Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > Le bilan de compétences : quelle place en 2015 et au-delà ?

Le bilan de compétences : quelle place en 2015 et au-delà ?

Près de 30 ans après la circulaire Delebarre du 14 mars 1986 qui instituait l’expérimentation des centres de bilan de compétences, le dispositif est appelé à évoluer dans le cadre du nouveau contexte fixé par l’arrivée du conseil en évolution professionnelle et du compte personnel de formation. Entre optimisme et pessimisme, les acteurs s’expriment.

Objectif rénovation

Oublié de la réforme pour les uns, simplement hors sujet pour les autres, le bilan de compétences n’aura pas fait couler beaucoup d’encre lors des négociations qui ont abouti à la loi du 5 mars 2014. Dans une chronologie qui apparaît normale aux yeux de la DGEFP, se pose désormais la question de l’articulation avec le conseil en évolution professionnelle (CEP) et le compte personnel de formation (CPF).

En octobre 2014, la Fédération nationale des centres interinstitutionnels de bilan de compétences (FN-CIBC) interpellait le ministère du Travail pour réclamer un « arrêté dérogatoire » autorisant la poursuite du bilan de compétences-DIF en 2015. Le mois précédent, l’Association syndicale des centres de bilan de compétences (ASCBC) soutenait dans "Non à la mort du bilan de compétences !", pétition forte de quelque 1100 signatures à la mi-janvier 2015. Mais si des inquiétudes ont pu être partagées quant à la période de transition qui s’annonce, rien ne serait plus faux que de conclure à l’unité. Entre les CIBC, créés par l’État et pilotés par les partenaires sociaux, et les centres privés, qui ne comptent que deux associations pour les représenter (voir encadré Repères), les divergences d’analyse sont profondes.

Bilan vs CEP ?

Inquiète des perspectives posées par la loi du 5 mars 2014, Brigitte Billaud, présidente de l’Association syndicale des centres de bilan de compétences (ASCBC), nous présente un courrier de l’Afdas daté de décembre 2014. Lequel suggère à un potentiel bénéficiaire de se « rapprocher dès janvier 2015 de son conseiller en évolution professionnelle », au titre d’une « étape préliminaire » à un éventuel bilan de compétences. Pour la présidente de l’ASCBC, il y a là confirmation du « risque de voir le métier vidé par le CEP ». Ceci, d’autant plus qu’elle craint un « conflit d’intérêts » avec l’Apec, à la fois opérateur du CEP et prestataire de bilan. « Épiphénomène sans aucune importance » pour Serge Rochet, délégué général de la FN-CIBC, l’argument est aussi contesté par Michel Ferreira, chef de la mission Politique formation et qualification à la DGEFP, qui estime que l’ancienne double compétence de l’Afpa en matière d’orientation et de formation avait montré une très faible propension à l’auto-prescription. Du côté de l’État, on affirme surtout croire sans réserve à l’utilité du bilan de compétences. Ainsi de Jean-Marc Huart, sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP, qui y voit un outil « tout à fait essentiel et complémentaire des nouveaux dispositifs ». Rappelant que le bilan a bien été évoqué en annexe de l’ANI de 2013, il estime de « l’ordre normal du processus que d’avoir mis en place des nouveaux dispositifs et, d’ensuite adapter l’existant ». Réfutant l’idée d’une confusion entre les deux dispositifs, il souligne que le cahier des charges du CEP prévoit sans ambiguïté la possibilité d’un recours au bilan.

Quels financements ?

La disparition du bilan de compétences-DIF met elle en danger le financement du bilan de compétences ? Oui, pour Brigitte Billaud, qui continue de réclamer l’éligibilité du bilan au CPF. Non, pour la FN-CIBC, qui a abandonné sa demande de création d’un arrêté dérogatoire et se satisfait aujourd’hui de la création par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels d’une ligne spécifique de cinq millions d’euros (voir Le Quotidien du 14 janvier 2015). Se voulant rassurant, Jean-Marc Huart évoque le nécessaire « repositionnement » du système. Rappelant que le DIF n’était pas financé, il souligne le maintien de sources de financement comme le plan de formation ou les Opacif. Et cite, en exemple d’opportunités nouvelles, les futurs « entretiens d’évolution professionnelle en entreprise, dont l’un des points de sortie possibles peut être un bilan de compétences ». Reste que, Brigitte Billaud le souligne, les difficultés de mise en œuvre risquent d’être fatales à nombre de prestataires : « On pourra peut-être raccrocher les wagons mais, en attendant, comment fait-on pour vivre ? » Serge Rochet en convient : « Je pourrais être un peu plus inquiet pendant le temps de mise en œuvre si je n’étais pas dans un réseau aussi implanté et solide. » Associé au groupe technique paritaire du Copanef dédié aux évolutions du bilan de compétences, il devrait, lui, pouvoir y porter sa conviction de la nécessité de développer un bilan de compétences modulaire. Ceci, en sortant du « carcan administratif des 24 heures » qui n’aurait selon lui jamais dû devenir un « standard incontournable », mais rester un « maximum » tel que prévu par la loi de 1991. En proposant un bilan de 10 heures aux plus autonomes, « un plus grand nombre d’actifs bénéficiera de cette prestation experte qu’est le bilan de compétences », pronostique-t-il.

REPÈRES
Un dispositif, une pluralité d’acteurs
Tous centres de bilans de compétences confondus, les dernières statistiques établies en 2007 par la Dares indiquaient un peu plus de 1100 centres agréés. Notamment sous l’effet de la refonte des critères d’habilitation des Fongecif, l’effectif serait aujourd’hui d’environ 800 centres. Acteur historique impulsé par l’État et sous pilotage des partenaires sociaux, les centres interinstitutionnels de bilan de compétences comptent quelque 67 entités réparties sur 330 sites. Représentés par la Fédération nationale des CIBC, ils sont responsables d’environ 18 000 des 40 000 bilans réalisés en 2014. Les centres privés disposent eux de deux associations : la Chambre syndicale des CBC, créée en 1995 et qui revendique 26 membres ; l’Association syndicale des CBC créée en 2013 par scission et qui compterait une quarantaine de membres. Prescripteur, Pôle emploi a également été opérateur de bilan via le bilan de compétences approfondi de 2001 à 2011. L’Apec, opérateur national du CEP, continuera elle à délivrer des bilans.
+ d’infos : www.cibc.net/ - http://cscbc.fr/ - ascbc@orange.fr

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2015

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement