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Le programme Erasmus Pro va prendre une nouvelle dimension

Le président de la commission des budgets du Parlement européen, Jean Arthuis, a été chargé par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, d’une mission de développement de l’apprentissage à l’échelle européenne.

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Jean Arthuis, ancien ministre de l’Économie et des Finances, député européen et président de la commission des budgets du Parlement européen. (DR)

Muriel Pénicaud vient de nommer Jean Arthuis “représentant spécial de la ministre du Travail chargé du développement d’Erasmus Pro pour l’apprentissage”. À ce titre, l’actuel président de la commission des budgets du Parlement européen doit rendre avant la fin de cette année des propositions visant à doubler le nombre d’apprentis en mobilité européenne à l’horizon 2022.

“L’ensemble des initiatives tendant à renforcer la mobilité européenne des apprentis ont confirmé non seulement l’intérêt, mais l’enthousiasme des jeunes, des entreprises et des acteurs de l’apprentissage”, explique la ministre du Travail dans la lettre de mission envoyée à Jean Arthuis le 20 juillet. “Tous les bilans effectués sont positifs sur l’impact de la mobilité de ses bénéficiaires et sur leur ouverture à la citoyenneté européenne.”

Muriel Pénicaud fixe comme objectif 15 000 apprentis inscrits dans un cycle de mobilité européenne en 2022. Aujourd’hui, ils ne sont que 6 800. Charge à Jean Arthuis d’imaginer, en coopération avec – outre le ministère du Travail – l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et le ministère de l’Éducation nationale, les pistes menant à la réalisation de cette ambition. “Mon travail consistera à analyser les freins administratifs et juridiques au développement de l’apprentissage européen et à proposer les modifications législatives pour débloquer le système”, précise le représentant spécial, joint par Inffo Formation.

Autant de statuts de l’apprenti que d’États membres

Quelques balises ont été placées pour ce travail : création d’un statut de l’“apprenti mobile” garantissant la protection sociale des jeunes, adaptation des référentiels et autres outils pédagogiques à la mobilité (renforcement de l’enseignement linguistique dans les CFA, formation à distance, etc.), méthodes d’accroissement des financements dédiés (abondements par les acteurs publics et privés), simplification de l’accès au programme Erasmus+ et, surtout, étude des possibilités d’harmonisation des législations européennes. “28 États membres, ce sont 28 législations et 28 statuts de l’apprenti différents”, résume Jean Arthuis, qui entend s’inspirer des pays qui disposent déjà d’une expérience éprouvée dans ce domaine : Allemagne, Autriche, Pays-Bas – et Suisse, même si cette dernière n’appartient pas à l’Union.

Le couple franco-allemand

“Nous avons une convergence de vue avec l’Allemagne sur ce sujet. Le couple franco-allemand constituera le moteur de nos ambitions”, explique l’ancien ministre de l’Économie et des Finances. Au cours de sa mission, il compte d’ailleurs se rendre à Berlin rencontrer la chancelière Angela Merkel pour faire un point sur la coopération entre Paris et Berlin sur ce sujet. Le 3 juillet dernier, les principaux acteurs franco-allemands s’étaient déjà donné rendez-vous au Sénat pour établir un bilan d’étape de la première année du Programme européen pour la mobilité longue des apprentis.

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Des apprentis en bac pro Aménagement paysager du CFA agricole de Gironde-Blanquefort en mobilité dans la vallée du Rhin. © CFAA33

400 millions pour des bourses Erasmus

C’était d’ailleurs Jean Arthuis qui avait lancé cette expérimentation en juillet 2016. L’objectif était alors de monter une expérimentation impliquant 33 centres de formation d’apprentis à travers toute l’Union européenne et permettre à 145 jeunes de suivre un cursus européen durant deux ans. En 2016, le député européen était parvenu à obtenir 2,5 millions d’euros sur le budget de l’Union pour financer l’initiative dans sa phase pilote. L’enveloppe, l’année suivante, s’élevait à 2 millions. Depuis, la Commission européenne a choisi d’inscrire cette expérimentation dans sa stratégie 2018-2020. 400 millions d’euros devraient être débloqués pour financer des bourses Erasmus à destination des apprentis.

L’ancien ministre doit rendre ses conclusions avant le 31 décembre. “Mais ma mission ne s’arrêtera pas à cette date, je mettrai alors ma casquette européenne pour porter cette thématique auprès des plus hautes instances de l’Union et de ses États membres”, prévient celui qui entend bien s’appuyer sur les 15 députés européens de toutes nationalités ayant déjà participé à son expérimentation pour sensibiliser l’Europe au sujet de la mobilité internationale des apprentis.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2017

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