeunesse qui s’interroge sur son état actuel et son avenir. » Jean-Patrick Gille, président de l’Union nationale des Missions locales (UNML) lors de son discours d’ouverture des Journées nationales des Missions locales organisées les 7 et 8 avril à Marseille.

Si le thème de ces Journées nationales a été fixé depuis des mois, à savoir la place de la jeunesse dans la construction de son avenir, il trouve un écho tout particulier en cette période particulièrement troublée par la mobilisation des jeunes contre le projet de loi Travail. Pendant les deux journées, la parole des jeunes a ainsi été valorisée et placée au centre des débats. Ce n’est donc pas un hasard d’en retrouver deux sur scène dès le discours d’ouverture pour présenter leur réseau « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ». « Notre but, c’est de faire bouger les regards que l’on porte sur la jeunesse, trop souvent dévalorisée », a prévenu Gwendal Le Galludec, de la Mission locale Nord Essonne.

Au nom des jeunes de la Mission locale de Grenoble, Maryvonne Boileau, présidente de la Mission locale de Grenoble, a évoqué le nécessaire développement d’outils pour continuer à réaliser un travail d’éducation populaire. « Il faut rapprocher cela des projets associatifs de nos structures et associer les jeunes à leur élaboration », a considéré Jean-Patrick Gille qui répondait aux questions du réseau des Missions locales lors d’un face-à-face. « C’est une particularité de notre réseau mais ce dernier n’est pas complètement immergé dans l’éducation populaire », a-t-il ajouté.

À propos de l’évolution du rôle des conseillers des Missions locales, soulevée par Clément Garric, conseiller à la Mission locale Nord Essonne, le président de l’UNML a fait valoir : « En 30 ans, notre réseau s’est professionnalisé (convention collective, culture commune...). Nous avons un socle commun, une culture commune forte mais il manque quelque chose, à savoir une absence de qualifications professionnelles reconnues alors que nous sommes des spécialistes de l’accompagnement, de la formation... Cependant, le conseil en évolution professionnelle (CEP) va faire évoluer les pratiques et il procédera à une formalisation du travail réalisé au sein du réseau. Formaliser n’est pas uniformiser mais mettre en forme la richesse du travail de notre réseau. » Jean-Patrick Gille a également rappelé que, par rapport au plan 500 000 formations supplémentaires et le milliard d’euros débloqués par l’État, « il faut se saisir de cette manne pour réaliser des actions innovantes et être force de propositions ».

Arbitrer entre emplois et rémunérations

Une autre question abordait la rémunération des conseillers puisque l’UNML est le syndicat d’employeurs de la branche des Missions locales (plus de 12 000 salariés). « La négociation annuelle prévue en octobre prochain et qui doit évoquer ce sujet a été avancée au 15 juin 2016. Nous sommes dans un cadre associatif et l’arbitrage à faire est celui entre l’emploi et les salaires. Nous avons surtout arbitré en faveur de l’emploi. Les syndicats de salariés réclament une augmentation de 30 centimes [1], ce qui représente 27 millions d’euros, et cela pose un réel problème budgétaire », a-t-il exposé.
L’intersyndicale (CFDT, CGT, CFTC, FO, CFE-CGC) s’est d’ailleurs manifestée lors des Journées nationales via un tract. Elle exige des salaires et des conditions de travail dignes du réseau. Elle rappelle ainsi ses deux rencontres avec des représentants du ministère de l’Emploi au sujet « de l’insatisfaction des salariés en matière de salaires (dernière hausse légère du point en janvier 2013) mais également de conditions de travail (pression aux résultats, mise en œuvre de la Garantie jeunes) ». Dans le cadre de la prochaine séance de négociation mixte paritaire avec l’UNML, l’intersyndicale entend « négocier les salaires pour une augmentation en 2016 et une augmentation en 2017 ».

S’approprier le conseil en évolution professionnelle

L’évènement a aussi été l’occasion pour les professionnels des Missions locales de témoigner et de s’interroger sur leurs pratiques. « Quand le conseil en évolution professionnelle (CEP) est apparu, les Missions locales ont dit : “Nous le faisons déjà” (orientation, construction d’un projet professionnel...) même si ce n’est pas exactement la démarche inscrite dans le CEP », a fait valoir Denis Barbé, directeur de la Mission locale du Libournais.

« Tout l’enjeu est de savoir comment s’approprier le CEP pour faire communauté, sachant que les conseillers, dans chaque structure, travaillent différemment. Dans le CEP, deux mots n’existent pas : orientation et prescription. Nous entendons en effet ce que dit le jeune et nous avançons avec lui », a-t-il exposé.

Dans une vidéo diffusée au cours des Journées nationales, Myriam El Khomri, ministre du Travail, a salué le rôle des Missions locales par rapport à la question sociale (chômage de masse...). « Vous êtes le premier contact pour les jeunes et l’incarnation humaine du service public de l’emploi », a-t-elle déclaré.

par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2016

[1La valeur du point d’indice, dans la convention collective propre aux Missions locales, est de 4,50 euros. L’intersyndicale propose 4,80 euros. Les financements proviennent de l’État et des collectivités territoriales, selon le type de dispositifs.

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